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général Murray n’a que trop souvent fait subir à la plupart des Canadiens, sans aucun droit ni raison légitimes.
Vous y verrez aussi, Monsieur, que, pressé par ces motifs et par mon amour pour la patrie, je fais marcher une très puissante armée et un train très considérable d'artillerie pour assiéger Québec et faire par là triompher nos braves Canadiens d’un ennemi qui n’a que trop développé son aversion pour eux, et qui certainement les réduiroit à la condition la plus déplorable, s'il était en possession de toute cette colonie,
Je suis bien convaincu que ces pauvres malheureux auront trouvé en vous, Monsieur, quelque consolation dans l’amertume de leurs peines.
Je le suis aussi qu’ils vous témoigneront leur joie du puissant effort que je fais pour les dégager, les délivrer d’un ennemi qui a méprisé, violé les lois et même les droits des gens.
C'est dans cette confiance, Monsieur, que je vous prie de vouloir bien employer le crédit, l’ascendant que votre caractère vous donne sur vos paroissiens pour leur faire connoître qu’il est de leur religion, de leur honneur et de leur propre intérêt de se joindre tous aveg armes et bagages à l’armée, et de surpasser même le zèle et l’ardeur des troupes, des Canadiens et des différentes nations sauvages qui la composent.
Ma présence étant essentiellement nécessaire ici à tous égards, j'ai remis le commandement de cette armée à M. le chevalier de Lévis, maréchal des camps et armées du Roi. Il aime les Canadiens ; il a leur
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confiance, celle des troupes et de toutes les nations sauvages.
Vous verrez enfin, Monsieur, le manifeste de ce général ; je l'ai autorisé à donner ordre à tous les Canadiens de votre paroisse de le joindre sous peine de la vie,
J'assure aux Canadiens qui se signaleront par des actions éclatantes, des récompenses marquées du Roi; mais je les préviens que ceux qui auront été ou seront traîtres à leur patrie, seront punis avec la plus grande rigueur des ordonnances de Sa Majesté.
C'est maintenant, Monsieur, le moment où vous pouvez, en ce qui vous concerne, donner des preuves parfaites de votre zèle pour le service du Roi et de votre amour pour la patrie,
Je saisirai avec plaisir cette occasion pour vous procurer des grâces de Sa Majesté.
Je suis avec respect, Monsieur,
Votre très humble et très obéissant serviteur,
Signé : VAUDREUIL.
Ordonnance du gouverneur général.
16 avril 1760.
Pierre de Rigaud, marquis de Vaudreuil, grand-croix de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis, gouverneur et lieutenant général pour le Roi en toute la Nouvelle- France, terres et pays de la Louisiane,
Nous ordonnons au sieur Legris, officier de milice, de partir incessamment de cette ville pour s’aller établir en vigie au Bic, dans la position la plus favorable pour reconnoître les vaisseaux qui entreront dans le fleuve.
Nous lui remettons pour cet effet les signaux que doivent faire ceux qui nous seront expédiés de France. 11 prévoira à tous les arrangements nécessaires pour répondre dans tous les lieux qui y sont indiqués. Il établira conséquemment des vigies à Saint-Barnahé, et il restera en observation au Bic.
Nous le prévenons que, relativement aux dits signaux, nous donnons nos ordres pour une semblable vigie au Cap-aux-Oies où nous faisons rassembler les pilotes pratiques de la traverse, lesquels se rendront à bord des vaisseaux françois pour les piloter sitôt qu’ils se seront fait connoître.
Le sieur Legris en préviendra les capitaines des vaisseaux à bord desquels il ira.
Nous recommandons expressément au dit sieur Legris de n’aller à bord d’aucun vaisseau ni navire qu’ils ne se soient fait connoître à lui par les signaux ou par les personnes qu’ils auront mises à terre,
Lorsqu'il sera certain que ces vaisseaux sont françois, il ira à leur bord et, en vertu de notre lettre ci-jointe, il demandera au commandant de ces vaisseaux, soit qu’ils soient au Roi ou à des particuliers, les dépéches dont ils seront chargés, savoir :
A notre adresse,
A l’adresse de M. l'évêque,
A l'adresse de M. le chevalier de Lévis, A l'adresse de M. Bigot,
A l'adresse de M. de Bourlamaque,
A l'adresse de M. de Rigaud,
A l'adresse de M. de Bougainville,
A l'adresse du munitionnaire.
Il nous apportera toutes ces dépêches en toute diligence ; il aura cepe-"Ant attention avant son départ d’en prévenir la vigie ue Saint-Barnabé, ainsi que du passage des ‘vaisseaux à bord desquels il aura été, de leurs noms et de ceux des capitaines, en lui recommandant d’en faire part aux autres navires s’il s’en présente.
Nos ordres pour cette vigie sont en blanc, notre intention est d'en charger le sieur Molé Lepage, capitaine à Saint-Bernabé, Le sieur Legris s’y conformera, à moins qu’il ne soit arrivé accident à M. Molé ; auquel cas il remplira ses ordres du nom de la personne qu'il croira la plus propre à les exécuter.
Signé : VAUDREUIL. .
Fait à Montréal, le 16 avril 1760,
Ordonnance du gouverneur général.
16 avril 1760.
Pierre de Rigaud, marquis de Vaudreuil, grand-croix de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis, gouverneur et lieutenant général pour le Roi en toute la Nouvelle- France, terres et pays de la Louisiane.
Nous ordonnons au sieur N.... de se rendre à Sair‘- Barnabé où il s’établira en vigie dans la position la plus favorable pour reconnoîttre les vaisseaux qui entreront dans le fleuve.
Nous lui remettons pour cet effet les signaux que doivent faire ceux qui nous seront expédiés de France, il prévoira à tous les arrangements nécessaires pour répondre lui-même aux dits signaux.
Nous le prévenons que le sieur Legris s’établira en vigie au Bic pour reconnoître aussi les dits vaisseaux et répondre également à leur signaux ; que, relativement à ces signaux, nous donnons nos ordres pour une semblable vigie au Cap-aux-Oies, où nous faisons rassembler les pilotes pratiques de la craverse, lesquels se rendront à bord des vaisseaux françois pour les piloter sitôt qu’ils se seront fait connoître.
Le sieur N.... en préviendra les capitaines de vaisseaux à bord desquels il ira,
Nous recommandons expressément au dit sieur N... de n’aller à bord d’aucun vaisseau, ni navire qu’ils ne se soient fait connoître à lui par les signaux ou par les personnes qu’ils auront mises à terre,
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ne les
Lorsqu'il sera certain que ces vaisseaux sont francois, il ira à leur bord, et, en vertu de notre ordre cijoint, il demandera au commandant de ces vaisseaux, soit qu’ils soient au Roi ou à des particuliers, les dépéches dont ils seront chargés aux adresses ci-après, savoir :
A notre adresse,
A l'adresse de M. l'évêque,
A l'adresse de M. le chevalier de Lévis,
A l'adresse de M. Bigot,
A l'adresse de M. de Bourlamaque,
A l'adresse de M. de Rigaud,
A l'adresse de M. de Bougainville,
A l'adresse du munitionnaire.
Il fera passer toutes ces dépêches par une personne de confiance au sieur Legris, qui nous les portera promptement ; et, supposé que le dit sieur Legris fût parti du Bic, il nous expédiera des courriers sûrs et vigilants pour nous porter les dites dépêches ; il leur recommandera de diriger leur route de façon à ne pouvoir être surpris de l’ennemi.
Signé : VAUDREUIL. Fait à Montréal, le 16 avril 1760.
Ordonnance du gouverneur général.
16 avril 1760.
Pierre de Rigaud, marquis de Vaudreuil, grand-croix de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis, gouverneur et lieutenant général pour le Roi en toute la Nouvelle-France, terres et pays de !: Louisiane,
Nous ordonnons au sieur N... de partir incessamment pour aller s'établir en vigie sous le Cap-aux-Oies, dans la position la plus favorable pour reconnoître les vaisseaux qui auront entré dans le fleuve et qui se présenteront pour faire la traverse.
Nous lui remettons pour cet effet les signaux que doivent faire ceux qui nous seront expédiés de France. Il prévoira à tous les arrangements nécessaires pour répondre lui-même aux dits signaux et pour rassembler près de lui les pilotes pratiques de la traverse, Il remettra pour cet effet les lettres que nous écrivons aux capitaines ou autres commandants des compagnies de l’ile-aux-Coudres et des Eboulements *,
Nous donnons ordre à ces capitaines de leur faire délivrer les vivres et généralement tout ce qui lui sera nécessaire, dont les fournisseurs seront payés sur ces reçus.
Nous le prévenons que nous avons établi aussi des vigies à Saint-Barnabé et au Bic, pour reconnoîttre
* Pièce suivante.
aussi les dits vaisseaux et répondre également à leurs signaux, et que les personnes chargées de nos ordres avertiront les capitaines des vaisseaux francois à bord desquels ils iront, de la vigie que nous établissons au Cap-aux-Oies, et que les pilotes pratiques de la traverse y seront rassemblés,
Nous recommandons expressément au dit sieur N... de n’aller à bord d'aucun vaisseau ni navire qu’ils ne se soient faits connoître à lui par les signaux ou par les personnes qu’ils auront mises à terre.
Lorsqu'il sera certain que ces vaisseaux sont françois, il ira à leur bord et leur remettra le nombre de pilotes
pratiques qui leur seront nécessaires pour faire la traverse,
Signé : VAUDREUIL,
Fait à Montréal, le 16 avril 1760.
A M. Savard, capitaine de milice uux Eboulements, et à M. Tremblay, capituine de milice de l’ileauæ-Coudres.
A Montréal, le 16 avril 1760,
Vous verrez, Monsieur, par la lettre que je vous écris, les justes mesures que j'ai prises pour assiéger Québec. J'ai lieu de croire et de me flatter, et je n’en doute nullement, que cette place ne tardera pas à être en mon
pouvoir, Je suis bien persuadé que vous n'aurez rien de plus pressé que de vous joindre avec votre compagnie à l'armée que j'ai confiée à M. le chevalier de Lévis zur cette expédition,
J'ai aussi lieu de me flatter que le Roi a fait partir en prime nombre de vaisseaux de guerre et de transports pour introduire dans cette colonie les secours de toute espèce que j'ai demandés l'automne dernier, et awuls sont actuellement à l'entrée du fleuve; j'ai établi des vigies à Saïnt..Barnabé et au Bic.
Le siei: N... par qui vous recevrez cette lettre, doit s'établir aussi en vigie au Cap-aux-Oies. Comme il doit avoir près + lui tous les pilotes pratiques de la traverse } om les «5 sibuer sur les vaisseaux françois, après qu’ils auroût fa: ie signaux et qu’ils se seront fait connoître, je vous prie, Monsieur, de rassembler, aussitôt ma lettre reçue, tous les pilotes de votre compagnie et des environs, et de les remettre au dit sieur N... Ces pilotes seront payés suivant l'usage, et indépendamment de cela, je leur accorderai une gratification.
Vous les préviendrez que ceux qui, par mauvaise volonté ou par quelque prétexte ou raison que ce soit, hors le cas de maladie, n’exécuteront point mes intentions, seront dès ce moment regardés comme rebelles à mes ordres, traîtres à leur patrie et à l'Etat, que comme tels ils subiront les peines portées par les ordonnances du Roi.
Vous ferez fournir au dit sieur N... les vivres et généralement tout cé dont il aura besoin, le paiement en sera exactement fait sur ses reçus.
Signé : VAUDREUIL,
Instructions pour MM. les officiers des troupes de la marine,
Sans date, avril 1760.
MM. les officiers qui seront destinés à marcher avec les soldats de la marine se rendront dans leurs quartiers, pour y rester et veiller à ce que les soldats soient en état de partir au premier ordre qui leur sera envoyé, et qu’ils aient des vivres pour six jours pour se rendre à Québec, lesquels doivent leur être fournis par les habitants ; les capitaines des côtes ont reçu des ordres à cet égard. MM. les officiers ne peuvent porter assez d’attention pour que les armes des soldats soient en état, Is préviendront qu'ils n'auront leurs équipements qu'à Québec, de même que les armes qui seront à changer,
En passant à Montréal, MM. les officiers feront prendre pour eux et pour les soldats des tentes, qui leur seront délivrées des magasins, Si les soldats n’ont pas de havre-sacs où poches pour mettre les vivres, les capitaines des côtes ont ordre de leur en faire fournir par les habitants. Elles seront payées ou remplacées sur les reçus qui en seront faits par MM. les officiers ou sergents,
Les marmites et les tentes seront délivrées à Montréal.
MM. les officiers destinés à marcher avec les milices se rendront dans les différentes paroisses pour y rester et disposer les habitants à marcher au premier ordre,
Ils feront la visite des armes, dos chaudières, casse-têtes, et généralement de tout ce dont il dépend d’être bien armés et équipés, pour que rien ne manque au moment du départ. MM. les officiers feront mettre aussi en état le plus promptement possible tous les bateaux, canots et pirogues qui se trouveront dans les différentes paroisses, parce que l’on manque de voitures pour se rendre promptement à Québec.
MM. les officiers prendront un état de celles sur lesquelles on peut compter, lequel état ils nous enverront. I] seroit bien à désirer qu’il se trouvât assez de voitures dans les côtes pour pouvoir transporter le monde qui sera commandé pour se rendre à Québec.
MM. les officiers s’informeront exactement si tous les miliciens en état de porter les armes ont pour six jours de vivres en réserve, pour que rien ne puisse arrêter leur départ, qui sera précipité, Les capitaines des côtes ont recu des ordres à cet égard, MM. les officiers rendront compte de ceux qui auront manqué à s’y conformer, pour que nous les fassions punir sur le champ avec la plus grande sévérité.
CORRESPON DANCE