LE MARQUIS DE VAUDREUIL AU GÉNÉRAL MONCKTON
Sans date, octobre 1759.
Monsieur,
J'ai reçu par M. de Bougainville la lettre dont Votre Excellence m'a honoré, en date du 8 octobre, J'apprends par lui que les officiers et soldats françois, non blessés, pris à l'affaire du 13 septembre sont déjà partis pour l'Europe. Ainsi il ne reste plus à Votre Excellence que les prisonniers blessés qu’elle a eu la bonté de faire transporter des vaisseaux où ils étoient d’abord, à l'hôpital-général, attention de laquelle je ne saurois trop lui marquer ma reconnoissance.
Je ne saurois regarder comme prisonniers les officiers et soldats blessés, conduits à l'hôpital-général le jour de l'affaire, Cet hôpital n’est point une ambulance d'armée ; il existe de tout temps ; il est l'hôpital de lu ville, et un lieu toujours neutre par le cartel du 16 février, En effet, si on ne l'eût pas regardé comme tel, nos blessés se seroient fait porter à la ville, laquelle étoit plus près du champ de bataille que l'hôpital même,
A l'égard des colons anglois des concessions intérieures, dont me parle Votre Excellence, il en reste fort peu dans cette colonie, si même il en reste,
L'année dernière on les échangea avec la garnison de Frontenac; et même alors je renvoyai sans échange ni rançon beaucoup de femmes et d'enfants, que le colonel Schuyler emmena avec lui,
Ainsi je ne puis traiter avec Son Excellence le major général Amherst que pour les officiers et les soldats prisonniers.
Supposé que dans quelques jours ce général n’envoie point ces prisonniers à portée d’être échangés, comme la saison va bientôt fermer les passages, si Votre Excellence y consent, je ferai descendre les prisonniers qui sont entre mes mains, pour les échanger avec ceux qu'elle aura,
Quebec, 13th October, 1759,
Permission is granted to captain Manneville, of the regiment Guyenne, to come to town on his private affairs.