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MONTCALM

FR XII Ordonnance du gouverneur général.

18 octobre 1758.

Pierre de Rigaud, marquis de Vaudreuil, commandeur de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis, gouverneur et lieutenant général pour le Roi en toute la Nouvelle-France, terre et pays de la Louisiane.

Etant nécessaire de prévoir à tout ce qui peut tendre à la bonne police et à l’exacte discipline des troupes qui auront leurs quartiers d’hiver dans les paroisses de cette colonie, nous ordonnons ce qui suit :

Le capitaine de milice de chaque paroisse recevra du subdélégué de M. l’intendant le rôle du logement

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qu'il aura assis, et, à l’arrivée de la troupe, le capitaine le remettra à l’aide-major pour l'exécution de concert, Comme il y a dans chaque paroisse des logements destinés pour MM. les officiers et dans lesquels il a été fait, l’hiver dernier, des chambres exprès pour eux, ils ne pourront se dispenser d'occuper les mêmes logements pour éviter des nouvelles dépenses ;

Le logement assis, l’aide-major en fera un rôle et y placera les compagnies suivant les instructions qu’il aura de son commandant à ce sujet. Il en donnera copie à chaque commandant des quartiers, et délivrera les billets au commandant de la compagnie ;

Les commandants des quartiers ni des compagnies ne pourront en aucune facon rien changer à l'assiette du logement. Lorsqu'il y aura quelque changement à faire, si c’est le commandant du quartier qui le demande, il en fera informer le capitaine de milice qui vérifiera si le défaut vient de la mauvaise volonté de l'habitant, et s’il est nécessaire de le changer, I] lui indiquera chez qui il peut le placer. Alors le dit commandant en rendra compte au commandant du corps qui lui fera envoyer le billet de logement. Si c’est le capitaine de milice, il informera le capitaine de quartier des raisons qui l’engagent à demander le délogement, et lui indiquera l’habitant chez lequel on peut le placer, et le commandant demandera le billet ainsi qu’il vient d’être dit.

Lorsqu'il y aura des soldats absents aux hôpitaux ou par congé, ou des logements non occupés, le capitaine de milice informera de ceux qu'il croit dans le cas d’être soulagés de préférence aux premiers ;

En cas de contestations sur les susdits sujets, le commandant du quartier et le capitaine de milice s’adresseront au subdélégué de M. l’intendant qui y pourvoira, ainsi que le cas pourra l’exiger ;

Le commandant des troupes ne commandera que sa troupe dans les quartiers. Lorsqu'il y aura quelques contestations ou disputes d’habitant à soldat, il en fera informer ie capitaine de milice pour qu’il en impose à l'habitant, s'il est l’agresseur, ou l'envoie en prison, si le cas est grave, et, supposé que ce dernier n’y mît pas ordre, il en informera le commandant du corps qui en rendra compte à M. le marquis de Montcalm ou à M. le chevalier de Lévis, qui nous en donneront connoissance, Cet article n'aura lieu que pour les quartiers d'hiver du gouvernement de Montréal.

Si le soldat est l’agresseur, le dit commandant le punira sévèrement et en rendra compte. En cas de refus, le capitaine de la paroisse s’adressera à nous ou aux gouverneurs et lieutenants de Roi du gouvernement desquels dépendront leurs paroisses ;

ou

L'article précédent sera exécuté pour les contestations ou disputes d’habitant à soldat dans les gouvernements de Québec et de Trois-Rivières, à l'exception néanmoins que relativement aux dites contestations, on s’adressera à M. l’intendant ou à son subdélégué, par rapport à l'habitant qui ordonnera la punition du dit habitant, suivant l'exigence du cas, sur le compte qui lui en sera rendu par le capitaine de la paroisse, qui aura attention d’en prévenir le commandant du quartier ;

Lorsque le commandant du quartier aura besoin d’une voiture pour le service du Roi, soit pour lui ou quelques-uns des officiers de son quartier, il la demandera par écrit au capitaine de la paroisse en motivant le sujet; l'habitant commandé sera payé sur le certificat du dit capitaine du service rendu, relativement au billet du commandant ;

Les officiers paieront de gré à gré les voitures dont ils auront besoin pour leurs affaires ; mais, sous aucun prétexte, ils n’en pourront exiger d’autorité. Les capitaines des paroisses auront pour cet effet ordre de M. l'intendant, comme ci-devant, de faire donner à MM. les officiers des voitures pour leurs affaires ; ils les paieront aux prix accoutumés, Nous sommes bien persuadés que ces messieurs n’abuseront point de cette facilité en retenant souvent un habitant pendant un

jour pour une très petite course, et pour laquelle ils pourroient prétendre de les payer sur le pied de vingtcinq sols par lieue, ainsi que cela se pratique pour les courses promptes. Nous observons à MM. les officiers que de là il s’en suivroit un tort notable à l'habitant, surtout à des saisons où il est très nécessaire chez lui ;

Lorsqu'il faudra des voitures pour transporter des | soldats à l'hôpital, le capitaine de la paroisse, sur les à billets du commandant des quartiers, fera commander les voitures nécessaires ; il remettra ce billet à l'habitant commandé, lequel, pour en être payé, sera obligé de le rapporter à M. l’intendant ou au commissaire-ordonnateur, avec le recu au bas, de la religieuse préposée pour la réception des malades ;

Le commandant du quartier rendra compte tous les mois des soldats qui partiront pour aller à l'hôpital ou ‘h qui en reviendront, et de ceux qui s’absenteront par | | congé, lorsqu'il s’en apercevra ;

Les commandants des quartiers ne pourront donner aucun congé à aucun soldat pour plus de huit jours. | Quand ils seront dans le cas d’être absents pour plus \ Î longtemps, il leur fera expédier un congé en forme par

l’état major ;

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plus b par

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Comme il se trouve quelquefois des habitants et des soldats qui ne peuvent pas vivre ensemble, et d’autres qui sont bien aises d’en avoir, qui veulent travailler ou qui ont des métiers, le commandant des quartiers pourra les faire changer avec d’autres, pourvu que le nombre soit le même et que le capitaine de la côte en soit averti, et que ce soit de gré à gré et à la satisfaction des habitants ;

Au surplus, ie commandant de chaque quartier doit tenir la main à ce que le soldat et l'habitant vivent avec union;et le commandant du corps, à qui M. le marquis de Montcalm s'en rapporte pour donner des permissions à MM. les officiers de s’absenter, tiendra la main à ce qu’il reste un officier dans chaque quartier, et il préviendra les officiers à qui le commandement des quartiers échoit, que s’il arrive des désordres dans leurs quartiers ou des plaintes mal fondées, on les renverra de suite.

Mandons aux lieutenants de Roi et commandants des troupes dans les quartiers d'hiver, capitaines de milice et autres qu'il appartiendra de tenir la main, chacun en ce qui les concerne, à l’exacte exécution de notre présente ordonnance, Et pour que personne n’en prétende cause d’ignorance, elle sera lue, publiée et

affichée partout où besoin sera.

En foi de quoi nous avons signé ces présentes. Fait à Montréal, le 18 octobre 1758.

VAUDREUIL

Mémoire sur les subsistances.

Hiver 1758,

Mon avis seroit de garder à Québec des vivres pour six semaines, sur le pied d’une livre et demie de pain, demi-livre de lard, encore que la ration n'ait été réglée qu'à une livre un quart. Mais, outre qu’il n’est pas sûr que l'on puisse se maintenir sur ce taux, ce surplus servira pour remplacer le gaspillage inévitable, J’estime donc qu’il faut conserver des vivres sur ce pied-là, et pour le nombre de troupes suivant l’état ci-joint,

Cinq bataillons, troupes de terre... 2,500 rations.

Milices du gouvernement de Montréal... 3,900

Idem “ des Trois-Rivières. 800

Idem «4 de Québec... 3,000 Domestiques................................. 700 DAUVATOR ne rétro ones reset ttrt dns 500 Quartier général...

Canonniers.…… et NI ETES

Ingénieurs... sos sise css possssse Ouvriers du Roi employés et non valeur ou fausse consommation.

Total, à commencer du 1°" juin, 12,000 rations. C’est à M. l’intendant à ajouter ce que M. le marquis de Vaudreuil et lui jugeront nécessaire pour la subsistance du peuple,

Au reste, le marquis de Montcalm est persuadé qu’il reste encore beaucoup de blé dans les côtes. Les

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qu’il Les

, LETTRES ET PIÈCES MILITAIRES 61 recherches et les taxes sur cet objet ne servent jamais qu’à l'empêcher de paroître.

En rendant la vente du blé libre et le laissant vendre ce qu’on auroit voulu, on en auroit eu davantage ; mais comme il est inutile de parler du passé et qu’il faut s'occuper de l'avenir, le marquis de Montcalm ajoutera que, si la colonie est conservée, comme il l'espère, et qu’on ait besoin de blé, il y a un moyen sûr, suivant lui, pour faire ressortir alors tout le blé de superflu que les habitants pourront avoir : le leur payer au prix courant et leur donner des reconnoissances qui, rapportées à M. Bigot, leur donnera des lettres de change au premier terme.

M. Bigot objectera-t-il qu’il a ordre du ministre de ne point tirer de lettres de change au premier terme pour les dépenses extraordinaires ? Cette difficulté sera bientôt levée par l’ordre de M. le marquis de Vaudreuil, que les circonstances rendront nécessaires.

MoNTcCaALM,

Mémoire sur les observations de M. Desandrouins pour les positions à prendre entre Carillon et

Saint-Jean.

L'île aux Noix m'a paru avoir plus de sejt cents toises de long. L’extrémité du sud peut avoir deux cents toises de largeur et est assez elevée ; celle du

nord est beaucoup plus large et entièrement noyée ; d’ailleurs elle seroit inutile ; il suffit que la tête de l’île soit accommodée,

Elle m'a paru beaucoup plus éloignée de terre des deux côtés que ne l’a jugé M. Desandrouins, cependant à la portée du canon. A une demi-lieue au-dessus de l’île aux Noix, sur la côte de l’est, est une pointe sèche et assez élevée où l’on construisit, il y a deux ans, des hangars pour des charpentiers, dont il reste encore partie avec une croix. Elle est vis-à-vis une autre pointe marquée sur les plans pointe à Margot. C'est le lieu le plus étroit de la rivière ; elle paroît inabordable par terre parce que toutes les parties voisines sont noyées; je crois même que les bois derrière cette pointe sont très marécageux. Elle enfile admirablement tout le chenal de la rivière jusqu’à une demi lieue au-dessus, Elle ne laisse entre elle et la côte de l'ouest qu'un espace tout au plus égal à celui qui est aux deux côtés de l’île aux Noix. Cette côte de l’ouest, vis-à-vis et fort loin au-dessus, est tout à fait noyée. Ce poste mérite d’être examiné soigneusement et paroît bien préférable à l’île aux Noix. L'île aux Têtes paroît noyée partout; ainsi nul parti à en tirer. Elle est d’ailleurs fort éloignée de la côte de l’ouest.

La largeur de la rivière vis-à-vis la pointe du moulin Foucault m'a paru de six ou sept cents toises au moins : c'est beaucoup trop pour qu’elle puisse défendre rivière.

La pointe aux Fers est très belle ; o1 uj aisément trente mille hommes; mais à que bon? Ainsi des îles Valcourt ; elles ne sont bonnes à rien.

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Le lac est trop large vis-à-vis la rivière aux Loutres pour qu'on puisse y prendre une position qui le défende. C’est précisément vis-à-vis la roche fendue qu'il m'a paru le plus étroit; mais il ne l'est pas encore assez.

La pointe Hocquart m'a paru très belle, très spacieuse et propre pour un camp retranché, Les hauteurs au delà des marais dont parle M. Desandrouins sont, à mon avis, bien peu considérables; mais, après tout, à quoi bon cette position, puisque l'ennemi, au moyen d’un petit portage très facile, entreroit aisément dans la baie qui est derrière Saint-Frédéric et de là dans le lac Champlain, sans qu’on püût s’y opposer ni même sans apercevoir que lorsqu'il seroit hors de la baie.

Je pense donc que, si on vouloit s'arrêter à Saint- Frédéric avec un corps considérable, il vaudroit mieux se retrancher sur le rocher qui est derrière la redoute, comme l’on fit en 1755. L'on pourroit y faire beaucoup mieux. (Cette position seroit belle, nullement commandée et bien à portée de voir ce qui se passeroit dans le fond de la baie et de tomber sur le petit portage, si l'ennemi vouloit l’entreprendre. L'on pourroit même faire au bord de la baie quelque ouvrage avancé, où l’on mettroit du canon, pour empêcher le passage de cette baie,

Il serait bon d'établir à la Pointe Hocquart une bonne redoute pour du canon et deux cents hommes, ou plus, si on le jugeoit à propos. Il seroit impossible alors que rien put passer devant Saint-Frédéric, ni de

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