‹ Lettres et pièces militaires [microforme]Chapitre 7 sur 94 · LT ET · texte numérisé non relu

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jour ni de nuit. Cette redoute seroit aisément relevée par eau, sans que l’ennemi pût s’y opposer.

Je n’ai pas entré dans la rivière à la Barbue, mais sa position m'a paru très bonne ; elle couvre d’ailleurs très bien Saint-Frédéric par terre, puisqu'elle est en avant de l’isthme qui sépare le fond de la baie de la rivière de Carillon, et par eau, parce que la rivière est étroite à cet endroit,

Il faudroit, comme le dit M. Desandrouins, reconnoître le cours de cette petite rivière plus en détail.

Une armée battue à Carillon ne peut mieux faire que de s’y replier, si elle est telle qu’elle m'a peru à son embouchure,

(Sans signature)

Côtes du sud du fleuve Saint - Laurent depuis la pointe de Lévis jusqu’à la rivière des Caps, espace

de trente-cinq lieues.

Je ne vois à la pointe de Lévis qu’un seul point où l'ennemi pourroit tenter un débarquement; c’est un moulin à vent. Cette partie peut être défendue du cap Samson, où l’on pourroit placer du canon qui feroit un bon effet, Ce cap est à peu près vis-à-vis la pointe de Y'ile d'Orléans et répond à la pointe Lessé, sur la côte du nord,

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Le chemin qui va de la pointe de Lévis à la paroisse de Beaumont est éloigné du fleuve de cinq à six cents pas; ses bords jusqu’à Beaumont sont fort escarpés et garnis de bois, ce qui en rend les approches presque impossibles; on passe trois petits ruisseaux, dont on pourroit élargir les lits et retarder la marche de l'ennemi en rompant les ponts que l’on y construiroit. On voit. de là une longue pointe qui s’avance dans le fleuve et qui s'appelle la pointe de Beaumont. En continuant sa route, on passe sur un pont de bois une petite rivière, et, à fort peu de distance, celle de Saint-Michel, dont les embouchures sont assez plates et d’un facile accès, mais protégées par des bois qui se trouvent sur leurs bords. L’escarpement de ceux du fleuve recommence alors. On passe deux petits ruisseaux sur des ponts de bois, après lesquels on se trouve dans une anse dont la pointe sud-ouest s'avance en décroissant et forme enfin un banc de sable ou batture qui coupe l’île d'Orléans vis-à-vis la paroisse de Saint-Jean à peu près, et force les navigateurs à s'approcher de l’île pour éviter cet écueil,

La peinte nord-est s'appelle la pointe à Boyer. On trouve à la maison du curé de Saint-Michel un endroit très favorable à une descente, qu’il seroit facile d’empêcher par un retranchement dont la droite seroit appuyée

. à cette maison et la gauche aux bois qui bordent le

fleuve, Cet espace n’a pas plus de cent toises. De cette parusse à celle de Saint-Vallier, il n’y a rien «’intéressant qu'une anse assez vaste, terminée du côté de Québec par la pointe à Boyer, et par celle de Belle-

chasse du côté opposé. Le seul endroit où l’on pourroit débarquer est à la rivière des Mères ou Boyer, qui se jette d’abord au sud-ouest et fait ensuite un contour au nord-est qui forme l’anse dont je viens de parler. La marche à la vérité y seroit difficile, ses bords étant de rocheïs dont les lames sont presque verticales. On passe cette rivière en canot à marée haute et à cheval ou en voiture à marée basse, Un pont y parottroit nécessaire pour la commodité du commerce, A une demi-lieue de cette rivière est l’église paroissiale peu éloignée des bords du fleuve, escarpés et haut de dix-huit à vingt pieds environ, qui vont en s’accroissant et ont cinquante à soixante pieds à la pointe de Bellechasse. On passe après cette pointe la rivière à Carrière et à un quart de lieue la rivière du Mieux sur des ponts de bois. Elles ont toutes deux leur embouchure dans une anse d’un accès assez facile à marée haute; car, à marée basse, les pierres et les rochers rendroient la marche très incommode. On arrive de là à la paroisse de Berthier dont l’église est située à cent pas du bord du fleuve à haute mer, qui laisse voir en se retirant quantité de rochers à feuilles verticales, singulières par différentes bandes qu'elles présentent, rouges, blanches et parfaitement alignées. L’anse au bord de laquelle l’église est bâtie, s'appelle l’anse à la Pêche. On s’en éloigne

en suivant le chemin dont le contour se trouve déter-

miné par une autre anse que traverse, à une demilieue de l’église, le ruisseau Camus, qui prend sa source dans les montagnes du sud et se jette dans le fleuve, après avoir coulé quelque cent toises dans un sens contraire au fleuve.

LETTRES ET PIÈCES MILITAIRES 67 Ts Du milieu de cette anse, on voit l’île Madame, paralse lèle et près celle d'Orléans. Les vaisseaux sont obligés au de passer entre ces deux îles. Une demi-lieue plus loin, La on voit l’île aux Reaux et à une portée de fusil de l’anse de est une petite îlette d’un huitième de lieue, Tous les gse bords dans cette partie sont fort aplatis; mais, à une en quinzaine d’arpents dans les terres, règne un rideau dire qui les protégeroit en cas d'accident, De cette anse, à > de une lieue de distance, tout est boisé et semé de rocaille ; des c'est le commencement de la paroisse de la pointe à la ingt Caille, Pendant une demi-lieue, on traverse un petit ante bois d’une lieue de largeur qui borde le fleuve, On Tr . voit à la suite de l’tle aux Reaux, la Grosse-Ile, qui n’a uart guère qu'une lieue de long ; à une distance d’une demie, bols. celle de Sainte-Marguerite; ensuite l’île aux Oies, qui and est habitée, ainsi que celle aux Grues. Depuis le bois natéé en question, les bords sont assez accessibles ; mais le noté fleuve y est très large.

Bot Auprès de l’église de la pointe à la Caille, se jette

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dans le fleuve la rivière du même nom, que l’on passe sur un pont de bois de soixante pieds de long. A un quart de lieue, le fleuve recoit celle des Vases, qui paroît être un petit bras de celle du Sud, dont lembouchure est à une demi-lieue de l’église. Elle réunit à ce point trois parties, dans lesquelles elle se divise plus haut, La principale est la rivière du Sud, la moyenne le Bras, et la troisième le Pouce, qui se passe sur un pont de bois, et les deux premières à gué,

Le fond est de roches rougeâtres, et l’eau semble en avoir emprunté la couleur, Le passage de ces trois bras de rivière pourroit seul arrêter la marche de l'ennemi,

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