LETTRE DE D'AGUESSEAU A FORMEY
NOTE IRTRODUCTIVE.
D'Âguesseau, nommé avocat général au parlement de Paris à l'âge de vingt-deux ans, ami de Boileau et de Racine, marié avec une femme qu'on appelait u la réunion des grftces et de la vérité » [ M*^ Dormesson ] , élevé pour son mérite personnel à la plus haute dignité de TËtat, celle de chancelier, fut une des plus grandes gloires de son siècle. Il en fut surtout une des plus pures. Destitué par le Régent, pour s'être opposé au système de Law, rappelé avec éclat, exilé par le cardinal Dubois, rappelé encore en 1737, il fut toujours le même, grave, digne, supérieur à la fortune.
Doué de toutes les grâces d'une élocution facile, il eut tout le mérite d'un écrivain distingué. Chacun connaît la noblesse de sa pensée et l'harmonie de son style; mais tout le monde ne le savait pas philosophe , et je crois que la lettre suivante est propre à le faire admirer sous des points de vue nouveaux, malgré le nombre de volumes que présentent ses œuvres publiées (13 vol. in-4'') et le recueil de ses Lettres inédites, dû aux soins de M. Rives [1823, un vol. in-4''].
Formey a fait hommage au chancelier de France d'un de ses ouvrages. C'est à cet hommage que répond le noble vieillard.