‹ Lettres et pièces rares ou inéditesChapitre 17 sur 142 · BIBLIOTHÈQUE DE L'ABBAYE PRINCIÈRE · texte numérisé non relu

BIBLIOTHÈQUE DE L'ABBAYE PRINCIÈRE

DE MURBACH.

[Dressé au nom de Barthélémy d'Andlao, par frère Sigtsmond.]

L'abbaye de Murbach était une des plus anciennes et des plus riches maisons de la haute Alsace. Fondée au viii* siècle et dotée d'immenses territoires , elle étendit sa domination, dès le IX*, non-seulement sur quelques vallées du pays, celle de Saint- Amarin par exemple, mais jusque sur la ville de Luceme , en Suisse. Il en résulta dans les préoccupations de ses chefs quelque chose de mondain qui , heureusement , ne se communiqua pas tout à fait aux simples religieux. Ainsi Tabbé, prince du saint-empire et membre de la diète d'Allemagne, suivait d'habitude avec un peu trop de complaisance les questions générales de la politique, allemande ou française ; mais ses pieux collaborateurs se vouaient, avec plus d'abnégation que leur chef, à l'étude des saintes lettres, sans exclure toutefois les autres.

Au xr siècle , la niaison de Morbach s'accrut de l'adjonction à l'abbaye de Lure. Elle fut un peu ravagée au xyv siècle par les Suédois , mais elle reprit tout son éclat au xvii*, en passant à la France. Cette révolution lui enleva quelques privilèges, mais son chef, tout soumis qu'il était au roi de France , demeura prince du saint-empire, et cette qualité était prise, naguère encore , par le religieux que Louis XYI avait nommé abbé sur une liste de trois candidats présentés par le chapitre peu de temps avant les lois de 1793.

A cette époque l'ancien chapitre de Murbach avait transmigré, avec sa bibliothèque et ses archives, dans la jolie ville de Guebeviller, où il s'était établi avec une sorte de magnificence , qu'on peut comparer encore à la modestie de sa première demeure. En effet, cette dernière , qui subsiste, n'a rien que de très-simple et de très-ordinaire.

Le catalogue que nous publions fut dressé, Tan 1464, par les ordres de l'abbé Barthélémy d'Andlau, issu d'une de ces anciennes familles des bords du Rhin qui se sont établies à la fois sur la rive droite et la rive gauche du fleuve ^

Ce document est extrait d'un cartulaire du xvi* siècle ayant appartenu à l'abbaye, et déposé aujourd'hui aux archives départementales du Haut-Rhin. J'en dois la copie que je livre au public à l'habile obligeance de M. Hugot, un des plus savants élèves de l'école des Chartes , et conservateur des collections publiques de Colmar.

J'en ai mis le texte en français et j'en ai éclairci quelques obscurités , autant que cela m'a paru utile.

J'ai indiqué par des chiflres arabes la série et le nombre des traités ou des ouvrages que le catalogue indique simplement par des alinéa.

* Aajoard'hni encore ceue fomille conserve ses deux branches , l'une française , Vautre allemande. Le monde diplomatique connaît surtout le baron d'Andlau, ministre plénipotentiaire de Bade à Vienne.

Je compte publier le texte même dans une nouvelle édition du voyage littéraire de dom Ruinart en Lorraine et en Alsace.

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