REMARQUES SUR LA LETTRE PRÉCÉDENTE
Cotte lettre, pour être do Marguerile, est d'une grande simplicité. Cependant l'auteur n'y abdique pas tout k Mt son afféterie habituelle. Celle qui aimait tant à signer, votre pis que morte, votre pis que malade, quand elle écrivait sur sa mystique pénitence à son confesseur, Tévéque de Meaux, et qui prodiguait des paroles si affectueuses à tout le monde, ne peut pas s'empêcher de signer, en écrivant à Ëléonorc de Portugal qu'elle vient de marier à son frère , « Votre plus que bonne sœur. » Marguerite ne peut pas s*empédier de mettre pour elle un signe spécial. Sauf ces traits caraotéristiques , elle écrit une simple leUre d'affaire , claire i trop claire même, car, en vérité , les présents donnés aux servi-^ leurs de l'empereur jouent un trop grand rôle dans ces négociations. Du moins est-il certaih que ce ne sont pas des présents , que ce sont des marchés , qu'il y a eu des paroles
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données, que la plénipotentiaire ne peut pas faillir h ces paroles. U y a plus. On a fait des stipulations et on a fixé des termes. Le temps aproche, dit Marguerite. Ce n'est pas tout. Les négociateurs ont pris leurs sûretés. Si les sommes n'arrivent pas, il y a péril ; si elles arrivent, dit l'auteur, tofutes affaires s'en dresseront de mieux à vostre désir et au mien.
La preuve que les sommes qu'il a fallu assurer aux serviteurs de Charles-Quint ne sont pas minimes, c'est que Marguerite n'a pas pu prendre sur elle de les promettre sans l'intervention de la reine , et la preuve que ces moyens n'ont pas plus été du goût de François P' que ceux qui lui étaient proposés par sa sœur à Madrid , c'est qu'elle n'oso pas s'adresser à lui, c'est qu'elle écrit à la reine, princesso qu'elle suppose facile pour les serviteurs de son frère.
Marguerite le sent elle-même : aux yeux de son frère, à elle, tout n'est pas régulier dans cette affaire, et on di>
rait que son rôle de négociateur lui pèse. Ce rdle est difficile, il est pénible entre deux rois, deux beaux-frères qui ne peuvent ni vivre en paix ni tirer l'épée comme ils l'entendent. C'est dans ce sentiment de peine qu'elle lyoute : Et puisse cette heureuse et fructueuse paix que Dieu nous a fait la grave de faire, à (ou^ jours durer.
LETTRE DE MARGUERITE D'ANGOUIiÉME ,