ANNE DE MONTMORENCY, GRAND MAITRE
NOTB IHTRODCCTIVE.
La preuve qu'il ne faut pas accuser les seuls serviteurs de Charles-Quint d'une cupidité peu convenable dans leur position , et que c*était là aussi le péché mignon des serviteurs de François I***, est malheureusement écrite dans toute sorte de documents , et dans toute sorte de lettres intimes de l'époque.
J'ai consulté et exploré , à la Bibliothèque impériale de Vienne , un recueil de lettres de M. deBrézé, grand sénéchal de Normandie , sous le règne de François I*'. Dans x^s textes, encore inédits et importants pour l'histoire politique de la France, il se rencontre plus d'un témoignage de ce genre , et je donnerais volontiers quelques-unes de ces lettres où le sénéchal réclame avec instance tous les genres de faveurs , si je tenais moins à ne pas franchir le domaine de la littérature et des mœurs , et si je ne craignais de me laisser entraîner dans celui de la politique. Or, c'est à ce dernier qu'appartiennent les documents en question.
Cependant je ne puis m'empécher d*imprimer une de ces lettres, qui est exclusivement du domaine des mœurs. Elle a pour objet une réclamation relative à une somme qui était allouée à Fauteur pour son plat, et que Messieurs des comptes ne voulaient pas reconnaître.
Avant de donner ce petit document si curieux, je dois faire remarquer que M. de Brézé n'ayant eu à cet égard qu'une promesse personnelle de la part du roi, et ayant conçu quelque inquiétude lorsque François T' tomba en captivité, n'hésita pas un instant, malgré la consternation générale et l'embarras des finances , d'écrire à la régente du royaume pour se Caire rassurer à cet égard. C'est du moins ce qu'il semble nous apprendre lui-même dans sa lettre.
M. de Brézé nous apprend plus , c'est que tout cela ne fut pas trouvé en règle, et que Messieurs des comptes, malgré les paroles du roi et les lettres de sa mère, osèrent faire leur devoir. Cela se comprend. Us savaient parfaitement que Louise de Savoie voulait bien ôtre prodigue pour son compte, mais ne pas souffrir de désordre chez les autres.
Écoutons M. de Brézé.