MARIE STUART A PHILIPPE IL
[Autographe eigoé. — Bibliothèque publique de Saint-Dié.J
Sheffield, 12 octobre [15...]
Monsieur mon bon frère, Tancienne amitié contractée entre la duchesse de Feria et moy, et l'obligation que je luy ay pour les bons offices qu'elle a faicts pour moy et les miens , m'obligent d'avoir soing de sa préservation. C'est pourquoy, ayant entendu qu'elle est devenue maladive, et que l'ayr du pays luy est un peu contraire , j'ay entrepris de TOUS supplier de luy commander de changer de pays pour essayer de recouvrer sa santé et prolonger sa vie, laquelle je sçay sera tousjours dédiée à vostre service très-fidellement en [quelque] lieu qu'elle demeure. Je sçay que ces (sic) parens serront solicités, mays que pour le respect, digne de rhonneor qu'elle a receu par le sçu de son mari en Tostre pays , pour rien elle n'aquiessera , si il ne vous plest , par Tamour de moy et de ses mérites, la descharger de telles cérémonies, en cas si important que de sa vie.
Et je m'en sentiray d'autant plus obligée vers
vous, que je Tay chère; priant Dieu, Monsieur mon bon frère , vous avoir en sa sainte et digne garde.
Yostre très affectionnée bonne sœur et cousine,
Marie.
Sheffield, m d'ociohre.
On lit à l'extérieur les lignes suivantes écrites d'une main peu exercée : « The quene of Scoilands leter to the king of Spaine concerning the duchés coraing in oui of Spaine ,• c'est-à-dire , ■ Lettre de la reine d'Ecosse au roi d'Espagne, concernant la duchesse devant sortir d'Espagne. »
Celte lettre , du format in*folio , parait autographe ; la signature l'est dans tous les cas.
A Textérieur elle porte cette adresse ; « Au Roy catholique Monsieur mon bon frère. >