DE MONCRIF
REMARQUES SUR CETTE LETTRE
C'est une espèce de gazette qui rappelle un peu les lettres de Ménage, sauf la tournure de discours académique qui dépare le commencement de celle-ci. Quelques locutions plus ambitieuses que justes en déparent la suite, et les tourbillons , qui ne laissent pas à l'auteur le temps d'entretenir les commerces qui lui plaisent, présentent une figure assez vicieuse. Cependant le style de Moncrif a des côtés brillants , et sa p(însée est souvent aussi ingénieuse qu'elle est bien rendue.
Ce qui domine dans 1«^ forme et dans la pensée du spirituel correspondant, c'est le désir de plaire. Il veut plaire h Formey, à d'Argct, au roi de Prusse , auquel Formey doit faire sa cour chaque fois qu'il en pourra saisir l'occasion , à M. deMaupertuis, à M. de Voltaire.
Il voudrait plaire à Fréron lui-même, si le gazetier, en rendant compte , dans sa feuille périodique , d'un ouvrage de M. de Voltaire , n'avait pas abusé de la tolérance que lui accordait le gouvernement.