XL VI
LETTRE DE BOCHART A GROiNOViUS.
NOTK WTRODUCTIVE.
(îronovius avait à Paris d'autres correspondants, deux hommes d'une grande érudition , passionnés l'un et l'autre pour l'étude de l'Orient, célèbres à des titres divers , mais estimés et chéris de leurs contemporains tous les deux.
C'étaient Bochart et Thévenot.
Nous donnerons une lettre inédite de chacun d'eux , afin de faire voir d'une manière plus complète la situation et les rapports de ceux qui cultivaient les lettres à cette époque.
Bochard n'était qu'un savant. Ministre prolestant à Caen, il n'avait aucun crédit à la cour de France. La reine Christine le distinguait et l'avait même appelé près d'elle. Les érudits, et surtout son ami Huet, l'évèque d'Avranche, en faisaient grand cas. Mais il n'était pas en position de procurer des faveurs à ceux qui recherchaient les regards des grands. A peu près banni de la cour de France , revenu de celle de Suède comme il y était allé, n'aimant que les études de l'antiquité , qu'il aimait trop et un peu au détriment de son ministère pastoral, il ne put transmettre à Gronovius que des nouvelles purement littéraires.
Je me trompe. 11 y ajoute une nouvelle religieuse. Mais en vérité il eût mieux fait de s'en abstenir. Avec quelle sèche-
resse il la donne, et à quels rej^rets elle le conduit! L'érudition ravage comme toutes les autres passions. Celle de Bochart a commencé par ravager son style et fini par atteindre jusqu'à ses sentiments les plus sacrés. Mais écoutons sa gazette.