SCARRON A M. NUBLÉ
[Autographe.— Bibliothèque impériale de Vienne, manuscrits Hohendorf, 135, 2, lettre 303.]
[Avant 1656 •.]
J'ay une extrême enuie de vous voir, mais je ne puis sortir, faulte d'habit d'esté, et je noserois pas ciuillement^ vous prier de faire le long Irajest du Marais au fauxbourg, pour venir voir une personne qui ne faictque vous donner de la peine et ne vous sert de rien.
Je ne sortiray point de toute la semaine. Si vous venes ches monsieur du Puy, ou quelque aultre part près de mon logis, vous mobligeres infiniment si vous vous donnes la peine de me venir voir.
Je ne scay si madame de Choisy aura leu ma co-
* La lettre n'est pas datée. Comme elle cite un des frères Dupuy, j'ignore lequel, et qu'ils sont morts l'un en 1051, l'autre en 1654, il est évident qu'elle est antérieure à cette dernière date. Le nom de M"* de Choisy pourra fournir peut-être une indication plus précise.
* « Sans manquer à la civilité. »
inedie et si elle lui aura pieu ; jay bien peur quelle m'aura donné auprès délie la réputation d'un grand fou.
Tel que je suis, je Ihonnore extrêmement, et monsieur son mary aussy.
La première fois que je sortiray , jiray scandalliser encore toute leur maison pour ma figure irrégulière.
Ce pendant je suis comme je serai toute ma vie, Monsieur,
Vostre très humble et très obéissant serviteur,