‹ Lettres et souvenirs d'enseignement d'Eugène GandarChapitre 30 sur 57 · BeUori et Félibien · texte numérisé non relu

BeUori et Félibien

2. Borel d'Hauterive, Annuaire de la nobleste de France 1852, p. 220.

3. « Ceux qui l'ont conua assurent qu'il était de noble famille m^ qu'il avait peu de bien. » (Félibien.)

LES ANDELYS ET NICOLAS POUSSIN. 3ii

ViUers, qui en est une dépendance. C'est là que naquit, en iS94, s'il faut en croire ses biographes du dixseptième siècle, et au mois de juin, selon l'indication plus précise de Félibien, un enfant qui devait être le grand Poussin.

Il est à regretter que l'acte de naissance de Nicolas Poussin ait disparu dans les registres de l'état civil du Grand-Andely. Peut-être M. de La Rochefoucault l'at-il tenu entre ses mains, lorsqu'il écrivit, en 1813, sa Notice historique sur r arrondissement desAndelys. M. de La Rochefoucault fait naître Poussin en 1593 et le 15 juin. L'indication du jour ne se trouvait nulle part. L'indication de l'année est en contradiction avec tous les témoignages antérieurs ^ Il est difficile de supposer que M. de La Rochefoucauld ait imaginé ces deux chiffres, et assez naturel d'admettre qu'il les avait trouvés dans les registres authentiques, plus complets apparemment qu'aujourd'hui, et qu'il était à même de consulter, puisqu'il habitait alors, comme souspréfet, les bâtiments de l'Hôtel-de-Ville.

Il peut rester des doutes sur la date, mais non sur le lieu de naissance de Poussin. Quelle que soit la part du hasard dans le mariage d'un soldat soissonnais avec la veuve d'un procureur de Vernon, et dans la venue au monde de cet enfant qui vit le jour en Nor-

1 . EHe s'accorde au contraire très-bien avec Tacte de décès : » Hor\ in età di 72 anni. » En signant ses deux portraits, Pous^sin se donne 55 ans en 1649, 56 ans en 1650. Or, sa correspondance montre qu'ils ont été faits l'un et Vautre avant le mois de juin. Mais de tels calcals sont trop spécieux, et la question demeure à mes yeux indécise. Le seul acte de naissance aurait pu la trancher.

mandie, mais qui porta un nom picard ou manceau, l'affirmation de Bellori et de Sandrart * qui ont connu Poussin à Rome; ceUe de Félibien qui contrôle les renseignements écrits de Bellori par les souvenirs personnels de son commerce avec Poussin et les notes de Jean Dughet, son beau-frère ^ ; celle de Thomas Corneille ', qui vint écrire au Grand-Andely ses derniers ouvrages; enfin l'affirmation de Poussin luimême, qui est le principe de toutes les autres et qui les rend toutes inutiles, ne laissent aucune incertitude sur ce point.

Le Grand-Andely est le pays de sa mère ; il y est né, il y a passé toute son enfance et les premières années de sa jeunesse. J'ai parlé de la tradition, confirmée par des actes de vente, qui désigne encore au hameau de \illers le clos des Poussin et l'emplacement de leur maison. Des actes de baptême attestent que Nicolas Poussin fut parrain à Andely, dans sa paroisse, le 6 août «609, le 13 février 1610 ^ On a su de luimême qu'il était âgé de dix-huit ans lorsqu'il abandonna pour la première fois sa famille et son pays natal; et qu'à ce moment décisif de sa carrière, il avait

1. L'oarrage de Bellori {Le vite de* PUiori, etc.) parut à Rome en 1672, et celui de rallemand Sandrart {UAcademia Tode$ca, etc.) à Nuremberg en 1676, l'un et l'autre très-peu d'années après la mort de Poussin. La quatrième partie des Entretiem de Félibien parut en

2. • II est vrai que, dans un mémoire que j'ai eu du sieur Jean Dughet, touchant quelques particularités de la vie et des ouvrages du Poussin, son beau-frère... » (S» Entretien,)

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