‹ Lettres et souvenirs d'enseignement d'Eugène GandarChapitre 50 sur 57 · T. 1, p. 1 et 8u1t · texte numérisé non relu

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Belaisement, sa mère. Par une rencontre assez curieuse que M. de Cheonevières signale, en avertissant qu'il n'y faut pas prendre garde , le ûUeui de Poussin, Nicolas Varin, porte le Dom de Quintin Tarin, le premier, le seul maître de notre grand peintre.

« Ce sont les parents de Poussin qui figurent dans l'acte de vente que M. de Ruville et M. de Cbennevières ont publié à la suite des actes de baptême. Mais l'objet et surtout la date de ce contrat ont permis de conjecturer que Pous:<in lui-môme y fut intéressé de sa personne. En effets le Vd septembre 1613, devant le notaire Dieupart, son père et sa mère cèdent vingt perches de terre> ou environ, à un habitant de Viljers. Veuve d'un gentilhomme, qui avait servi dans le régiment de Tavannes (telle est du moins la version de fiellori et de Fëlibien), Marie Delaisement ne savait pas écrire. Au bas d'un contrat, la mère de Poussin, comme la ûile de Shakspeare, mettait sa marque. Son mari, qui l'assiste et l'autome dûment (c'est à elle qu'appartenait en propre la terre vendue), signe très-lisiblement Jehan Poussm, sans y ajouter, ainsi que les éditeurs l'ont observé, aucune qualification nobiliaire qui distingue sa condition de celle de Tacquéreur, Nicolas Farain, lahoureui\ ou du témoin, Pierre Besnier, maçon. Le bout de terre fut payé treize livres tournois a avec trente sols, » en monnaie ayant cours et comptant. Ces treize livres avec trente soL«, prix d'un bien héréditaire dont il avait fallu se dessaisir, seraient-elles tout ce qu'une famille honnête, mais pauvre» put donner, le jour des adieux, à un fils que sa destinée entraînait au loin, ou lui envoyer, lorsqu'à son retour du Poitou (rapprochez les dates), il tomba malade à Paris, sans aucune ressource pour payer les soins que sa santé exigeait et regagner, après de (pénibles épreuves, le toit paternel?

a D'un autre acte, que M. de Ruville publiera sans doute, il résulte que, vingt et un ans plus tard, le 2 mars 163d. Marie Delaisement vendit encore deux acres de terre. Mais à cette date elle était veuve, « veuve do défunt Jehan Poussin, » sans un mot de plnSy comme dans l'acte de 16ir. Quelle est Tépoquo

de ce nouveau veuvage? Jean Poussin avait-il cesse de vivre en 4624, lorsque son fils partit pour Rome? Marie Delaisement Tavait-elle rejoint dans la tombe en 1639, lorsque Poussia témoigne si peu d'empressement à venir en France, en 1642, lorsqu'il laisse éclater un si vif désir de repartir pour Rome, d'où il ne reviendra plus ? Pour ma part, j'attacherais quelque prix à des documents qui nous feraient connaître d'une manière précise la force des liens que Poussin brisa pour suivre sa tocation, lorsqu'il s'éloigna de» Andelys, lorsqu'à deux reprises il quitta la France.

« Laissait- il derrière lui, dans la maison paternelle, an frère, des sœurs, sur lesquels il pût se reposer du soin de remplir le devoir filial qu'il sacrifiait à d'autres devoirs ? H. Mesteil me communique un extrait du registre de la paroisse du Petit- Andely, portant qu'une Jeanne Pouchin y fut marraine le !•' février 4604. M. Raymond Bordeaux avait déjà communiqué aux Archives de VArt français ^ une profession de foi retrouvée par Bf. Alph. Chassant dans les archives de l'hospice Saint-Jacques du Petit- Andely, et signée du nom d* Antoinette Poussin, A son tour, H. Letailleur, secrétaire de la mairie des Andelys, possède une liste des quarante-quatre religieuses professes qui composaient en 1645 la communauté de Saint-Jean, au Grand* Andely : trois d'entre elles portent le nom de Poussin. Elles sont dotées comme des sœurs : Marie de la Croix figure sur l'état pour une renie de deux cents livres ; pareille rente a été constituée sur les trois milles livres que Fare a données» et le sera sur les trois mille livres q\i*Angdique promet ; car celle-ci vient à peine de prendre le voile (novembre 1645). Marie de la Croix, Fare, Angélique, Antoinette, étaient-elles des sœurs de Poussin 7 L'hypothèse est séduisante. L^imagination se reporte aisément au sacrifice de Philippe de Champagne, aux larmes de Racine. Comme le disciple et l'ami de Port-Royal , il semble que le peintre des Sacrements était digne de voir, à défaut d'une fille de son sang, des sœurs élevées avec lui par une pieuse

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