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chant
“Si un acte de la vie des oiseaux merite d’être accompagné de joie, c’est celui du renouvellement et de multiplication des espèces, de la participation à la création perpétuelle d’une partie du monde.
Or, nous voyons que, dans les phases diverses de la reproduction, les oiseaux, en général, donnent la meilleure partie de leur chant.
“1 y a d’abord les promesses de mariage faites et acceptées librement, nullement déterminées par la richesse d’une dot ou des espérances ambitieuses, mais uniquement inspirées par les attractions du cœur.
“Ensuite les noces qui duren autant que la ponte, pendant lesquelles l’ardeur, l’entrain et la constance donnent lieu à d’étourdissantes chansons. |
“Arrive bien vite l’incubation, l'élevage des petits au nid et hors du nid, période relativement longue et pendant laquelle les chants retentissent encore.
‘Tandis que l'épouse devenue mére est conime enchainée à ses œufs, le mari, embrasé à son tour de lPamour paternel, monte sur son observatoir et, les yeux fixés sur le berçeau auquel sont confiées tant d’espérances, il veille, et, quand il le faut, il porte de la nourriture à la mère. Pendant l’élevage des petits malgré les fatigues et jes peines, il chante encore à gorge déployée. Les garçons et les fillettes sont si intéressants ! :
«A chaque ponte mêmes manifestations, et ainsi passe le printemps au milieu des chants de famille des oiseaux.
“Après r'élevage, la famille se disperse et part bientôt pour l'exil, adieu les chants.
“Cependant tout n’est pas fini avec cet esprit de famille, il v a encore uae phase importante des relations de sociétc.
«Dès la fin de juillet, les moineaux jeunes et vieux se montrent en bandes qui, soir et matin, ont les conversations Îles plus animées et les plus enjouées.
“Les hirondelles forment parfois par leur nombre des espèces de nuages. Les alouettes habitant la même contrée se complaisent à mêler leurs chants.
“Autre satisfaction. Malgré ces facilités de locomotion, loiseau ne se déplace pas sans quelque peine, il ne connait si bien les ressources du pays qu’en y séjournant.
‘Cela est surtout vrai, quand il y a un nid à faire, une famille à élever. Par la force des choses, il plante donc sa tente sur un point quelconque des contrées préparées par son espèce. Ce lieu n’est pas pour lui un simple terrain qui rappelle et renouvelle par le souvenir tous les bienfaits dont il a joui; mais on ne peut pas douter que loiseau n'ait un culte particulier pour l'arbre sur les branches duquel lui et ses petits ont été bercés, pour les plantes qui lui ont fourni la nourriture, pour le lieu où il a éprouvé tant de jouissances.
‘Aussi la règle générale est qu’il revient au même lieu ; Phirondelle rustique à son arrivée se plait à gazouiller les joiss.du re tour dans la patrie.
‘t[nconstestablement encore l'oiseau perçoit le beau, sans doute pas à notre facon ; mais il en jouit et le proclame dans ses chants.
‘Pourquoi le beau plus que le monotone et le laid ne serait-il pas, même pour les oiseaux, li forme de ce que leur imagination peut concevoir Ge plus grand, de plus puissant, et de meilleur.
“En cflet, lalouette chante la lumière et le soleil. La fauvette à tète noire dans une jolie chambretis de verdure ne peut conienir sa joie.
“Comment ne pas encore chanter la cueillette des fruits. Ecoutez plutôt ces chardonnerets qui fredonnent leurs petits airs en cher” chant fes graines dans le coton des plantes.
S'il aime la cueillette, l'oiseau adore la chasse, c'est la chasse permanente. L'ouverture commence au sortir du nid et il n’y a d’autre clôture qu'à li mort. Les jours de chasse ne comptent pas dans la \l
7 iurit LelkKadet?
Vie. disait G-CI-INUCUCT :
‘Que ne doivent pas être alors les transports des oïseaux chasseurs. Aussi écoutons ces cris de fanfares et d'hallalt de l'hirondeille, SUIVI qu lqui fois de œazoutllement oTACIeUx et joyeux.
Par cela mème qu'il est chasseur, Foiseau apprécie d'autant plus le bonheur de ne pas être chasser.
“Quand une grive à cchappé à un busard et qu'elle est revenue de sa fraveur, ce qu'elle chante n'est-ce pas l'hymne de la paix ?
él n'est pas défendu assmément à un oiseau de bien diner, de bien do mil CI Pen tre satisfait au YHoint de Le dire el de le ‘hanter. Aussi le pinson semble souvent éntonner Et chanson de table et au
réveil les moineaux sont quelquesfois dans une jubilation étourdis-
sante ; les festins perpétuels des oiseaux leur donnent des joies sans borne.
Enfin quand les oiseaux, au moment des migration et des gelées printanières ont été à l'épreuve du froid, ils apprécient d'autant plus la température chaude ou modérée— :les hirondelles en s’étalant au soleil, gazouillent agréablement
“Est-ce là tout ce qu'exprime le chant des oiseaux ?
Rappelons-nous ce que nous avons dit. Dieu a fait avant tout de l'oiseau un éliminateur et ainsi un ser -iteur de l’homme : mais les actes qu’en cela il accomplit sont en même temps indispensables à sa vie et à son bien-être.—Il est donc très-intéressé à s'acquitter de sa tâche d'éliminateur et, quoique d’une manière inconsciente, il la remplit parfaitement.
“De même, quand ce gracieux animal chante, il a le plaisir d’exé ter et ainsi de doubler son bonheur, comme aussi de le manifester à sa famille et à d’autres oiseaux: mais ce serait s'arrêter à la surface des choses que de ne pas voir d'autre signification à un si grand fait. Si les fleurs ont été créestnon pas pour elle-mêmes, mais afin de porter des parfums et d’étaler sous nos regards les formes les plus gTACIEUSCS unies aux couleurs les plus éclatantes, les oiseaux ont éte chargés de donner de merveilleux concerts.”
Avouez-le avec moi, cher M. Kirby, loiseau a trouvé dans M, Lescuver un aimable et un ingénieux biographe. Nous y revien
drons.
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