LESCUYER
La classe des oiseaux possède plusieurs avantages sur celle des quadrupèdes et celle des poissons.
Son organisation lui présage une toute autre destinée. Ses ailes Lai donnent eu apanageies plaines duciel aussi bien que celles de la terre. Le mystérieux instinct de Et repro luction, L: changement alternatif des saisons, en la poussant d'une contrée à laatre, de l'équateur au pôle, et v/ e versa, lui assurent une existence ariée, mobiles acrienne, indépendante, accilentse, mieux remplie
l'andis que le cétacé s'enfonce, silencieux avec son triste nourisson, sous les glaces du pôle: que lt serpent rampe en sifflant ; que le lion remplit de ses rugissement: lesaiFreuses solitudes de l'Afrique ; le rossignol d’Itaiie, Le roi du chant, contera langoureusementses peines aux échos de la nuit ; l'allègre slouctte, le gloire de la France, bercée sur un rayon de Paurore, immobile au haut des airs, laissera descene dre sa divine canzonetta ; le moqueur de Virginie, artiste incomparable, éblouira son auditoire par son talent d'imitation. Parmi les êtres crées que les rôles sont diférents !
Les espèces chantantes ‘sont donc des créatures prévilésiées. Elles ont en partage quelques étincelles de plus du feu d'en haut: ce sont les poëtes du monde aîlé. Suaves ménestrels, messagers du printemps, salut!
Les Romains faisaient grand cas de ce don de la mélodie chez les oiseaux : le rossignol blanc de l'impératrice Agrippine avait coûté 6,000 sesterces (53,000). * Ce prix exhorbitant, dit Toussenel, re sela valeur courante des bons rossignols
rait encore que la moitié de
au Japon. Les historiens rapportent que la passion des rossignols était endémique dans la famille des Césars, et que Drusus et Britanicus, fils de C'laude, possédaient plusieurs de ces oiseaux qui savaient plusieurs langues et parlaient indifféremment le latin et le grec. Conrad Gressner à raconté aussi sérieusement l’histoire de deux rossignols de Ratisbonne qui avaient l'habitude de racontef en allemand, la nuit surtout, ce qu'ils avaient entendu dire autour d’sux pendant le jour, Jai peine à admettre que tout soit vrai dans ces récits.”
Le moqueur d'Amérique se vend quelques fois cher: cent piastres pour un bon chanteur est un prix assez Commun. Que‘ques individus spécialement doués ont été pavés jusqu'à deux cents piastres: La description du moqueur a fourni à Audubon un de ses tableaux ornithologiques Îles plus animés. Que de beaux traités ont vu le jour sur là prérogative du chant chez les oiseaux! MacGilvrav, Sweet, Reenie, Montague. Bewick. Broderip, en Angieterre, ont écrit d’admirables dissertations sur le ramage des grives, des merles, des bouvreuils, des chardonnerets, des alouettes de la Grande Bretagne.
L'hon. Daines Barrington, un esprit très sérieux, dans les 2##0s0- Phical Transactions pour launée 1773, propose divers plans pour améliorer la voix de certains oiseaux en combinant avec leur harmonie propreles notes d’autres espèces, retenue en cage dansle voisinage. Cette thèse plus tard,—en 1800,—ctait traitée en sens contraire par Herr Gainborg, un savant de Copenhague. On peut modifier ie chant des oiseaux en état de captivité, c’est admis: mais ce qui l’est moins, c’est qu'il soit possible, où désirabie même, de perfectionner de la même manière les notes des oiseaux restés sauvages.
‘* La mélodie des oiseaux, dit Broderip, s'adresse au cœur de tous. Qui nous dira la cause première qui, à la saison des feuilles, communique aux buissons, aux rochers, aux ruisseaux, ces voix hat monieuses qui nous enchantent? On a beaucop disserté sur ce mystère. L'examen des opinions émises, aidé de notre expérience person-
nelle, nous porterait à croire qu’à cette saison, c’est l'amour et l’es-
prit de rivalité qui, chez les animaux, sont les deux principaux mobiles ; bien que nous n'irions pas jusqu’à.nier qu’un oiseau ne puisse chanter de guieté de cœur, en revisitant les lieux chéris, le berceau qui l’a vu naître, un doux pays plein de subsistance.
‘En Angleterre, l’époque des amours est incontestablement le signal de l'harmonie chez la gente emplumée.
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“The Isle is ful} of pleusant noise, “Sounds and sweet airs that give delight.”
«Cette période du chant, on peut la limiter à dix semaines, pour la plupart de nos oiseaux sauvages. Mais il n’y a pas derègle sans exception. Nous avons souvenance d’une grive, d’un gosier sans pareil, qui a prolongé sa mélodie jusqu’à une époque avancé en septembre ; et pourtant nous ne pûmes lui découvrir une compagne. Le robin chante dans nos jardins, en automne, longtemps après avoir couvé, et plusieurs oiseaux en volière, si on en a bien soin, chanteront la plus grande partie de l’année.”’— Zoo/2g ical Recreations.
Les oiseaux ont un langage commun pour se communiquer leurs désirs, leurs besoins.
Chez eux, la joie, l'amour aura ses accents, aussi bien que la tristesse le courroux, l’etfroi. C’est en imitant ces divers cris, que le perfide oiseleur trouve le secret de les faire tomber dansses embüches meurtrières. A quelques exceptions près, le don de l'harmonie est réservé aux mâles ; dans une cage de cent serins miles, la femelle la plus vive, la mieux douée, se choisira l'artiste le plus accompli, celui don‘ le ramage lui va le plus au cœur.
Dans l’éducation musicale des serins, des chardonnerets, des merles, des bouvreuils, on emploie ordinairement ce qu’on appelle serinette: l'air se répète aux mêmes heures, avant ou après le repas, et le captif n’entend jamais d'autre musique ; la voix de ses semblables lui est interdite ; on commence la leçon dès qu’il est sarti du nid. Quand aux perroquets, corbeaux, etc., on se contente de leur apprendre à siffler ou à imiter la voix humaine. Certains oiseaux sauvages chanteront pendant le jour: quelques-uns, en p-tit nombre, chanteront
la nuit. La majorité attend le lever ou le coucher du soleil pour monter leur orchestre.
D'après Syme, Île chant des oiseaux se divise en six parties :
Premièrement, l'appel du mâle, au printemps : |
Deuxièmement, la note de défi ;
Troisièmement, la douce, mélodieuse et tendre cantate de l’amant ;
Quatrièmement, le faible cri de la peur, quand le danger menace
le nid; Cinquièmement, le cri d'alarme, provocateur, quand l'oiseau de proie se montre ;
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