lettres francaises du xiiie siecle
L L’auTEUR. — Jean Sarrasin appartenait à une famille de grande bourgeoisie parisienne. Déjà au xr° siècle, les Arrode, les Barbette, les Gencien, les Marcel, les Sarrasin jouaientun rôle important dans l'entourage üu roi etdans l’administration dela capitale. Après avoir été comptable au service d’Aiphonse de Poitiers, Jean Sarrasin devint chambellan de saint Louis. Il accompagna son maître en Orient lors de la septième Croisade. Témoin de la prise de Damiette, il en envoya le récit à son ami Nicolas Arrode. C’est peut-être à son retour en France que Sarrasin devint comptable de l’hôtel du roi, fonction qu'il devait conserver jusqu’à sa mort. Des tablettes de cire, qui se trouvent encore aux Archives Nationales, renferment le brouillon de ses comptes pour les trois exercices compris entre la Chandeleur 1256 et la Toussaint 1257 Lorsque mourut Étienne Barbette, Sarrasin épousa sa veuve Agnès et lui succéda comme voyer de Paris. La veille de Noël, l'an 1270, il faisait rédiger un petit traité des droits du yoyer ?.
Sarrasin ne semble pas avoir accompagné saint Louis à Tunis. Après la mort de ce prince, Philippe III lui montra la mème faveur que son père. Sarrasin figure sur les deux
1. Natalis de Wailly en a publié le texte, Hist. de Fr., XXI, 284-
2. Publié par Brussel, Usage général des fiefs en France, IL, 741-