‹ Lettres françaises inédites de Joseph ScaligerChapitre 24 sur 37 · A MONSIEUR GOULART, A GENÈVE · texte numérisé non relu

A MONSIEUR GOULART, A GENÈVE

« J'ai receu la vostre par laquelle je suis débouté de l'espérance que j'avois des livres hebrieus de M. de Beze puisque leuit sieur les a vendus avec le reste de sa librairie. S'il i a quelque livre un peu rare, il est incontinent envié et enchéri voire par des ignorans, tellement que le peu de livres

' Scaliger redemande, en finissant, le livre De Anno Persico, ajoutant : « J'ai esté Je premier qui ait descouvert ceste matière là, n'estant aidé que de petitz mémoires que je receus escriz en Arabie l'an 1584.» Le môme jour, Scaliger demande aux MM. Du Puy (vol. 496, fol. 141) • un Synesius de Turnebus, à quelque prix que ce soit, un Gilles Courrouzet (sic) des Antiquités de Paris. »

' Le 25 avril suivant [Ibid,, fol. 63), Scaliger entretient ainsi de Thou de Clavius et de Viète :« Je parle bien au lourdaud de Glavius, comme il en est très digne. Mais vous pouvés cognoistre un qui s'est meslé de ceste matière, où il s'est autant rendu ridicule, que Clavius odieus , ceslui-ci pour 9a vanité , Clavius pour son impudence.*, »

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que j'ai peu assembler me coûte au sextuple plus que ne vault la marchandise.* >

(De Leyde, ce xni juin-julien 1603. — Vol. 496, fol. 217.)

AU MÊME

« Il i a long temps que je n*ai eu nouvelles de H. Charnier et désire savoir s'il ne poursuict point son œuvre des Albigeois. Mon Eusebe est tout pre^t. Mais je ne puis trouver imprimeur qui puisse encore imprimer mon livre, tous estans occupés h imprimer aultres livres, qui ne sont pas de plus grand mente que celui que j'ai en main, qui est par la grâce de Dieu en tel estât, que je puis asseurer que ce seroit grand dommage, s'il n'estoit en veue du monde, quand ce ne seroit pour aultre raison que pour faire mentir les Jésuites de Bourdeaux, qui m'estiment mal propre pour entreprendre une telle besogne qui appartient plustost à un catholique qu'à un calviniste. Je prens cependant patience, en attendant que la chose mesmes en face foi et que Dieu descouvre la calomnie, lequel je prierai, etc. »

(De Leyde, ce xvii aoust-julien 1603. — /btd., fol. 218.)

A J.-A. DE THOU

« ... Le malheur est que l'imprimeur qui doibt imprimer mon livre est encores occupé après de petiz fatras, desquels estant despechéil mettra la main à mon œuvre... J'ose bien dire que ce seroit un grand dommage, si mon Eusebe ne voioit le monde, encores que nous soions plongés en la barbarie et nous y plongeons plus avant que jamais. Le volume sera assés gros. Je crains que l'Evesqne de Bazas ne

* Parmi les livres demandés à Goulart, Scaliger signale un Saxo Grammaticus de Rébus Danicis, un Olaus Magnus.

DB lOflPH SG4U6B1. 319

nous baille une fausse alarme, pensant nous deslourner de nostre entreprise.* »

(De Leyde, 29 septembre 1603. — Vol. 838, fol- 65.)

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