A GOULART
« . . Mon Eusebe est sur la presse. L'Evesque de Bazas faict imprimer le sien à Bourdeaux à Tenvi. Ce que j'ai desja veu de ses notes ne me rebute poinct de mon entreprise. Je vous prie de faire en sorte que M. Chamier nous donne l'histoire des Albigeois, et l'advertir, comme j'ai faict, de se servir du
* Scaliger continue en posant ce dilemne : ou il ne fera point imprimer son livre, ou ce sera la montagne qui accouche d'une souris, et en lançant cette épigramme k son devancier : « Je sai bien qu'il ne dira rien de ce que j'ai dict, non plus que moi de ce qu'il dira.* Une autre lettre à de Thou, du 17 janvier 4604 {Ibid,, fol, 66) roule encore sur VEusèbe : « J'espère que Dieu me fera la grâce que vous et les gens d'honneur et de savoir prendrés goust en ceste édition, laquelle sera toute aultre qu'on ne pense. J'ai pris une grand'peine pour l'embellir et la rendre digne de l'espérance que quelques gens en ont conceu. » Scaliger parle ensuite du bon traitement qu'il reçoit en Hollande, « qui tousjours a continué de mieux en mieux. »
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livre de H. Constans de Montauban, et de ne mespriser poiiict ce conseil. Je lis vostre édition de St Cyprian, où j*ai pris tel goust, que je n'ai poinct d'envie de la desemparer que je ne Taie de tout leue. Certes vostre labeur est louable et qui servira beaucoup. Pamelius estoit bien versé en la lecture des Pères, et je lui ai donné ce tesmoignage. Mais la Pappomanie le transporte et en un instant il se transfigure d'un homme à un aultre. Je vous prie de me faire ce bien, que de m'envoier, si vous le pouvés trouver, le catéchisme grec de Henri Estienne imprimé par lui-mesme. J'en trouve imprimé par aultres, mais il est mutilé.* »
(De Leyde, ce a mars-julien t604. - Yol. 496, fol. 219 )
AU MÊME
• . . J'oserai bien dire que par beaucoup de raisons il est expédient que ce li\Te \YEusebe] voie le soleil. Je n'en dirai aultre chose en attendant que l'Evesque de Bazasen Guienne ait faict imprimer le sien, qui est si despit, aiant entendu que j'avoie besogné sur cest auteur, qu'il pense avoir receu une grande injure de ce qu'un calviniste, comme il dit, ait osé mettre la main en un lieu de la Saincte Escriture. J^ai veu quelque eschantillori do ses notes.. . » Après avoir redemandé le Saxo Grammaticus imprimé par Jodocus Badius, le catéchisme grec de Henri Estienne imprimé par l'auteur même et V Apologie pour Hérodote, Scaliger reprend : € J'ad*
* Dans le Posù-Scriptum de cette lettre, Scaliger parle ainsi de Théodore de Bèze : « Je salue toute la compagnie, et principalement le bon père à Tâge duquel je ne pense jamais parvenir, non plus qu'à ses perfections. » Dans le Post-Scriptum de la lettre à Goulart du 17 août 1603, Scaliger avait déjà rappelé en ces termes la belle vieillesse de Th. de Beze : « Le bon Pater qui se porte si bien pour son âge a XXI ans de plus que moi. »
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jouste aussi qu'il vous plaise de retirer de M. Charnier tout ce qu'il a recueilli des Albigeois, et en faire un bon livre, car vous estes propre à faire cela. 11 est vrai qu'il i a des livres de ces Albigeois escriz en langage de Guienne et Lan* guedoc que vous n'entendrés pas bien, si on ne vous les explique. Nostre pouvre Oslende est en grand danger, estant assaillie de près. Mon cousin M. de Rocques commande à ix compagnies de François, qui sont là avec plus de lx aultres compagnies. Dieu seul peult garder caste place. Je le prierai, etc. Je salue toute la compagnie, et le bon pater qui vivra autant que Moïse. »
(De Leyde, ce xxvi mars 1604. — Ibid., fol. 220.)
Extrait de quelques lettres de J. Scaliger (1605-1606-1607).