‹ Lettres françaises inédites de Joseph ScaligerChapitre 27 sur 37 · A MONSIEUR DU PUT, A PARIS · texte numérisé non relu

A MONSIEUR DU PUT, A PARIS

« J'ai receu un si grand contentement en vostre lettre, que je ne vous le puis exprimer, non plus que vous en remercier selon que vous le mérités. J'ni tant aimé Monsieur du Pui, vostre père, que je ne puis faire de moins que de continuer ce devoir d'amitié envers ses enfants. Et certes vous ne pouvés avoir aujourd'hui amitié plus soure que celle que j'ai voué à tous vous aultres messieurs fiz d'un si grand homme de bien,* si accompli de vertus et de toutes bonnes qualités.

* Voir sur cette expression mon Antoine de Noailles à Bordeaux (in-8', Bordeaux, 1878, p. 86, note 1, et p. 93, note i;.

98S LimSl fMAHÇAIflS méDITBf

Il n'i a que quatre jours que j'ai escrit à M. Augustin, votre frère. . » Parlant ensuite de Casaubon, Scaliger lui donne ce magnifique éloge : « Je ne sache aujourd'hui aulcun qai ait pénétré si avant en ceste langue [la langue grecque] que 1q seul Monsieur Casaubon. C'est la vérité qui me le faict dire et non affection qui me transporte, car je sai bien ce que je di. Aussi puis-je dire que quand il mourra, la perfection d^ cette langue mourra avec lui. . . » La lettre se termine ainsi : « Je ne suis pas prophète, mais je vois bien que beaucoup de choses s'acheminent de par delà, qui me font aimer le seur repos que j'ai ici avec honneste pouvreté, et me contenter de boire de la bière.* »

(De Leyde, 7 janvier 1605. — Vol. 496, fol. 150.)

A J.-A. DE THOU

Eusèbe « advance quelque peu selon l'humeur des ouvriers de ce pais. Aussi le volume est un peu gros. Je (n'ai encores veu celui de Bourdeaus, combien qu'on dit avoir esté veu entre les mains de quelques-uns à Paris, tellement que je me suis persuadé de le voir à ceste foire. Heynsius a faict imprimer une très belle harangue funèbre, avec plusieurs vers sur la mort de M, Douza seigneur de Nordwik, et il vous en envolera des exemplaires. C'est un fort gentil esprit qui surpasse son aage de beaucoup. Il ne se faict aultre chose par deçà qui mérite le parler. »

(De Leyde, 26 février 1605. — Vol. a38, fol. 69.)

' Si Scaliger se consolait de voir la lourde boisson des Hollandais remplacer dans son verre les gais et généreux vins de Gascogne, c'était à cause de la faveur dont jouissaient en France, lui semblaitril, ses bons ennemis les Jésuites.

M iotna 8CAU6M 3H3

Page 1