LETTRE X
Le mouvement de la navigation marchande anglaise, oabotixge non co^wpriSf nenplm que les navires sur ksty a donné, en entrées et en sor-
lies, {Kitir i 841 42,749 naviros.
et pour 1842 4Î,078 id.
D'après les documents officiels publiés par le Board of trade (ministère du commerce)^ le commercé général du Royaume-Uni s'est élevé, en 1841, à 4 mllltards 552 millions (valeurs officielles).
En 1842, le commerce général n'a atteint que 4 milliards 476 millions ; diminution produite en partie par la crise financière américaine, mais qui a été promptement comblée et dépassée depuis.
Le chiffre de ces valeurs officielles des échan* ges faits par le commerce anglais se divise ainsi :
Importation. . . . 1 ,609,449,000 f. 1,650,118,000 f. Exporta- jProd. angl. 2,554,513,000 2,506,503,6«)0 tion. (Prod.étrang. 368,070,000 339,604,000
Total. . . 4,532,032,000 4,476,225,000
Le commerce général de la France en 1842, d'après le tableau publié en 1845 par l'administration des douanes, représente, savoir :
En importations qui s'accroissent
annuellement 1,142,000,000 ft.
En exportations qui diminuent tous
les ans 940,000,000
Total. . . <i,^'^^,^SR!fe>^25S5F^^*
Observons qu'en i841 ce chiffre était de 2 milliards 187 millions : plus de cent millions de moins d'une année à l'autre !
La part du commerce de mer a été, dans ce dernier chiffre, de i, 525 millions. dont 865 millions par navires étrangers et 662 millions 5eulementVkR navires français.
Ces résultats ont suggéré à un économiste du XIX* siècle les tristes réflexions suivantes : « En 1788, lorsque la France était encore ri" che en colonies, elle y exportait annuellement pour une valeur de 119 millions, aujourd'hui elle n'y exporte tout au plus que pour une valeur de 50 à 60 millions. Et les produits de ses colonies qu'elle importait autrefois dans plusieurs parties de l'Europe, ne suflSsent plus aujourd'hui à ses propres besoins.... » — On sait, notamment , ce que la France a dû faire pour la fabrication du sucre, dans le grand développement de la culture de la betterave.
Voulons-nous constater, maintenant, les entrées et les sorties des navires opérant la navigation sur toutes les côtes de France? Nous voyons cette navigation faite non pas seulement par des Français et des étrangers ; mais, ce qui est plus désolant à enregistrer, c'est que les navires étrangers qui importent ou qui exportent
sont toujours supérieurs aux navires français. En effet, nous voyons à l'entrée :
Navires français. . . 6,955 jaugeant 705,756 ton. Navires étrangers . . 7,822 id. 979,324
Total des navires. 14,777 1,685,080 ton.
Les sorties n'ont été que 12,249 navires, jaugeant i,î244, 094 tonneaux.
(( D'après ce tableau officiel , pour Tannée 1859, le nombre des vaisseaux nationaux, entrés dans nos propres ports, dit M. de Topiès, est inférieur de 867 à celui des étrangers, et le tonnage montre une infériorité de 275, o 68 tonneaux.
u Sans colonies, la France, qui possède 500 lieues de côtes, et que la nature appelle à la fois à être une puissance de terre et de mer, finira^ dans un temps peu éloigné, par n'avoir plus que des matelots de cabotage , marins peu habiles à la navigation militaire de l'État et encore moins propres à lutter contre une nation rivale qui couvre de ses bâtiments toutes les mers de l'univers.
Nous pourrions aussi facilement citer, pour juger notre commerce maritime, des documents plus récents qui ne changeraient rien, ou à peu près rien, h la situation qui vient d'être exposée.
Pour nous en convaincre, jetons evk&^ycûWc^^^sv
coup d'œil sur le résumé analytique du co merce de la France avec l'étranger, publié 1849 par Tadministration des douanes, Nou voyons (page xv) quç, dans la navigation de c currence, la part proportionnelle du pavil français et celle du pavillon étranger donn les chiffres suivants :
/Année 1848. . • ^^ P Navires français, l — 1849. . . 44
V 5 dernières années. 57
A Année 1848. . . 58 Navires étrangers.) — 1849. . , 56
( 5 dernières années. 63
Si maintenant l'on décompose les chiffres l'importation et de Texportation réunies, oi les proportions suivantes ;