‹ Lettres franques à Napoléon III, empereur des françaisChapitre 14 sur 26 · LETTRE XL · texte numérisé non relu

LETTRE XL

Tout s'cnchainc : si la navigation est immense, le personnel marin le sera aussi. Ce n'est pas pour établir la diiTérence que nous rapproelions I(*s nombres, mais pour faire ressortir Viinmaimié de cette différence.

Dnns la marine royale anglaise, le personnel /wlif, nu i'*" j/invicp 4844 ^tait, en amiraux,

vice-amiraux, capitaines, comniaiidaiiU, etc., de ^,950.

Le nombre des marins volés par le parlement a été de 52,054, plus 2,000 mousses et 40,500 marines; en tout 44,554.

La marine marchande occupe 210,108 marins. La grande pèche et la pèche du hareng et du saumon sur les côtes occupent aussi un Ircsgrand nombre d'hommes.

Le cadre du corps d'officiers de la marine française est réglé, par l'ordonnance du 14 septembre 4840, à 4,752, cequi représente l'effectif du cadre d'activité.

Quant à notre inscription maritime, elle était en 4705 de plus de 400,000 hommes; — en 1844, elle était encore de plus de 80,000 hommes. Elle s'est maintenue au chiffre de 80, 83, 86,000 jusqu'en 4858, où, sous l'influence du gouvernement de Louis-Philippe, elle est descendue à 52,000 hommes, dont 57,000 à peine sont en état de servir, — c'est-à-dire moins de la moitié de l'armée navale dont nous pouvions disposer il y a quarante-six ans, et cela quand, autour de nous, toutes les puissances croissent en forces maritimes !

La marine marchande en France n'occui^e 5^^% le quart du personnel qui çouty^vV. ^'^ ^^Na>^^^

" \.v onbotnge dons TOcëan ft la Mëdite r ra ufe KO Mi pnr environ 63,000 matelots.

Il n*v n rion de surprenant dans tons ors nombrrti n^duils : notre conduite, dos règles, nn^ niciturcs, nos lois, notre eondescendanee, nntrr rnibic.tsr les ont faits ce qu'ils sont.

l)*où virnt In langueur de notre commerce ninriMmc que los Anglais nous jettent iila face?

QuVst-cc qui produit CCS hommes d'ethbarrai dont IIh rirnnrnt si insolemment?

Quelle est In cause de la diminution si considi^Mblc, surtout depuis 1852^ de notre personnel marin?

!)où proviennent les souffrances de notre commerce et de notre industrie?...

Ne poussons pas plus loin les questions , car la m^mc réponse leur est commune à toutes :

la tyrannie des mers.

En voyant Timportancc que TAngleterre atroehc k sa toute-puissnnce, on doit conclure deux choses : les avantages immenses qu'elle en retire, de même que les avantages non moins grands dont sont privées les puissances qui subissent cette tyrannie sans nom.

L'Angleterre a, ma foi ! bien raison, puisqu'on la laisse faire.

Prince, jusques à quand abusera-t-elle de la patience des peuples?...

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