LETTRE XII
Prikce ,
Achevons notre bilan , en faisant passer sous vos yeux les possessions anglaises dans les cinq parties du monde, comparées aux lambeaux qui nous ont été laissés comme par pitié!...
L'Angleterre possède :
En Europe, Héligoland, Gibraltar, Malte et les îles Ioniennes ;
Eu Asie, Flndoustan anglais, les tributaires et alliés hindous , Ceylan iët les conquêtes de 1845, qui ne font qUe s'accroître;
Eh AiiÉRiQUE,lehaut et le bas Canada, l'île du cap Breton, File de Terre-Neuve, les Bermudès, les petites Antilles, Bahama ou Lucayés, la Jamaïque, l'île du Frince-Édouard , là Dominique (Antilles], l'établissement de W W\^ ^^"^^^^5^ras, la Gujafle, Hipparo ^^ter^e âi^teiw
En Afrique, Sierra-Leone et dépendances , rîle de Fernando-Pô, Sainte-Hélène, le cap de Bonne-Espérance, l'île de France, Seychelles ;
Dans rOcÉANiE , la Nouvelle-Galles méridionale, la terre de Diémen et l'Ile de Norfolk.
La France possède :
L'ile Bourbon, dans l'océan Indien, que les Anglais ont bien voulu nous rendre en 1815.
La Guadeloupe, Marie-Galante, la Martinique, la Guyane, Saint-Pierre et Miquelon , Terre-Neuve (dont ils n'ont pas voulu) dans l'Amérique ;
Madagascar, l'Algérie (en Afrique), que nous possédons malgré eux et qu'ils nous prendront quand nous aurons achevé les frais d'établissement ;
Et nos possessions d'Asie , où nous comptons environ 200,000 habitants...
L'Angleterre compte dans ses colonies 125 millions 598,200 habitants.
La France n'en trouve que 2,430,075, l'Algérie comprise ! ! !
L'Angleterre (Royaume-Uni) n'a que 27 millions d'hommes, et la France en contient cependant 36 millions !
La France, moins de trois millions de colons. ..
Et rAngleterre, plus de cent vingt-cinq millions,..
Quelle différence ! . . .
Nous ne nous en apercevrions peut-être même pas si, sur le reste du globe, nous avions les mêmes accès qu'elle ; si nous jouissions de toutes les immunités qu'elle s'est acquises auprès d'un grand nombre de puissances et dont la force brutale est la seule raison...
Nous n'envierons jamais à l'Angleterre, je m'empresse de le dire, sa tyrannie ; mais nous conserverons le droit imprescriptible de lui disputer ses débouchés chez tous les peuples constitués.
La France ne s'inclinera jamais, non jamais ! devant cette souveraineté que sa prétention à l'universalité condamne à périr , parce qu'elle est la violation de toute liberté, de tout droit, de toute justice.