Archives F eray Bugeaud d'isly
Mais, malgré son beau fait d'armes de Conflans l'Hôpital, malgré ses services, malgré son nom etses amis, il est certain qu'après Waterloo et l'abdication de Napoléon I", ses ennemis acharnés évoquèrent fort à propos cette marque irrécusable de la bienveillance de l'Empereur pour faire comprendre le commandeur Bugeaud parmi les licenciés*.
Il fut donc traité en suspect par la Restauration et c'est ainsi que le gouvernement de Louis XVllI et le pays furent privés d'un grand serviteur '.
De ces ennemis, dont la haine implacable a poursuivi Bugeaud toute sa vie, sans désarmer jamais, on ne sait rien ni les noms, ni les motifs d'une telle campagne de calomnies, de délations.
Peut-être les archives du Ministère de la Guerre gardentelles encore ce secret intéressant pour l'histoire militaire du XIX* siècle?
.1 Son Excellence le maréchal Prince d'Eckmûhl, ministre de la Guerre.
Paris, 5 février 1815.
Monsieur le Maréchal,
J'apprends ^ à l'instant avec une vive surprise que le colonel Bugeaud, commandant le 14"» de ligne, a été mis à la demi-solde et remplacé dans son régiment. Ce ne peut être que par erreur. Le 14« régiment de ligne a été conduit par son colonel au-devant de l'Empereur jusqu'à Availon. Le colonel Bugeaud est le premier colonel de larmée française sous tous les rapports. J'ai eu l'honneur d'en entretenir l'Empereur tiier, qui ma promis de l'y maintenir. Le comte de Lobau avait prié l'Empereur de nommer ce colonel maréchal de camp en récompense de l'état surprenant de la tenue et de l'instruction de ce brave régiment.
Je ne crains pas de vous assurer que la présence du colonel Bugeaud à la tête du 14^ régiment en double la force. J'ai employé dans diverses actions le colonel Bugeaud et il s'en est
i. Comte d'Ideville, le Maréchal Bugeaud, t. I", p. 155.