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348 CORRESPOXDANCE INÉDITE
Les clubs el les sociétés secrètes de Lyon étaient en parfaite harmonie avec leurs amis de Paris. Mêmes projets, mêmes discours infâmes. Les démagogues de la Presse et de la Tribune auront beau dire qu'il n'y avait aucun projet, leurs coupables desseins sont aussi évidents que le soleil.
J'ai été admirablement accueilli à Bourges et à Moulins. On a répondu à mes allocutions en me disant avec une haute énergie qu'on était prêt à marcher à mon appel.
Je suis arrivé ce soir à Lyon, Demain, je recevrai les autorités civiles et militaires. Vendredi, je verrai toutes les troupes de la A" division d'infanterie, une partie de la division de cavalerie, de l'artillerie el du génie. Il y a ici un préfet très résolu. Faucher a fait là un très bon choix. Le général Gémeau est excellent. Les troupes sont bien disposées. Nous avons donc quinte, quatorze et le point.
Je ne puis disposer pour aller vers vous, si besoin était, que d'une partie de l'armée des Alpes : d'abord on ne peut ôter de Lyon la 4^ division, la 5" est envoyée à Bourges et à Troyes, les 1" et 2* sont éparpillées dans la vallée de la Durance, de l'Isère et de la Drôme et tiennent garnison jusque dans les hautes montagnes. Je ne pourrai donc remuer promptement que la S*' division d'infanterie et la division de cavalerie. Encore une grande partie de celle-ci est-elle au sud de Lyon et trop éloignée. Je vais m'occuper de faire un nouveau placement de l'armée et demander l'autorisation du ministre. Je voudrais faire passer au nord de Lyon ce qui est au sud.
Vous me dites que ma femme a gardé le manuscrit. De quel manuscrit voulez-vous parler? M. Fabar ^ vous a remis en mains propres celui de mon traité sur la guerre des rues. L'auriez-vous remis à ma femme? Cela me ferait bien de la peine, et je ne comprendrais pas qu'elle eût pris sur elle de l'emporter en Périgord.
1. Fabar (Paul-Dieudonné), né à Paris en 1813, tué devant Rome le 30 avril 1849. Élève de l'École polytechnique, en 1833, il va eu Algérie comme lieutenant de pontonniers en 1840 et est nommé capitaine en 1 843.
Je suis plus que jamais décidé à le publier avec mon nom. Je n'ai aucun ménagement à garder avec les brigands qui menacent la France tout entière de la ruine intérieure et de l'abaissement vis-à-vis de l'étranger.
Je croyais que ce petit ouvrage était déjà imprimé. Comment me demandez- vous mes deryiiers ordres ? Vous m'avez entendu dire dix fois que ma résolution était définitive et que je nai voulu céder à aucun conseil, pas même de ma femme, et vous remettez la chose en question.
Si, comme j'aime à le croire, le manuscrit est encore entre vos mains, je vous en conjure, traitez avec le libraire militaire pour le faire imprimer sur-le-champ, et disposez des oOO exemplaires que je me réserve comme je vous l'ai dit dans ma lettre de Bourges.
Adieu, mon cher Genly, mille amitiés.
Maréchal B. dIsly.
Mille amitiés aux Vigier '.
Je vous prie, mon cher Genty. de voir de suite M. Adam et de le prier de nommer immédiatement M"* Monnerie au bureau de tabac de Lanouaille en remplacement du gendarme, son père, qui ne sera mis à la retraite que dans cinq ou six mois.
La famille de l'ancien buraliste, véritable brigand i reste encore pour gérer le bureau, ce qui déplaît beaucoup aux honnêtes gens.
Lyon, 10 février 1849.
Mon cher Gentt,
J'ai' égaré votre dernière petite lettre qui était, je crois, du 6 courant. Je vais donc y répondre de mémoire. Merci des renseignements que vous me donnez sur la politique. Il paraît y avoir une petite amélioration dans la situation;
1. Cest chez le Comte Viyier, 1, quai Voltaire, que Bugeaud mourut.