Archives Féray-Bugeaud d'isly
mais les passions démagogiques et socialistes, auxquelles viennent se joindre les ambitions individuelles, sont toujours bien ardentes.
Ici, il n'y a pas moins de 36 à 40.000 individus enrôlés dans les sociétés secrètes. La Solidarité républicaine seule en compte 10.000. C'est Martin Bernard et Lagrange qui dirigent cela. Les clubs sont aifreux de langage. Tous ces gens-là ont grand respect du général Gémeau et des troupes. Cet officier a tenu ici une conduite habile et ferme qui lui a gagné Teslime et l'affection de tous les honnêtes gens. Mon arrivée n'a pas peu contribué à intimider les factieux; j'en ai la preuve dans les lettres aiif"iv;>ipi:«|uime menacent d'assassinat.
Tous ces jours-ci, mon nom a servi de thème aux orateurs des clubs. Le journal le Peuple souverain s'en est aussi effrayé. Celui-là, je vais le poursuivre en police correctionnelle pour tacher de lui faire avaler deux ou trois mois de prison et dégorger une amende pour les hospices, ou plutôt des dommages-intérêts que je verserai aux hospices.
Sn revanche, toutes les autres parties de la population m'accueillent avec la plus haute distinction. La cour royale elle-même en corps et en robe rouge est venue me visiter. Jusqu'à la plus petite corporation a voulu m'être présentée. Le grand cercle du commerce et de la société m'a envoyé une députation si nombreuse que mon salon était plein. En ce moment, plus de trois cents commerçants veulent m'être présentés. Il faut bien les recevoir, c'est utile ; mais je vous avoue que je commence à en être fatigué.
Vous m'avez demandé une lettre pour Rébillot * en faveur de M. Sàint-Fort. Je vous l'envoie.
i. Rébillot (Chéri), né le 31 mars 1794 à Vitrj'-le-François, mort à Ajaccio de fièvres pernicieuses en 1855. Chasseur au 16' régiment eu ISld. sous-lieutenant au 4" cuirassiers le 22 juillet 1813. Eu 1821. omme lieutsuant, il passe otias fa gendannerie et était colonel de la
Vous m'avez demandé quelque autre chose el je ne m'en souviens pas : vous le répéterez.
Je vous adresse copie d'une lettre écrite à l'administration indirecte par M. Lamartinière, receveur entreposeur à Limoges. Ce monsieur prétend qu'il ne peut exercer ses fonctions sans s'exposer à la mort, lui et sa femme. Je vous prie de le recommander de ma part à M. Adam. Il m'est recommandé lui-même par plusieui-s de mes amis.
Je ne vous en dis pas plus long pour aujourd'hui, si ce n'est que j'ai passé hier une magnifique revue de 16 bataillons, 4 régiments de cavalerie, 4 batteries d'artillerie. Toute la ville de Lyon était dehors. En général, les figures étaient bienveillantes.
Il y a eu quelques petits ons de : « Vive la République! » en un seul endroit, et ils n'ont pas trouvé d'écho. Partout ailleurs on saluait et on criait : « Vive le maréchal Bugeaud! »
Mille amitiés. Maréchal B. d'Isly.
\'ous ne me parlez plus de l'impression de mon petit traité ; cela m'étonne et me désole.
Je ne reçois que fort irrégulièrement mes journaux, la Presse, le Constitutionnel et V Assemblée nationale. Ayez l'obligeance d'y pourvoir.
Ltjou, 13 février 1849.
Mon cher Gemy,
J'accepte* volontiers pour juges MM. Decazes, Thiers et Mole. Je demande seulement à leur présenter quelques observations.
Il est certain que la guerre des rues se fait très mal. Elle est ignorée de l'armée et de la garde nationale.
!■■' légion de gendarmerie lorsque, suivant ses états de services, il fut « en mission » du 20 octobre 1848 au . . novembre 1849. Cetle mission consista à remplir les fonctions de préfet de poUce. Il fut ensuite nommé général de brigade.