M"" Adrien FestugiCre
i. La comtesse Féray.
nous quittent aussi à la fin de la semaine. Je serai donc en tête à tôte avec ma femme pendant tout Thiver, à moins que les électeurs ne m'envoient à Paris. J'aimerais autant que ce ne fût qu'au printemps. Si je ne considérais que moi, je vous jure que je serais loin de désirer cet honneur, mais mon âme patriotique souffre de ne pas contribuer à sauver la patrie des barbares.
Mille choses aimables et amicales à vos trois dames, à Adrien, à Eugène, s'il est à Bordeaux.
Je recevrai avec grand plaisir la lettre annoncée de M. C,
Lescomitésmodérésse forment à Paris, nous connaîtrons bientôt leur candidat.
Tout à vous, mon cher Noël.
Maréchal B. d'Isly.
P. S. — Je rouvre ma lettre, parce que j'ai oublié de vous donner les notes que vous me demandez; il faudrait une biographie complète, ce serait fort long. Pour vous en donner une idée, vous saurez que j'en ai déjà dicté •40 pages et que je ne suis encore qu'à ma première expédition en Afrique en 1836. Je ne sais pas si je pourrai faire publier cela à Paris. Je vais vous écrire une notice très brève, j'y joins la relation delà bataille d'Isly et celle de notre immortel combat du 28 juin 1815 à l'Hôpital en Savoie.
Je crois qu'il serait bon de publier in extenso en feuilleton ou autrement ces deux petits écrits, car, outre qu'ils exposent des faits importants, ils montrent aussi la manière dont écrit le maréchal Bugeaud. Au reste, je m'en rapporte à l'intelligence bienveillante de M. C.
Je n'ai pas le temps de remettre au net la notice, priez M. C. de la revoir, ainsi que l'épreuve. Il serait bien bon qu'il tâchât de la faire répéter par quelques journaux de Paris et de la province.
La Duranlie, le 5 novembre 1848.
Mon cher Xoël,
Pardon, cher Noël, de vous donner tant d'embarras, mais vous savez bien que j'en prendrais pour vous si le cas se présentait.
Je vous remercie de toutes vos bontés pour ce coquin de Charles, je crains bien qu'il n'en abuse quelquefois.
Embrassez pour moi vos trois dames, c'est une commission facile à faire, mille amitiés à Adrien et Eugène'.
Tout à vous de cœur. Maréchal B. d'Isly.
P. S. — Donnez-moi votre adresse pour que mes lettres ne fassent pas de cascade.
La Durantie, le 21 noremôre 1848.
Mon cher Noël,
La fièvre m'est encore venue, il y a huit jours; je l'ai de nouveau chassée, mais ne reviendra-t-elle pas"? Que je sois guéri ou non, je compte aller à Paris. Le changement de climat achèvera, j'espère, de me guérir. Travailler, travailler pour L.-N.^, c'est le seul moyen actuel de renverser l'indigne cohue qui nous gouverne si bien depuis neuf mois. Vous pouvez dire à vos amis que je vote et travaille pour L.-N., parce que je me suis rallié à la masse des conservateurs de toutes les nuances. Ecrivez à Eugène de ne pas s'endormir et de faire que ses ouvriers votent pour L.-N.
Mille amitiés pour vous et toute la famille.
Maréchal B. d'Isly.
A Monsieur le général Charon.
La Durantie, 9 décembre 1848.
Mon cher général,
Il y a bien longtemps que nous n'avons correspondu ;