A LOUISE BABEUF
grand regret, presque au moment où nous pensions y revenir nous-mêmes.
Vous pouviez penser que je ne tarderais guère à vous aller annoncer notre retour, qui commence à me devenir bien nécessaire au cœur. Pourquoi ma chère Ondine ne peut-elle y courir aussi vite? Hélas! ma bien excellente I/Ouise, vous marchez à peine plus lentement. Que de choses tristes pèsent donc sur nos âmes !
On ne nous croirait guère ici au miheu des vendanges, tant les vents et les pluies d'orage ont inondé les campagnes. Pourtant le vin pique au nez, de tous les côtés; on ne sait où le mettre, tant il est abondant et inattendu, ce qui veut dire qu'il sera pour rien. Je couche sur les caves où il fermente et je suis comme au milieu d'une cuve, tant il filtre par les murailles. On devrait chanter du matin au soir, et, pour ne pas danser, il faut être bien triste.
Je vous embrasse de ma fidèle affection, vous et tout le nid joyeux, et vous prendrez, avec le mien, le tendre au revoir d'Ondine.
MARCEI.INE VALMORE