lin transcrire
• Fribourg on SuitM, 4 août 1879.
.1 .n'acquitte de la pluit triste des commissions en voos
iiDiMiiçant la mort de notre illustre et plus encore excellente
tui ' ]-\ 'Itc-ltesse de Casti^rliono Colonna. Kllc a succombé le
!• 'lier, à Csi^telliiinmare, aux atteintes d'un mal de
poitrine o<-jit ancien, et que ni l'art, ni le climat, ni les soins
asndos de la meilleure des mères n'ont pu surmonter. Sa mort
;i ,'t»'-, par la simplicité du courage, la frauchi^o de la n^signa-
ti'-ii et la persévérance de« Heutiments affectueux, digne d'une
IIa et si écarte. J'ai assisté à ses derniers moments
igt ne me quittera pas on instant pendant le temps
que je passerai sur la terre, dont le charme principal a dis»
puni avec elle pour sa mère et plus d'un ami. La comtesse
'Vy a revu, en Italie, des parenté et dee amis de sa fille,
l'aide qu'elle pouvait espérer et les témoignages les plus
.ints de svmpathie. Dieu Hontiont dans cette épreuve aussi
"' ■■*•* cruelle cette mère si dévouée, et vous admire-
•■ avec lar{uclle elle se consacre aux devoirs qui MU r •!• Ml I r- inplir; j'espère qoe sa santé sera bientAt n^ta- Mic. Nou» «•iiiii.<<« reveniM lentement de Caatellammare A Fri- ' ' étape lee rtU^mie êparte de la
•iu'eniin la conteeee est rentrée Itu la qui lui reste, son excellent
/•'ii'lr- •" i.tnts adoucissent sa peine et
tifn |>oar recommencer la vie. Elle
I de son malhenr, de vous aeeorer
- a, jusqu'au dernier moment, eoneerré de votre
sini, fanatique de notre ami (*). — Ne trouvez-vous pas que cette mémoire grandit chaque jour? À bientôt, j'espère: mille grâces de cœur.
K. DE CiROOnRT.
XXXTX.
Les Bniyèrefl par BoogiTal (S«in« et OImV 5 juin 1862.
.rose croire, cher Monsieur, que, malgré vos nombreuses occupations, vous auriez trouvé demain quelques instants ii m'accorder, et que nos regrets profonds se seraient confondus... Une année est donc presque écoulée depuis que le monde a perdu celui dont le souvenir est pour jamais un lien imp<'ri8sable. En revenant par la pensée sur les temps qui ont immédiatement suivi ce coup si cruel, en comparant la condition dans laquelle cette catastrophe plaçait Tltalie et la France avec la situation présente des affaires, on découvre que les succès les plus extraordinaires et les plus décisifs que M. de Cavour ait remportés sont l'œuvre de son génie survivant à son existence terrestre. C'est
amitié le souvenir le plus agréable, et compté sur le vôtre, comme aujourd'hui la uière demande pour elle la fidélité de votre souvenir. Voua savez combien elle a toujours aimé l'Italie: in fine diUxit eam; ses derniers regards ont été fixés sur l'incomparable beauté de la terre et de la mer ^e la Campanie, et un de ses derniers vieux * été la prospérité de votre pays.
u A. DE CiRCOURT ».
(1) M. Ludovic Pasiui, de Scbio, député et ensuite sénateur italien, mort en 1870.
cette mesure seule qu'on peut reconnaître les diinenns de cette grande figure historique. Les œuvres des hommes vulgaires ne durent même pas autant qu'eux ; UT V'iiiaison adroite leur donne un triomphe mo-
III ■ , des circonstances d«'favorabIes les mettent
en ruine. Le comte de Cavour continue à diriger les destinées du pays quMl a rappelé presque miraculeusement à Pexistence politique. L'impulsion imprimée et mantenue par sa main au mouvement politi((ue, avec tant de vigueur et d'à-propos, conserve encore toute sa puissance. La nation s'inspire de sa pensée, et dans toutes les incertitudes de ses résolutions elle a recours, comme à un oracle, à cette pensée haute et ferme qui s'est fait obéir de tous les égoismes parce qu'elle était désintéressée, de tous les préjugés parce qu'elle était éclairée, de toutes les violences parce qu'elle était juste. Les dernières acquisitions que cette politique imperturbable et patiente a procurées à l'Italie lui sont en ce moment solennellement reconnues et, ce qui vaut davantage, solidement unies. La transaction «{u'après avoir pesé sincèrement tous les droits et comparé tous les devoirs, M. de Cavour avait susjgérée pour mettre tenue à l'antagonisme qui d'^chire l'Italie et alarme le monde, cette transaction demeure, dans ce qu'elle a d'essentiel, le seul espoir fondé de durée sans abaissement pour une des parties, de victoire sans remords pour l'autre. Encore une année probablement et le fuite de l'édifice sera posé. L'œuvre de M. de Cavour prendra rang dans le monde comme l'une des puissances dirigeantes de l'Kurope, l'un des organes supérieurs de la civilisation. C'est pour la gloire de notre ami la plus digne et la plus impérissable des gloires.
Ce sera pour ceux qui Tout vu si prëinatur<^ment disparaTtre une consolation (^levée, la seule qu'on puisse espérer quand, après avoir eu part à la confiance et à Taffection d'un tel homme, on est condamné à des regrets qui ne finiront qu'avec la vie. .l'éprouve quelque douceur à échanger ces pensées avec vous, cher Monsieur. Je ne puis en faire part qu'à fort peu de personnes: le temps de la justice et de la réparation n'est pas encore arrivé: il tardera probablement beaucoup, même pour des esprits d'une grande distinction, mais c'est, j'ose le dire, un lien que j'aime à croire indissoluble que s'<*"tre rencontrés dans une intimité si rare et qu'avoir anticipé sur la sentence de la postt'rité, en s^associant, chacun d'après ses facultés, à une œuvre si haute et si méconnue. Personne n'est plus digne que vous de se rappeler avec émotion les jours passés et d'envisager avec confiance ceux que la providence réserve à votre pays.
Mon mari se trouve bien de sa cure en AllcinaLMi*». je suis très misérable, mais j'espère le mois proi Iwiiii être un peu mieux et avoir la grande joie de vous revoir: ne m'oubliez pas et parlez de moi à M. Artom que je serai heureuse de retrouver.
K. DE ClRCODRT.
JTose prier M. Artom de m'envoyer ici, par la poste, son livre dès qu'il paraîtra : je le relirai dans ma complète solitude.
Lm Bruyères, 11 juin 1862.
Ce matin je rerois, cher Monsieur, le dernier morcmh de mon jeone ami (*), et je me hâte de vous renvoyer : je regrette qu'il soit revenu sur la lettre qui a donné lieu aux réfutations de lord Clarendon, car ce détail, iusignitiant pour Tensemble de Pœuvre, nuira au succès du volume qui va paraître: il me semble que si on avait lu h Tarchevêché de Paris ces pages si touchantes de la comtesse Alfieri, Tautorisation pour prier le 6 juin naurait pas été refusée : comme je connais et j'aime beaucoup le curé de la Madeleine, je suis certaine qu'il aura employé toutes les persuasions de sa pirole pour prévenir une si étrange défense. — Faites lire ces pages à M. Artom et renvoyez-les moi ici : je ne veux plus les prêter à la charmante duchesse Colonna, car elle les garderait trop longtemps et je veux encore les relire: ne croyez-vous pas que la censure littéraire les aurait défendues ? M. Scherer corrige les épreuves de plume, et comme il a reçu de Tauteur la permission d'y retrancher des longueurs, il n'use pas de ce droit. Merci pour VOpinione que je conserverai précieusement, venant de vous. Mon mari est depuis hier à Bade chez la comtesse Flemming, la fille de BeUina et la femme du ministre de Prusse (*) : elle a
(1) La demij^re partie de l'ouvrage de M. de la Rive sur le comte de Cavour.
(8) Ennengarde eomteaae de Plemming, morte en I fille de Ladwif AeUm d'Amim et de Bettin* Brentni> de Ocetlie. Le eomte de Flemming était en 1862 envoyé de Pnuee prh* la conr dm Bade. II Mt murt k Floronoti eu 1884.
pissë ici quatre moiâ, il y a deux ans. Je suis provisoirement campée dans ma salle à manger, tandis que les ouvriers travaillent partout. Voici deux ans que je ne puis plus me mettre à table, et la dernière fois que j'ai dîné ici, le charmant comte Pourtalès et sa femme sont restés h notre couvert rustique, au dernier coup de cloche. M. de Pourtalès me disait : « J'espère vous retrouver ici un jour avec le comte de Cavour, mais gare à M. de Butenval! il vous ferait la mine!! ". — Hélas ! ces deux amis de ma jeunesse ne sont plus : et M"* de Pourtalès m'écrit en me disant qu'elle a accepté d'être grande-maîtresse auprès de la future reine de Prusse... On dit votre nouveau collègue, auquel vous trouvez de l'esprit et de l'ambition ('), l'homme de la reine. — Mon mari la verra probablement, et dès qu'il sera de retour il sera fort empressé d'aller vous serrer la main. — Si William de la Rive, pendant le seul jour qu'il passera à Paris, revenant de Londres, ose se présenter chez vous, veuillez le recevoir : ce sera pour lui une juste récompense. — M. Chevalier me parait peu satisfait de la position que le monde fait en Angleterre aux présidents du jury. — L'industrie est une des puissances du pays, mais elle ne compte pas parmi les élections de l'aristocratie. — Mon ami Cobden s'amuse fort de ces petits mécomptes.
\ revoir, cher Monsieur, mais quand? Je suis si misérable qu'il m'est impossible de bouger du lit: que votre souvenir me demeure fidèle: il a un lien unique, je crois.
Votre dévouée
K. DE CiRCOORT.
(1) Le comte de GolU, MttbaiMdeur de Pnuse à Paris.
Lm Bruyèrea, 4 octobre 1862.
Votre carte me revient de Paris, MoDsieur, et je tiens à vous remercier pour cette preuve de votre amical souvenir : vous savez comme nos pensées vous ont suivi pondant ces dernières semaines si agitées et qui semblaient avoir avancé la solution définitive. Quelle force d\\me il vous faut pour demeurer calme et serein au milieu de tant de perplexités! L'ami auquel je dois votre amitié pour moi était un exemple à suivre et à admirer. Vous aurez été content du morceau de M. d'Haussonville ('). Il étonne beaucoup, et Fauteur, en m' envoyant la brochure, parle d'une longue' maladie pendant laquelle M. de Cavour Ta soigné à Turin comme un frère. Des personnes très au courant m'affirment • et article est le manifeste du parti orléaniste à . > .^ard de Tltalie et qu'il a été communiqué au duc d'Aumale avant de paraître. Le livre de W. de la Rive a un véritable succès : il étonne les ennemis, et ceux-là ont surtout besoin d'tHre éclairés : je l'ai beaucoup donné il ceux qui ne l'auraient point lu, et j'envoie à mon jeune ami une collection de suffrages qui sont de : : tt's remerctments : on doit fixer ainsi les impressions qui sont encore le souffle de la vie.
Noos passerons ici tout le mois de novembre, cVst déjà le sombre hiver à Paris et un splendide automne
(1) Article publié par le eomU O. d'HaiiMonvUle dans la Amw 4t» deux mumdeê du 15 aeptembre 1868 avec le titre
— liA —
ici: le soleil se lève devant mon lit et se couche devant le salon; je ne me lasse pas de contempler ces horizons que depuis plus de sept ans je ne puis plus atteindre — et mes yeux s'en trouveront mieux que de Tobscurité de la ville.
Ai^ourd'hui M. Beulé prononce son premier discours en public; je regrette beaucoup de ne pas Fapplaudir; il m'a envoyé l'épreuve : Téloge dllalévy n'est pas uu morceau académique, mais c'est le récit d'une vie consacrée à l'art et noblement appréciée. — M. Beulé conserve précieusement les lettres de recoin inandation pour la Sardaigne, écrites et données par notre ami.
À revoir, Monsieur, ne nous oubliez pas : nous serons si heureux de vous revoir!
Klustine C"* de Circodrt.
Lm Brayères, 17 octobre 1862.
Vous avez deviné, Monsieur, avec quelle anxiété nous pensions à vous et à votre chère Italie, en apprenant ces fluctuations ministérielles : je suis très soucieuse d'apprendre quelle sera votre impression sur le nouveau ministre ('): il me parlait beaucoup de vous, souvent. Il vint passer ici toute la journée le lendemain de son voyage à Chàlons dans le wagon impérial, et par un malentendu ne put trouver d'autre place que sur l'impériale de l'omnibus: cet incognito amusa beaucoup
(1) M. Droayn de Lhajrs avait repris, poar 1« 4* fois, le 15 octobre 1862, le portefeuille des affaires étrangères de France.
le président d'une compagnie: nous avons mis à profit les heures qu'il nous a accordées si amicalement pour Tentretenir de toutes ces grandes questions (|ui avaient changé de phases: il nous parait possédé d'une antipathie insunnontable pour TAugleterre et d'une partialité prononcée pour l'Autriche. Vous trouverez des formes agréables, une courtoisie cérémonieuse, l'amour des détails et tous les préjugés des vieilles routines: cette Excellence ne connaît et n'aime au fond qu'un seul pays : c'est l'Espagne. Il vous faudra donc le conquérir, captiver sa sympathie pour votre patrie, et personne ne saura le faire mieux que vous, car le charme personnel a déjà été ressenti. — Je comprends tout ce que cette circonstance nouvelle ajoute à vos préoccupations, et j'ose croire que vous ne me trouverez pas importune en osant vous l'exprimer. Savez-vous que l'article de M. d'Ilaussonvilie a paru en brochure? Vous devriez en envoyer en Italie ; c'est positivement le manifeste d'un parti. — Les pages sur la guerre d'Amérique nous ont paru fort substantielles et venant très à propos. — J'attendais dans cette dernière lievue un article de Michel C'hevalier, et la publication des mémoires du jury, qu'il surveille scrupuleusement, l'a retardé. — À revoir. Monsieur; je suis chfirmé d'apprendre que vous avez pu respirer l'air natal, retrouver les vôtres, et j'avais craint que de nouvelles complications ne vous en empêchent. Mon mari vous serre la main: nous sommes tristement absorbés par un imi fort malade sous notre toit, et par de ;:r.ivos in(iuié*-
tades sur lui.
\ (»trr tlt'Vdui'f
K. I>K ClKCol KT.
(i*nri») 11. ru« de« SautcaT<;«.
IH d«>combre 1862.
Mille remerctmeiits, cher Monsieur, pour ces précieuses pages que je vais savourer h loisir (*). Savezvous que jai dans»' deux fois avec le roi Antoine, lequel avait épous*! une princesse de Sardaigne? Sa raain glacée et tremblante faisait alors grande peur à ma jeunesse. J'ai vécu dans Tintimitë de cette petite cour de Saxe, et c'est par ma fauto qu'est tombée ma correspondance avec le rui actuel ('), qui m'a donné son Dante et envoyé son portrait dernièrement pour les Bruyères. Comme ces travaux poéti(iues témoignent de votre trempe d'Ame, au milieu de ces orages qui se succèdent près de vous. Il me txirde infiniment de vous revoir: un gros rhume s'est joint à l'inévitable ébranlement de la voiture: pourtant depuis hier je me lève, et vous me trouverez au coin du feu jeudi et dimanche après trois heures, tous les autres soirs de huit à dix. — Notre chère duchesse Colonna ne revient que dans deux mois. J'ai déjà revu ses soupirants les plus d(>solés, et me joins à eux pour désirer vivement son retour: vous avez là un ravissant avocat de tout ce qui vous est cher.
(1) M*^ de Cirrourt parlo ici d'un fascicule de chaula ,.w,„ilairos du Piémont que j'avais publiés à cette «'poque et parmi lesquels il y en avait un sur la princesse Caroline de Savoio, première femme du roi Antoine de Saxe.
(2) Le roi Jean de Saxe.
X bientôt et souvent, je Tespère: par qui remplacerez-vous M. ;Vrtom qui nous manquera V II me semble que ce chou est très important pour vous.
Votre amie dévouée
K. DE ClKCOl'RT.
xuv.
(Paris) 30 janvier 186:).
Toute."< It'> fois, Muiisit'iir, que vous avez l'extrême bonté (le recevoir nos amis, je suis certaine de deux résultats qui ne peuvent pas manquer : vous conquérez une sympathie et vous nous méritez une véritable reconnaissance: M. de la Villemarqué (1) et M. Jules lionnet ont subi votre charme comme tant d'autres, • t je suis heureuse de pouvoir vous en remercier. Ent* Il ' er votre nom au coin de mon feu, m'est
un jouissance.
Si vous avez, en dehors de vos courriers habituels, quelque paquet à envoyer à Turin, veuillez me le confier: Em. de Grouchy, nommé attaché ti Turin, part mardi prochain et serait ravi de se charger de ce que vous pourriez destiner à pareil but: son père est mort chargé d'à*' ■" France à Turin, pendant la coalition, soigné
et idt notre illustre ami. — Je le recommande
à M. Artom, à la comtesse Alfieri; il mérite un bon accueil. — M. D. de Lhuys m'a donné ces jours-ci une preuve d'amitié que je vous raconterai quelque jour
1 1 M. 1« Ticoint« HenarC de la Vill«inar(|aé, l'auteur du iiorMW-Breis.
AUX Bruyères. Je 1 accable de demandes d uiviutionH de bal, et je Padmire de ne pas me refuser : pourtant ne plus le ?oir me manque beaucoup. X^oubliez pas. Monsieur, que je thésaurise chaque moment que vous m'accordez: vos heures si remplies me laissent peu d^espoir, mais le souvenir n'a pas de ces obstacles qui paralysent les meilleures volontés.
Votre dévouée
• K. DE ClRCOURT.
Dans vingt jours nous aurons notre belle duchesse Colonna.