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Lettres inédites de Hughes de Lionne

PRES avoir nommé Hugues de Lionne prévôt et grand maître des cérémonies de Tordre du Saint-Esprit, Louis XIV désigna le duc de Mortemart et le marquis de Saint- Simon pour vérifier les preuves de noblesse que, suivant les statuts de cet ordre, chaque récipiendaire devait produire. Mais comme la plupart des titres originaux de la maison de Lionne se trouvaient dans les archives de la famille, à Grenoble, le duc de Lesdiguières, gouverneur du Dauphiné et commandeur de Tordre, fut chargé, avec Prunier de Saint-André, président du parlement, et Salvaing de Boissieu, président de la chambre des comptes , de collationner et de certifier les actes qui seraient produits. Cette vérification fut faite, paraît -il, avec assez de confiance ; on en trouve entre autres cette preuve dans

romission parmi les titres de Sébastien de Lionne de celui de « contrôleur des greniers à sel », comme n'étant point assez relevé pour figurer en pareille occurrence. Il se trouva facilement, ainsi que Pavait demandé Hugues de Lionne à son oncle, « un notaire assez affectionné et secret » pour supprimer ce malencontreux souvenir.

Un feudiste habile, mais trop zélé, Guy Allard, dressa à cette occasion une généalogie succincte de la famille de Lionne et une biographie incomplète, mais naturellement très - louangeuse, de quelques-uns de ses membres. En outre , comme le but à atteindre était de fournir à peu près le nombre de générations ou de degrés de noblesse exigé par les statuts de Tordre du Saint-Esprit, le travail de Guy Allard ne remonte pas aussi haut que Pérudition le permet et il s'arrête forcément à Tépoque où il a été fait, c'est-àdire vers le mois d'avril i656, tandis que la famille ne s'est éteinte qu'en 1764.

Afin de compléter autant que possible et de rectifier au besoin le mémoire manuscrit de Guy Allard , nous avons compulsé, avec peu de profit pour notre travail, un grand nombre d'ouvrages biographiques et historiques. Mais, par un heureux hasard, comme il en arrive quelquefois à ceux qui cherchent, nous avons découvert que les principaux titres et papiers de la maison de Lionne, ainsi que de plusieurs familles auxquelles elle s'était alliée, sont conservés à Paris dans les archives de l'Assistance publique. Ils sont répartis en huit cartons, qui ont échappé à l'incendie qui a dévoré cet établissement dans la nuit du 24 au 25 mai 1871, et sont compris dans l'inventaire sommaire sous les numéros 6 177-6 190. Ils faisaient partie de la succession léguée par la dernière marquise de Lionne à FHôtel-Dieu, en 1764. Enfin, les archives de l'hôpital de Romans et celles de la préfecture de la Drôme nous ont fourni plusieurs pièces in-

tércssantes remontant aux premiers temps de la famille de Lionne. Nous avons utilisé pour notre notice ces divers documents, qui nous ont été communiqués, avec une obligeance dont nous sommes reconnaissant, par M. Brièle, archiviste de l'Assistance publique à Paris, et par M. Lacroix, archiviste départemental à Valence.

Généalogie,

Autrefois, les hommes occupant de hautes positions sociales cherchaient à se faire une origine en rapport avec Tautorité dont ils étaient revêtus. Plus ils s'élevaient, plus ils prétendaient venir de loin. Tous assurément ne se vantaient pas, comme Jules César, d'avoir pour aïeux un roi et une déesse; mais quelles que fussent leurs prétentions, ils trouvaient toujours des écrivains complaisants qui leur donnaient raison et savaient leur trouver les ancêtres les plus invraisemblables.

Chorier avait trop d'intelligence et d'érudition pour être convaincu des flatteries qu'il adressait aux hommes puissants. Mais, ne possédant pas l'esprit caustique, ni la fortune, c'est-à-dire l'indépendance de Voltaire, il n'osait pas se permettre de laisser percer la moquerie sous l'éloge. Ainsi il fait sérieusement descendre la famille de Lionne de Homoleiiis Lioniis , qui habitait Nîmes sous les Romains; puis, franchissant dix siècles, il arrive à Guillaume de Lionne, ou plus exactement de Lyons, abbé de Boscodon en 1 133. Ce qui est plus sûr, c'est que cette famille, originaire de Saint-Quentin, se fixa à Saint-André-en-Royans ', où l'on

(i) Anciennement le Royans comprenait le Trièves et tout le territoire qui s'étend depuis Saint-Quentin jusqu'à Bouvantes.

6 NOTICI-: HISTORIQUE

voyait encore il y a cinquante ans les ruines de Tiiabitation qui fut le berceau de son illustration % et où coule dans le voisinage une rivière rapide et poissonneuse appelée la Lionne, « qui, par le bruit qu'elle fait, dit Guy AUard, semble ne vouloir pas se taire de la gloire qu'elle a de porter ce nom ».

Armoiries,

De gueules à la colonne d'argent, au chef cousu d'azur chargé d'un lion léopardé d^or ^.

Devise : Impavidus sursum vigilat.

(i) M. Charles Terrot , de Saint-Jean-en-Royans, dans sa Notice historique sur sa famille, dit que c'était une maison de misérable apparence, située à environ cent pas au-dessus du ruisseau de Rognât, qui sépare le territoire du Pont de celui de Saint-André. M. l'abbé Clerc-Jacquier {Esquisse historique sur Saint-André-en-Royans, p. 21) ajoute que le marquis de Lionne (Louis-Hugues sans doute), fit construire au même lieu la magnifique maison de Beaujour, à dessein de nuire au splendide point de vue du château de M. de Saint-André, et que celui-ci en revanche défendit à ses descendants toute alliance avec les Lionne, attendu leur ancienne qualité de vassaux.

(2) La colonne d'argent sur fond de gueules vient de Humbert Colonel, du Royans, camérier du Dauphin en 1342. Claude Ferrand-Teste, du même lieu, en écartela ses armes en épousant Guicharde Colonel, en 1490. Enfin, Berton de Lionne l'adopta pour son blason après son mariage, en i543, avec Paule Ferrand-Teste , en ajoutant en chef un Hon comme armes parlantes de sa famille.

Alliances.

Allemand.

Girondcs.

Aragon.

Hostun.

Arecs.

Jager.

Baile.

Manissy.

Bally.

Odde.

Béatrix-Robert.

Payen.

Bertrand.

Peloux.

Le Bout de Saint-Didier.

Perron.

Brie.

Pomponne.

Brun de Flandènes.

Portes.

Champier.

Pourroy.

Claveyson.

Rabot.

La Croix de Chevrières.

Reynaud.

Déagent.

Rives.

D^Estrées.

Robert de Pollenc

Ferrand-Teste.

Rohan.

De Franc.

Servien.

Galbert.

Valernod.

Gautier.

Le premier membre de la famille de Lionne connu par des actes authentiques est :

L 1339. HuMBERT, qui fut père de Pierre, ci-après.

n. i366. Pierre L Jacquemette Robert.

1 Claude, ci-après.

2 Albert, marié à Madeleine

Gautier, d'où : a Albert II.

h Aimarde, mariée à Guigues

d'Arces.

c Agathe, mariée à Humbert

de Manissy.

3 Jeanne, mariée à Muzet de

Champier.

4 Françoise.

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