LXXXVIII
A Saint-Germain, ce i r' avril 1G68 2.
Je VOUS prie de n'avancer pas davantage la négociation du mariage dont je vous écrivis il y a quelques jours. On m'a dit certaines choses de l'habitude du corps du cavalier qui ne me plaisent pas ^ et j'en veux conférer avec Madame de Chaulnes '^ avant que de passer plus avant.
Je servirai de bon cœur l'historien de Dauphiné pour lui faire avoir la commission qu'il désire ^, et je vois que pour cela je n'aurai qu'à en dire un mot au sieur d' Alliez, pourvu que quelqu'un m'en fasse souvenir, car j'oublie souvent,
(i) Il s'agissait de faire obtenir l'évêché de Grenoble à l'abbé de Lesseins.
(2) 1668 et non 1670, comme on le lit dans le manuscrit.
(3) Louis-Charles de Lévis,duc de Venladour, pair de France. Il épousa, le 14 mars 1671, Charlotte de La Motte- Houdancourt, gouvernante des enfants de France, en 1704, dont il se sépara et qui fut mise dans un couvent. C'était, dit Saint-Simon, un homme fort laid et contrefait, qui avait toujours mené la vie la plus obscure et la plus débauchée. Il mourut aux Incurables le 28 septembre 171 7.
(4) Marguerite de Chissé, mariée à Claude de Chaulnes, président au bureau des finances de Dauphiné.
(5) Chorier fut nommé le i3 septembre 1666 procureur du roi à la commission établie en Dauphiné pour la recherche des usurpateurs des titres de noblesse, et ensuite comte palatin de l'Église romaine.
dans kl multitude d'affaires que j'ai, celles que je souhaiterais le plus de faire et nommément les miennes.
M. le comte de Saint- Vallier doit être content du poste où il se trouve placé. Chacun convient que le comte de Nogent a bien vendu sa charge ', mais que ledit comte, toutes choses bien considérées, a fait encore une meilleure alïaire que lui. On me parle déjà pour lui d'un mariage. Je vous prie de savoir de M. et Madame de Chevrières ce qu'ils voudront lui donner ou assurer dès à présent. Il est important que je m'en trouve bien informé pour ne laisser pas échapper les occasions , qui me paraissent avanta-
geuses.
A Saint-Germain, ce i8^ mai 1G68,
J'ai une joie extrême de pouvoir vous donner la nouvelle que j'ai eu le bonheur de faire réussir la pensée que vous savez que j'avais il y a longtemps de faire tomber l'ambassade de Venise à M. le président de Saint- André ^. Pour cela j'ai été obligé de dire au roi deux choses : l'une, qu'il était fort capable, et je sais que de ce côté-là j'en aurai
(i) Le comte de Nogent avait vendu au comte de Saint-Vallier, à un prix assez élevé, la charge de capitaine des gardes de la porte. Hugues de Lionne donne à entendre que l'intérêt du vendeur contribua beaucoup à faire obtenir l'agrément du roi.
(2) Nicolas Prunier de Saint-André fut pendant trois années ambassadeur à Venise. Il fut nommé premier président du parlement de Grenoble en
plutôt des louanges de S. M. que des reproches, Tautrc, qu'il était fort riche et en disposition de faire honneur à remploi en ajoutant ce qu'il faudra de son propre bien à la modicité des appointements, qui ne sont que de 6,000 écus, comme ceux de mon oncle le président \ J'ai bien fait un autre coup qui lui peut être avantageux dans la suite, car j'ai dit par avance à S. M. que, quand il l'aura bien servie, c'était un sujet très-propre à lui donner la charge de premier président de Grenoble, que son aïeul et son bisaïeul ont dignement possédée. Je n'ai pas le temps de vous en dire davantage et je me remets au surplus de cette aflkire à ce que ledit sieur président en trouvera dans la dépêche cijointe.
J'ai parlé au roi et j'en ai eu toutes les bonnes paroles que je pouvais désirer. Il m'a d'abord positivement promis pour vous une abbaye, disant qu'il n'y en avait présentement aucune vacante, mais qu'il ne pouvait passer trois ou quatre mois qu'il n'en vaquât ^. Je lui ai témoigné que votre
(i) Ennemond Senien, ambassadeur en Savoie.
(2) Lettre sans date ni nom de lieu, mais évidemment écrite à Paris et adressée à l'abbé de Lesseins, qui se trouvait dans cette ville.
(3) Les rois de France s'étaient attribué le droit de disposer des revenus des monastères en faveur de commendaiaires, de bénéficiers et autres parasites sans fonctions et sans résidence. Cet abus produisit une grande diminution dans le nombre des religieux, ce qui, d'ardentes convoitises
Li:rrKi:s inédites
honneur et le mien seraient bien plus à couvert si on prenait votre récompense sur l'évechc même de Grenoble, outre que je ne voulais pas que vous lui fussiez à charge, s'il était possible, et qu'il était bien plus naturel que celui qui aurait cet évêché vous donnât cette récompense. Il y a donné la main, à condition que je lui proposerais des sujets agréables et dignes de ce caractère, et m'a dit que j'en donnasse une liste au P. Ferrier ^ J'ai été du même pas trouver Ce bon Père, qui est ici, et lui ai nommé les abbés Testu ^, Amelot '^*, de Méliand, d'Espesses ^' et y ai ajouté Corrigni. Il a mis tous ces noms sur son agenda et m'a promis de me rendre aussitôt compte de ce qu'il aurait fait avec le roi, dont il espère bien et particulièrement après certaines instructions
aidant, servit de prétexte, en 1768, à la Commission des Réguliers pour fermer plusieurs établissements monastiques et, en 1790, à l'Assemblée nationale pour les supprimer tous.
(i) Jean Ferrier, né à Rodez en 16 19, entré chez les Jésuites, ensuite confesseur de Louis XIV, mort en 1674, laissant un Traité de la science moyenne.
(2) Jacques Testu, abbé de Belval, membre de l'Académie française, « homme fort singulier, maigre et blond, » dit Saint-Simon, grand ami de Madame de Sévigné et de l'abbesse de Fontevrault, mort en 1706, à plus de 80 ans. Il ne lui restait plus que le bec, au dire de Madame de Maintenon.
(3) Nicolas Amelot, né le 16 août 1624, conseiller au parlement de Paris, du 17 juillet 1648, abbé commendataire du Guay, de Laussay et du Mans, évêque de Lavaur en 1671, archevêque de Tours de i683 à 1687. Son frère, Charles Amelot, seigneur de Gournay, président au grand-conseil, avait épousé Marie Lyonne, fille de Jacques, grand-audiencier de France, et de Marie de Gresse.
(4) Louis-Henri de Faye d'Espessès, abbé de Saint-Pierre de Vienne, mon en 1680, fils de Jacques, avocat général au parlement de Grenoble. Jean de Bellièvre, premier président, qui avait épousé la fille de ce dernier, fit tous ses etTorts pour faire nommer l'abbé d'Espessès évêque de cette ville.
que je lui ai encore données de ce qu'il avait à dire '. Knfin je crois pouvoir répondre d'une abbaye ou bientôt par le moyen de Tévéché de Grenoble ou quand il en viendra à vaquer. Je vous enverrai un laquais dès que le P. Ferrier aura parlé.
A Saint-Germain, ce 5"^ février 1G70.
Je VOUS adresse la réponse que je fais à M. le président de Chevrièrcs, que je serais bien aise qu'il vous fit voir. Je ne lui donne point de conseils que je ne prisse pour moimême dans un cas pareil. S'il laisse échapper cette occasion, il n'en retrouvera jamais de semblable ni même de beaucoup approchante, et c'est un grand bonheur que Nogent ^ soit intéressé à faire avoir l'agrément à celui avec qui il traitera ^ car, hors de cela, ce point-ci de l'agrément pourrait bien avoir ses difficultés auprès du roi à l'égard du comte de Saint- Vallier, même pour une moindre charge de sa maison
(i) Aucun des candidats cités plus haut ne fut nommé. Le choix porta sur Etienne Le Camus, qui fut consacré évcque de Grenoble le 24 août 167 1, créé cardinal le 2 septembre 1686 et mourut le 12 septembre 1707, âgé de 75 ans.
(2) Armand Beautru, comte de Nogent, maître de la garde-robe du roi, capitaine des gardes de la porte, marié en i663 à Diane-Charlotte de Caumont, sœur aînée du comte de Lauzun et fille d'honneur de la reine. 11 fut tué le 12 juin 1672 au passage du Rhin, étant lieutenant général. Une de ses filles épousa le duc de Biron; une autre, nommée Marie, s'allia au marquis de Rambures et mourut le 16 mars i683.
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que n'est celle de capitaine de la porte, et je ne sais si Monluet la lui avait obtenue.
Je laisse à mes cousins de vous rendre compte des satisfactions que nous trouvons dans le mariage que nous achèverons après-demain, et plus même dans la personne du comte de Nanteuil ^ que dans la grandeur de Falliance et dans l'assurance des dignités qui seront bientôt ou tard immanquables à ma fille et à ses enfants. Je vous avoue que je n'avais pas espéré en passant à Grenoble en 1640, où je reçus des réprimandes de la dissipation de mon bien, que j'eusse dû avoir des enfants ducs et pairs de France , ni que le roi m'eût dû faire un présent de 200,000 francs pour marier ma fille, après avoir eu de son épargne 200,000 autres la même année ^.
Mon cousin a fait des merveilles en Pologne ^, sans flatterie. J'ai quelque pensée (dont je ne lui ai encore rien dit) de renvo3^er résider auprès de l'Électeur de Brandebourg, à 12,000 francs d'appointements par an. Je suis seulement en peine, si cela est, ce dont vous pourriez l'assister, sans vous être trop à charge, pouvait suffire pour lui donner moyen de soutenir la dépense de cet emploi, que M. de Vaubrai, qui l'occupe, a porté, ce me semble, à un trop grand éclat.
(i) François-Annibal d'Estrées portait alors le nom de comte de Nanteuil. Il devint duc et pair en 1687, chevalier des ordres du roi, marquis de Cœuvres, gouverneur de l'Ile-de-France et "mourut le 11 septembre 1698, âaé de 5o ans. Il s'était remarié le 23 avril i688 à Madeleine-Diane de Vaubrun, fille d'un lieutenant général tué au combat d'Altenheim.
(2) La dot constituée par Hugues de Lionne à sa fille était de 400,000 livres, dont 75,000 comptant et le reste payable dans deux ans. Les époux devaient être logés et nourris, avec trois femmes de chamibre, à l'hôtel du ministre.
(3) Joachim de Lionne, alors ambassadeur en Pologne, où il obtint du roi Michel le chapeau de cardinal pour S. E. de Bonzi.
A Paris, ce 16'' mai 1670.
J'ai été très-aise de voir dans la dernière lettre dont vous m'avez favorisé les judicieux sentiments de M. et de Madame de Chevrières sur la qualité de Talliance qu'ils souhaitèrent pour M. le comte de Saint- Vallier, qui est plutôt de désirer pour lui Tappui qu'un plus grand bien. Je ne saurais assez en cela louer leur prudence par toutes les raisons que je vois qu'ils auront vues aussi bien que moi. M. le maréchal de Créqui m'avait proposé pour ledit sieur comte la fille de M. le président de Novion qui lui reste à marier % que je sais qui est fort bien faite et par le moyen de laquelle je compris d'abord qu'il aurait , ce me semble, un plus puissant appui qu'en aucune autre alliance qu'il peut prendre. à la cour, plus solide et de plus de durée, car le sieur président est jeune, d^un très-grand mérite, du même nom que M. le duc de Gesvres ^, ayant une infinité d^amis, allié de M. de Colbert, qui le sert puissamment en tout ce qu'il veut, et, pour marque de cette vérité, il est sur le point d'obtenir du
(i) La dernière fille du président de Novion était Marthe-Agnès Potier, qui fut la première femme d'Arnaud de La Briffe, procureur général au parlement de Paris, et qui mourut le 28 mai 1686. Ce mariage manqué, le comte de Saint-Vallier épousa, comme on l'a vu, une demoiselle de Rouvroy,
(2) Léon Potier, duc de Gesvres, pair de France, premier gentilhomme delà chambre du roi, capitaine des gardes du corps, décédé le 9 décembre 1704, à l'âge de 84 ans. 11 avait fait, étant gouverneur de Paris , l'inauguration de la statue de Louis XIV sur la place Vendôme, le i3 août 1699. Il s'était remarié, à 80 ans, avec Mademoiselle de La Chenelay de Romillé.
roi la survivance de sa charge pour son fils, ce qui sera d'une très-grande distinction et un grand témoignage de la considération que S. M. fait de lui; de sorte que M. le comte de Saint- Vallicr, ayant un beau-frère et un beau-père présidents à mortier du parlement de Paris, chacun prendra soin de lui rendre de bons offices, bien loin que la charité ordinaire des courtisans ose entreprendre de faire aucune mauvaise raillerie de lui pour ses affaires après de sa maison, quoique, Dieu merci, il n'y en ait point de mauvaises. Je ne vois point de protection plus forte et plus assurée à attendre d'aucun autre côté.
Je me suis depuis éclairci avec ledit sieur président luimême de ce qu'il pouvait donner à Mademoiselle sa fille. Il nVa dit qu'il n'avait donné que 40,000 écus aux deux autres, mais que, pour témoigner combien il désirait la chose, pour la considération de M. le président de Chevrières et la personne de M. de Saint-Vallier, dont il a toutes sortes de bonnes relations par M. le maréchal de Créqui, et il a voulu aussi y faire entrer celle de mon alliance, il ferait un effort pour donner à sa fille jusqu'à 5o,ooo écus. Voilà quelle était ma pensée, que je ne vous avais pas expliquée : sur quoi j'attendrai maintenant vos sentiments et la volonté de M. le président et de Madame sa femme. J'oubliais de vous dire que M. de Novion me dit fort honnêtement qu'il ne désirerait rien que la personne du comte de Saint-Vallier et serait très-content de tout ce que M. son père voudrait faire pour lui, sans s'enquérir même de ce qu'ils voudraient ou ne voudraient pas lui donner.
Je vous prie, après cela, de presser la conclusion de l'affaire dont mon cousin l'abbé a si souvent écrit à vous et à son frère, m'étant déchargé sur lui de toutes choses, croyant que vous le trouveriez aussi bon de la sorte; mais je vous confirme qu'il n'a rien mandé qui ne soit mes véri-
tables sentiments et qu'il ne m'ait communiqué ou que je ne Ten aie prié moi-même. J'ai mes raisons de souhaiter fort Fatlaire. Après avoir parcouru toute la France , je ne trouve rien de mieux, pourvu que le père se mette à la raison sur Farticlc de ses prétentions particulières touchant le paiement de la dot qui avait été promise à sa femme et qu'on ne lui a pas payée entière, à ce qu'il dit.
XGIII
A Paris, ce 25*" juillet 1670.
Les meilleurs amis, sans contredit, que j'aie en ce paysci sont M. et Madame Le Camus \ C'est celui que vous avez autrefois vu dans votre compagnie, et si je vous avais pu tenir à Suresne seulement un jour, vous reconnaîtriez que je ne vous mens pas. La meilleure amie de mes amis, c'est Madame de Mespieu ^, que j'ai connue aussi au même lieu pour une personne d'un très-grand mérite. M. son mari et elle ont un procès de grande importance à la première
(i) Nicolas Le Camus, conseiller au parlement de Grenoble du 11 janvier i633. Appelé à Paris par Antoine-Giraud Le Camus, seigneur de Jamberville, premier président de la cour des aides, il alla se fixer dans cette ville, où il devint procureur général, puis président en la même cour, et où il mourut. Il était père du cardinal Le Camus, évêque de Grenoble,
(2) Femme de Gabriel de Grolée, seigneur de Mépieu, de Bouvesse et de Saint-Romain en Dauphiné. Sa fille, Anne-Clémence, dame de Mépieu, succéda à son frère Alexandre vers 1680 et épousa Claude-Guillaume Joly, baron de Choin, qui fut père de Marie- Amélie de Choin. Celle-ci devint lille d'honneur de la princesse de Conti et , quoique « brune et camarde », au dire de Saint-Simon, favorite du Dauphin, fils de Louis XIV.
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chambre de votre parlement contre leur frère reccldsiastique. Je sais que celui-ci fait espérer de grandes donations ou entre vifs ou après sa mort à des communautés religieuses et notamment aux PP. Jésuites, qui ne manquent pas de crédit et dans votre ville et dans tous les lieux où ils mettent le pied. Mais tout cela n^importe; il faut, mon cher oncle, gagner ce procès pour M. et Madame de Mespieu, ou vous résoudre à recevoir de moi de très-grands reproches. Parlez, pressez, importunez les juges, nos parents ou amis* faites agir les autres auprès d'eux. Que le premier président surtout, s'il est possible, ne découvre point l'intérêt que j'y prends, et, s'il le pénètre, faites votre partie si forte que vous ne laissiez pas de vaincre. Que M. et Madame de Mespieu n'ignorent pas aussi en quels termes je vous ai écrit de leur affaire. Je ne me paie d'aucune excuse, si leur procès se perd. Tirez, je vous prie, de là la conséquence de l'obligation que je vous aurai, si vous le leur faites gagner.
De Dunkerque, ce iS*" mai 1671 K
Madame d'Aviti m'a fait de grandes plaintes du mauvais traitement qu'elle reçoit de M. son mari, par une lettre
(i) Cette dernière lettre, datée de Dunkerque, que Hugues de Lionne venait de faire rendre à la France, est seulement antérieure de trois mois et demi à la mort de ce grand minisfre et elle est consacrée à des affections de famille.
qu'elle m'a écrite , dont elle nVa fait expliquer le détail par un autre canal.
Voici de quoi elle se plaint : premièrement que, faisant une vie aussi retirée, dépendante et soumise à un mari qu'est la sienne, il y correspond si durement qu'elle est toute déchirée pour n'être pas payée d'une misérable pension qu'il lui a promise de 400 livres, dont il y a trois ans qu'elle n'a pas touché un sol. Elle demande les arrérages du passé, à présent qu'elle dit qu'il a de l'argent, et pour l'avenir qu'il lui donne des billets sur ses fermiers pour être payée sûrement. En vérité, cela me paraît juste.
Elle se plaint, en second lieu, qu'on lui ait ôté sa fille \ sous prétexte qu'elle la maltraitait et qu'au contraire elle souffrait beaucoup d'elle parce que son mari l'aime passionnément.
Je vous conjure d'accommoder tout cela à la satisfaction de ma cousine, selon la justice, que je me persuade que vous y trouverez tout entière. Vous avez crédit sur l'esprit de M. d'Aviti. Je me flatte aussi qu'il fera bien quelque chose à ma considération et je lui en serai parfaitement obligé. Si ma cousine est dans son devoir, assurément je ne l'abandonnerai pas, quand je devrais payer du mien : il y va même de mon honneur que, m'étant aussi proche qu'elle est, on ne la voie pas dépenaillée, comme elle me mande qu'on la tient.
L'abbé de Lesseins m'écrit qu'il va faire un tour en Dauphiné et qu'il partira de Paris le 25^ Je lui porte grande envie du plaisir qu'il aura de vous embrasser. Mandez-moi
(i) Elle était fille unique et se nommait Virginie. Elle épousa Antoine de Murât de L'Estang, président au parlement, à qui elle apporta les biens considérables que sa famille possédait à xMoras dans la Valloire, où son père avait été mistral et, à ce titre, en procès avec Etienne de L'Estang.
'24<) I.l'TTRES INÉDITES DE HUGUES DE LIONNE.
un peu, pendant son absence, de vos nouvelles, que je me contentais d'apprendre de lui toutes les semaines.
Nous serons de retour à Saint- Germain dans les dix premiers jours de juillet.
Lorsque dans les 40'' et 41'' livraisons (janvier et avril 1877) du Bulletin de la Société d'archéologie de la Drôme a paru notre Notice historique sur la famille de Lionne, deux cent six années s'étaient écoulées depuis la mort du plus illustre membre de cette maison. Pendant ces deux longs siècles, aucun écrivain n'a pris Hugues de Lionne pour sujet de ses études , et même son nom est absent dans plus d'une histoire de France. Mais, grâce à la publication récente d'un intéressant et érudit volume de M. J. Valfrey sur Hugues de Lionne et ses ambassades en Italie, les journaux, les revues, la tribune même de la Sorbonne se sont occupés du grand ministre des afîkires étrangères de Louis XIV et ont enfin rendu justice à ses talents et à ses succès diplomatiques. Nous saisissons cette occasion pour remercier M. Valfrey de la manière bienveillante, ample et loyale avec laquelle il a signalé dans l'introduction de son savant ouvrage (pp. x, xi, xii, xiii, xiv, XLiv et Lxxxii) les emprunts qu'il a faits à notre modeste travail.
Rotnans, le 16 novembre 1878.
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