‹ Lettres inédites de J.C.L. de SismondiChapitre 1 sur 11 · H AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

H AVANT-PROPOS

seules, un sérieux intérêt. Elle s'ouvre en 1807 et ne se termine qu'au mois de novembre 1825, quelques mois avant la mort de l'amie d'Alfieri, embrassant ainsi toute une période sur laquelle nous n'avions pas encore les confidences intimes du grand historien libéral. Et quelle période que ces dix-sept années ! les plus grandes luttes de Napoléon, la coalition de l'Europe contre nous, la chute de l'Empire, le retour des Bourbons, les Cent-Jours, la seconde Restauration, voilà les événements que traverse cette correspondance, voilà le fond général dont elle porte l'empreinte, bien qu'elle s'occupe surtout du mouvement des lettres et des transformations de la société. Ayant eu l'occasion d'interroger ces pages, qui, par le nom de l'auteur comme par les événements dont elles gardent le reflet, intéressent à la fois les lettres françaises et l'histoire de notre temps, il nous a paru qu'il ne suffisait pas de les signaler aux lecteurs studieux; le public n'avait-il pas le droit de les réclamer? Toutefois, en les rassemblant dans ce volume, nous avons considéré comme un devoir de retrancher certains passages qui mettent en scène d'une manière inutile ou fâcheuse des personnes justement iionorées. Ces passages sont peu nombreux ; des points indiqueront aux lecteurs les parties supprimées, et comme cette correspondance existe en lieu sûr, dans un dépôt public, on pourra, si on le veut absolument, combler un jour nos lacunes volontaires. Quant à nous, ce ne sont pas seulement de hautes convenances sociales qui nous ont imposé

AV.\NT-I'HOPOS. in

ces suppressions; l'inlérôt de l'auteur nous a louché autant et plus encore que la dignité pieusement jalouse de telle ou telle famille dont l'illustration fait partie de la gloire nationale. Les propos de salon que Sismondi lui-même appelle des commérages ne pouvaient trouver place dans un recueil où brillent la noblesse, la loyauté, l'austère candeur, toutes les qualités bien connues de l'historien moraliste, unies par moments à une grâce familière qu'on ne lui soupçonnait pas,

L'Introduction^ qui a paru déjà dans la Revue des Deux Mondes^ est une étude sur la vie intime de Sismondi et les développements secrets de sa conscience. Pour retracer cette haute ligure, nous ne pouvions nous en tenir seulement aux contidences que nous publions aujourd'hui, puisqu'elles ne se rattachent qu'à une période limitée d'une si longue et laborieuse carrière; nous avons demandé aussi nos documents au précieux recueil donné à Genève en 1857.

Quelques lettres de M. de Bonstetten et de madame de Staël à la comtesse d'Albany, lettres empruntées également à la bibliothèque de Montpellier, justitient ce que nous avons dit ailleurs' sur les relations du château de Coppet avec l'hùlel du Lun- (furno à Florence. On a intitulé Copi^et et Weïmar la correspondance de madame de Staël avec la noble

1 Livraison du l'^'" janvier 1862.

- Voyez la Comtesse d'Albany, i vol. in-18. Paris, 186-2.

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