COMMANDANT LES 5% 25* BT 26' DIVISIONS MILITAIRES
Paris, 27 man 1813.
Je reçois votre lettre du 24. Je suis aussi peu satisfait de votre flls que je suis satisfait de vous. Ce n'est pas dans un moment comme celui-ci qu'un homme qui a du sang dans les veines affiche des prétentions. Toutefois, s'il demande à servir, à votre considération, je loi donnerai de l'emploi.
Paris, 30 mars 1813.
Je reçois votre lettre; j'avoue que je n'ai pu qu'être extrêmement étonné de la pièce d'hier, l'Intrigante. Je ne parle pas des platitudes et des inepties qui échappent à l'auteur à chaque instant ; cela est du ressort du parterre. Mais je devais attendre du ministre de la police qu'on n'y maltraiterait pas la cour d'une manière aussi plate et aussi béte. On dit l'auteur bien intentionné ; mais c'est le cas de répéter
(1) AFiv 898. — L. DE BaoTONNB, dans la Nouvelle Revue, t. LXXXVI (1894).
(2) AFiv 898.
(3) Ibid.
^3trk LETTRES IKEDITES DE NAPOLEON I*'. ~ 1313.
qu*il vaut mieux de méchants ennemis que de sots amis. Jamais, dans aucun pays, on n*a laissé ainsi avilir la cour. Cette pièce aurait été funeste à Topinion, si elle n^était pas si maladroite et si dépourvue de talent. Ce qui me surprend surtout, c*est que c*est un homme qui a 80,000 francs de revenu dans vos bureaux qui s'avise de chercher À se populariser de cette manière. Faites cesser les représentations de cette misérable comédie, et composez différemment votre comité de censure. Il n*y a que des niais ou des malveillants qui aient pu approuver une pareille pièce.
Paris, 31 mars 1813.
Le vice-roi m'apprend que le général Reynier est parti sans permission, et je vois sur les feuilles du passage à Mayence qu*il vient d'arriver dans cette ville. Envoyez à sa rencontre un ofGcier, avec Tordre de retourner sur-le-champ. Témoignez-lui mon mécontentement de ce qu'il a quitté son poste sans permission du vice-roi, qui en a porté plainte. Votre ofGcier lui dira que, s'il passe outre et ne retourne pas sur-le-champ à son poste, il sera arrêté.
Vous devez faire mettre aux arrêts sur-le-champ le général Loison, et là vous le ferez interroger sur les raisons qu'il a à donner pour s'excuser d'avoir quitté son poste. Vous lui demanderez pourquoi il n'était pas à la tête de sa division lorsqu'elle est arrivée sur l'ennemi en avant de IVilna : ce qui a été cause de la perte de cette belle division.