‹ Lettres inédites de Napoléon Ier (an VIII-1815) (volume 2)Chapitre 223 sur 263 · AU GÉNÉRAL CORBINEAU · texte numérisé non relu

AU GÉNÉRAL CORBINEAU

AIDB DB CAMP DB l'bMPBRBUR (1).

Paris, 5 mti 1815.

Prenez des renseignements sur un nommé Bernard, officier de cavalerie dans la garde, sorti il y a peu de jours de Paris avec de la troupe, et depuis rentré seul à Paris, s^étant fait couper les moustaches, s'étant habillé à la bourgeoise et vociférant de mauvais propos.

MINISTRB DB l'iNTÉRIEUR (2).

Paris, 8 mai 1815.

Envoyez Tordre au conseil de TUniversité de rétablir dans les lycées les règlements qui avaient été supprimés, de substituer en conséquence les tambours à la cloche, de changer les proviseurs et les professeurs qui seraient mauvais ; enfin de faire ces changements partout où ils seront nécessaires, et surtout à Paris. Je désire que, pour Paris, le rétablissement des règlements soit ordonné dès demain.

MINISTRB DB LA GUBRRE (3).

Paris, 11 mai 1815.

Je vous prie de me présenter dans la journée la liste de tous les officiers généraux et officiers supérieurs de la maison du roi que j*ai bien voulu admettre au service. Mon intention n^est pas de revenir sur ce que j'ai fait; mais, pour ceux qui ont obtenu des grades dans la maison du roi, vous me proposerez un projet de décret pour annuler cet avancement, mon intention étant de ne leur donner de lettres de service que dans le grade qu^ils avaient avant la fin d'avril 1814. Ceux de ces individus qui n^accepteraient pas du service dans leurs anciens grades seront destitués

(1) AFiv 908.

(2) Ibid. — Recueil de pièces sur le captif de Sainte- Hélène, t. V, p. 423.

(3) AFiv 908.

- J^apprends que le général Montmarie est toujours à Paris, parce que, dit-il, je ne Tai pas conGrmé lieutenant général. Ces messieurs abusent de ma bonté. Je ne veux confirmer aucun avancement fait par le roi dans sa maison. C*estbien assez d^effacer la défaveur que devaient avoir à mes yeux ceux qui étaient entrés dans la maison du roi, et de les accepter dans le grade qu'ils avaient en 1814.

Paris, Il mai 1815.

Il y a plusieurs officiers qui ont déserté ; faites-en faire Tétat. Qu'on les juge sur-le-champ par contumace, et, comme la condamnation doit emporter le séquestre sur leurs biens, veillez à ce que les jugements soient envoyés à Tenregistrement, pour que le séquestre ait lieu.

Paria, 13 mai 1815.

Il parait que Mathieu Montmorency est, dans la Vendée, Tagent principal du comte de Lille, et que c'est lui ^ui fait agir dans ce moment. Il faudrait lancer un mandat de prise de corps contre lui, et le faire poursuivre comme agent de guerre civile. Ou il viendra, ou il ne viendra pas. S'il ne vient pas, il sera condamné comme contumace, et le séquestre sera apposé sur ses biens.

Paris, 18 mai 1815.

Puisque le 43* a rejoint dans la Vendée, ce régiment, joint -

(1) AFiv «)8.

(2) Ibid.

(3) Ihid.

à 500 gendarmes et à 300 hommes de marine, doit mettre à même le général Delaborde de laisser filer pour Tarmée toutes les troupes de ligne, dont nous avons si grand besoin.

Donnez Tordre an premier inspecteur de la gendarmerie de faire partir en poste pour Angeis le restant du 1*' bataillon de gendarmerie, de manière qu'il y ait là, dans le plus court délai possible, 500 gendarmes. Donnez ordre qne ces 500 gendarmes, 100 gendarmes du pays, les 1,000 hommes du 43* et les 300 hommes de la marine, formant ensemble au moins 1,800 hommes, soient partagés en trois colonnes mobiles, chacune de 600 hommes. Chaque colonne sera placée sous les ordres d'officiers généraux ou supérieurs qui concerteront entre eux les opérations. En faisant parcourir le pays par ces colonnes, on doit promptement venir à bout d'étouffer ces mouvements séditieux. Il faut s'assurer si le duc de Bourbon y est ou non, et donner ordre aux principaux chefs du pays, dont il parait que la conduite n'est pas sûre, même à d'Autichamps, de se rendre à Paris. Vous pouvez également mander au général Delaborde de compléter avec les militaires qui ne veulent pas sortir du pays, les 3*, 4* et 5* bataillons du 43*, en donnant l'assurance qne ce corps, destiné à maintenir la tranquillité du pays, ne sera pas employé ailleurs. Par ce moyen, il aura tout de suite cinq bataillons an lieu de deux. Le dépôt étant à Rochefort, il pourrait même faire venir un cadre de bataillon à Nantes.

1198. —A M. FOUCHÉ, DDC D'OTRANTK,

MINISTRB DK LA POLICE GÉNÉRALE (1).

Paris. 16 nui 1815.

Donnez ordre que les curés de Meudon et de Saint-Cloud sortent sur-le-champ de leur commune et soient envoyés en surveillance i quarante lieues de Paris. Ces deux curés vont, d'ailleurs, être destitués. Ce sont des individus très dangereux, et qui ne doivent pas être soufTerts dans les lieux où je demeure

(i) AFiv 908.

1199. —A M. FOUGHÉ, DUC D'OTRANTE,

MINISTRE DB LA POLIGB GÉNÉRALB (1).

Paris, 15 mai 1815.

Faites mettre le séquestre sur riraprimerie de Lenormand. Lancez un mandat d'arrêt, en conséquence de tel article de la Constitution de Tan VIII, contre Lenormand père et sa femme. Faites-les arrêter comme correspondants avec Tétranger, etc.

II y a trois mauvais curés à Paris. Voyez dans la journée Bigof de Préameneu pour que, dans la journée de demain, ils soient changés et remplacés par de bons ecclésiastiques*

MINISTRE DB L*INTiRIKUR (2).

Paria, 16 mai 1815.

M. de Pontécoulant voit beaucoup un sieur de la Valette, qui avait offert à Toulouse une somme considérable pour Tarmée royale. On lui reproche aussi d'avoir fait venir à Toulouse Texpréfet Villeneuve, ce qui a permis à celui-ci de s'évader. Nous avons trouvé dans les papiers de Blacas les preuves que ce Villeneuve conspirait depuis longtemps. Écrivez à M. de Pontécoulant sur sa conduite, et faites-lui sentir la nécessité de donner une forte direction à Topinion.

Paris, 16 mai 1815.

On m^assure que le sous-préfet de Nogent-le-Rotrou a fait afficher le 15 une proclamation de Louis XVIII à la porte de l'église, et qu'il y a eu beaucoup de troubles dans la commune. Rendez-moi compte de cet objet.

(i) AFiv 908.

(î) Ibid. — Recueil de piêcet sur le captif de Sainte^Héléne, t. V, p. 4Î6.

Parit, 18 nti 1815.

Vous recevrez le décret qui met Marseille en état de siège. Chargez le maréchal Brune de donner le commandement de cette ville an général Verdier. Donnez-lui ordre de réunir ses troupes dans un temps opportun, 'de faire imprimer secrètement le décret et de donner ses instructions an général Verdier, qui, an même moment, fera sa proclamation, désarmera la garde nationale, en réorganisera une nouvelle et fera conduire au fort Lamalgue vingt-cinq ou trente des principaux chefs du parti royaliste. Chargez-les de prendre toutes les mesures qu'exigent les circonstances.

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