‹ Lettres inédites de Napoléon Ier (an VIII-1815) (volume 2)Chapitre 224 sur 263 · PRÉFET DR POLICE · texte numérisé non relu

PRÉFET DR POLICE

Parit. 19 mai 1815.

Il paratt que le sieur Rresson de ValensoUes, qui était Tagent des maréchaux à Vienne, est parti depuis huit jours pour Tétranger. Vous sentez l'importance de cette communication. Voyez à vérifier comment et par où il est parti.

Un nommé Lagarde, Français, qui était en Russie, a couché à Langres il y a quarante-huit heures ; il se dirigeait sur Paris» où il doit être arrivé. On pourrait en avoir des nouvelles chez Ouvrard, qui paraît avoir des accointances avec lui. II faudrait savoir, sans qu'on s'en aperçût, s'il est ici, et, s'il n'est pas arrivé, faites en sorte de saisir ses papiers, avant qu'il arrive.

l'aria, ao nâi 1815.

Faites partir pour Angers sur-le-champ, de l'endroit le plus près,

(1) AFiv 908.

(2) lOid.

(3) Mauduit, Les derniers Jours de la Grande Armée, 1. 1, p. 392.

deux batteries à pied que vous enverrez au général Delaborde; qu^elles marchent en toute diligence. Envoyez en poste deux officiers d*artillerie pour Saumur; envoye^-y aussi de Tartillerie, deTendroit où vous en avez le plus près.

Indépendamment d'une batterie qu'on fera partir de Rennes, faites-lui envoyer d'ici une ou deux batteries d'artillerie en poste. Qu'une batterie de six pièces de canon et une compagnie d'artillerie suivent le mouvement des deux régiments de tirailleurs qui vont en poste.

Un chef de bataillon d'artillerie se rendra à Angers pour y organiser les attelages. Les harnais seront envoyés en poste. Il sera peut-être plus expéditif que vous envoyiez six pièces de canon en poste à Saumur, à moins que vous ne soyez bien sûr d'en avoir de plus près.

Pour l'exécution de ces mesures, faites partir deux batteries de Paris, une qui partira cette nuit pour Versailles et suivra le mouvement de la colonne du général Brayer ; les pièces et voitures avec les harnais iront en poste ; les chevaux suivront le mouvement haut le pied. La seconde batterie partira également aujourd'hui; elle ira directement sur Chartres, et elle aura son approvisionnement et six caissons d'infanterie; elle fera par jour deux ou trois étapes, en prenant des chevaux de paysans ; ceux de la batterie iront haut le pied.

Organisez les autres batteries avec les pièces que l'on a à Nantes. Il sera nécessaire de donner des fonds, et, si cela est indispensable, pouvoir faire des réquisitions pour la formation des trois autres batteries. Il faudra se procurer sur les lieux les harnais, les soldats du train, etc., de Nantes et de Rennes. Faites de grands approvisionnements à Saumur et à Angers. Avec la colonne du général Brayer, il devra y avoir deux caissons d'infanterie.

Parif , 20 mai 1815.

Autorisez le général Delaborde à garder, indépendamment du 43* régiment, le 26* de ligne. Il faut qu'il forme des colonnes

(i) AFiv 908.

mobiles composées de gendannerie et de troupes de ligne. Autorisei-le à faire marcher à la suite une commission militaire et à faire fusiller tout homme qui serait pris les armes à la main. Enfin, antorises-le à envoyer en Champagne, en Bourgogne et en Dauphiné tout ce qui lui paraîtra suspect, et à faire arrêter ceux qui fomenteraient des rassemblements armés.

Donnei ordre au général Delaborde de réunir ses forces, de se porter sur la maison du sieur La Rochejaquelein et de la raser. Il fera mettre le séquestre sur ses propriétés. La Vendée verra dans cet acte de rigueur un renouvellement des malheurs dont elle a été accablée il y a dix ans. Une proclamation fera sentir que c*est le commencement des désastres qu*el!c va, subir encore et qu'on peut encore éviter.

MINISTBB DE L* INTÉRIEUR (l).

fui; 23 Mi 1815.

Il y a un sieur Estabenet qui est chef d'une maison d'instruction à Bordeaux; c'est un royaliste forcené. Je pense qu'il faudrait supprimer cette maison. Il serait aussi nécessaire de changer la supérieure et quelques Sœurs de la Charité de Bordeaux.

MINISTRE DE l'iNTÉRIEUR (2).

Paris, tt WÊMi 1815.

Il faut destituer Gros-Sollici, conseiller de préfecture à Marseille : c'est un ami d'Albertas; Jean Bérard, avoué, capitaine de la garde nationale; Honoré Sortout, capitaine; Jean-François-Hippolyte Dumas, lieutenant; Payen fils, capitaine des canonniers de la garde nationale; Louis Victor, lieutenant; Barthélémy, notaire, sergent; Belcastel, peintre, sergent. Tous ces hommes sont des royalistes très dangereux qui cherchent à exciter la guerre civile.

(1) Recueil de pièces sur le captif de Sainte^Héléne, t. V, p. Wî.

(2) Ibid., p. 433

LETTRES INÉDITES DE NAPOLÉON l*". — 1815. 349

Parif , S8 mti 1815.

En conséquence de mon décret du 3 mai, le Trésor doit à Timpératrice Joséphine, aux princes Joseph, Louis, Jérôme, à la princesse Hortense et à ses enfants 3,965,955 francs 93 centimes, à TEmpereur 8,680,622 francs 25 centimes ; total, 12,646,578 francs 18 centimes. Ces princes, la couronne, ont également besoin de recouvrer ces fonds pour payer des dépenses arriérées. Cependant le Trésor se trouve dans l'impossibilité de les acquitter; ce qui me détermine à faire opérer ce payement dans le trésor de la couronne en billets émis pour T acquisition de forêts nationales. Choisissez des lots d*un million dans divers départements, mon intention étant de faire négocier ces billets pour acquitter les dettes arriérées. Je charge l'intendant général de la couronne de vous voir pour ces objets. Je désire que cette affaire soit terminée dans le courant de cette semaine (2).

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