AU COMTE BIGOT DE PRÉAMENED
MINISTRB DBS CULTES (2).
Parii. 6 avril I8I0.
Le ministre des cultes enverra chercher et réunira ensemble dans son hôtel les treize cardinaux qui, sans empêchement résultant de cause de santé, ne se sont pas rendus à la cérémonie du mariage religieux. Le ministre leur dira : qu'ils n'ont pas assisté au mariage religieux de Sa Majesté après avoir discuté dans des conciliabules la question de savoir s'ils devaient s'y trouver, et quoique la majorité eût été d'avis qu'il fallait y assister ; que ces assemblées étaient des actes de rébellion, ne devant pas avoir lieu sans l'autorisation de Sa Majesté; que, sans le Pape, ils ne sont rien; qu'ils sont sans juridiction, et que, dans le cas où ils auraient une juridiction, la minorité devait obéir à la majorité ; que Sa Majesté a vu dans leur conduite le même esprit de rébellion qu'ils ont manifesté depuis
(2) D'Haissonvillr, L'Église romaine et te premier empire, t. III, p. 511.
dix anB, qui a obligé Sa Majesté à s'emparer de Rome, et qui les a indnits à porter le Pape à falminer une excommanication qui est la risée des contemporains, et ne le sera pas moins de la postérité; qae Sa Majesté avait méprisé leurs démarches et les avait interprétées dans un esprit de charité, voulant ainsi se dissimuler leurs manvaises intentions; qu'ils ont comblé la mesure, et que, par leors discours tenus dans leurs conciliabules et leurs démarches coopables, ils ont manifesté l'intention de troubler, autant qu^il est en eux, la tranquillité de l'empire, de jeter des germes de guerre dfile et de semer la division parmi les hommes; qu'il est temps qu'ils se souviennent que Sa Majesté a le glaive pour frapper les mauvais prêtres et les traîtres de l'État; que Sa Majesté se réserve à statuer sur leurs personnes, et elle statuera alors sur leur qualité de cardinaux et de prêtres, attendu que ces qualités sont considérées comme nulles dans des personnes frappées du glaive de la loi. Soit qu'elle juge devoir leur faire faire leur procès, soit qu'eUe ait d'autres intentions, elle n'a chargé le ministre que de leur communiquer les choses ci-dessus. En' général» il faut laisser entrevoir dans le discours que, si l'on fait leur procès, comme il n'y a pas de juridiction ecclésiastique en France, il n'y a rien qui empêche qu'ils ne soient condamnés, et le procès et la condamnation sont une émanation de la volonté impériale. Ils doivent apercevoir aussi que c'est parce qu'on les considère déjà comme en prévention qu'on ne veut pas qu'ils portent les distinctions ecclésiastiques et le costume des cardinaux
MAJOR GÉNÉRAL DE l' ARMÉE d'eSPAGNE (1).
Gompiègne. 10 avril 1810.
Faites-moi un rapport sur ceux qui ont pris le chef de bandes Mina dans la Navarre, et sur l'avancement à leur donner. Veillez à ce que ce Mina soit passé par les armes le plus tôt possible, et, en cas qu'il y ait de l'inconvénient pour le pays, faites-le partir pour Tours, où il sera à la disposition du ministre de la police, non comme prisonnier de guerre, mais comme prisonnier d'Etat.
(1) AFiv 883. — Baron Du Cassr, Supplément à la Correspondance,
S4 LETTRES INÉDITES DE NAPOLÉON I*. — iSiO.
MINISTRE DB LA POLICE GÉNélULE (1).
Gompiègae, 14 tTril 1810.
Vons trouverez ci-joint la lettre qae m'écrit le prince Ferdinand. Faites-moi sur toute cette affaire un rapport auquel vous donnerez une direction qui le rende propre à être imprimé dans le Moniteur. L*arrestation de l'individu a-t-elle été assez peu connue pour qu'on puisse supposer qu'il a été arrêté à Valençay? Je voudrais que vous missiez dans votre rapport que l'individu arrêté à Valençay est à Vincennes, qu'il était chargé d'une mission des Anglais près des princes, qu'il a tenté de la remplir, que le prince Ferdinand m'en a prévenu. On mettrait à la suite de ce rapport le détail de la fête qu'ont donnée les princes à Valençay à l'occasion de mon mariage. Cette affaire, présentée de cette manière, ferait le meilleur effet en Europe. On pourrait laisser croire aux princes que ce sont eux qui ont fait arrêter l'agent anglais. Je répondrai au prince Ferdinand une lettre qu'on pourra mettre également dans le Manikur, Vous sentez qu'il est nécessaire de faire une lettre du gouverneur de Valençay, et deux interrogatoires, l'un à Valençay, l'autre ici, où il dira son nom, etc. Arrangez cela de la manière la plus propre à mystifier les Anglais.
Je désire que vous me remettiez tout cela demain, désirant que le Moniteur l'imprime lundi ou mardi.
Il ne vous restera plus qu'à bien mettre au secret l'agent anglais, pour qu'il ne puisse pas percer, et renouveler les ordres les plus rigides pour qu'on ne lui donne ni plumes, ni encre, ni papier.
Compiégnep 24 avril ISIO.
Je VOUS envoie des observations sur le contre-projet proposé par la Russie. Vous en formerez une note, dont vous me soumettrez la
(i) AFiv 883.
(2) Ibid'
LETTRES INÉDITES DE NAPOLÉON I-. — 1810. t5
rédaction. En adressant cette noie à M. de Kourakine, vous lui déclarerez que je ne sortirai pas de ces termes ; qu'après tout c'est nue explication que je veux bien donner et pas autre chose ; que je sais mauvais gré à mon ambassadeur de n'avoir pas pesé davantage la valeur des mots ; que les mots constituent l'honneur entre les nations comme entre les particuliers; que cette exigence de la Russie me paraît tout à fait déraisonnable, et que je cherche en vain à quoi je puis l'attribuer.
Il est nécessaire que vous écriviez à M. de Caulaincourt, et que vons fassiez à sa dépêche du 8 mars une réponse méthodique et raisonnée. Faites-lui connidtre combien les articles de vos instructions ont été mal compris. Quoi! parce que vous l'aviez autorisé à signer tout ce qui pouvait rassurer la Russie, s'ensuivait-il qu'il dût contracter des engagements sur lesquels il ne connaissait pas ma volonté? Ne devait-il pas entendre qu'il était autorisé à rassurer la Russie seulement pour ce qui était de moi et des événements de mon fait? C'est donc une erreur grossière qu'il a commise. Il a mal saisi ses instructions et mal connu la limite de ses pouvoirs. Cette idée, il faut la développer en grand détail.
MINISTRE DB LA POUCB GÉNÉRALB (1).
Compiègne, 24 atril 1810.
Est-il vrai quMl paraît des gravures avec le titre Joséphine Beauharnais née La Pagerie? Si cela est vrai, faites-les enlever, et faites punir les graveurs.
Compiègaa, S6 avril 1810.
Je crois qn^il faut accorder an général Duhesme la permission de venir i Paris. Vous l'entendrez, et me rendrez un compte de cela.
(i) AFiv 883.
(S) Ibid
Ce général m'a rendu de grands services ; son honneur est compromis grandement. S'il est innocent, il doit être lavé snr-le-champ de toute inculpation; s'il est coupable, perdre la tête sur Féchafaud. Chargez quelqu'un d'entendre le général, ainsi que mon consul et les agents que j'avais à Barcelone. Demandez au duc de Castiglione des preuves et des assertions positives. Ce général eût hien mieux fait de se battre à la tète de ses troupes, plutôt que de rester à Barcelone pour donner de l'éclat à cette affaire, et de réagir dans un pays où les Français ont tant d'ennemis.
Je vous envoie le mémoire du général Duhesme, que je n'ai pas lu. Prenez-en connaissance et faites-m'en un rapport.