‹ Lettres inédites de Napoléon Ier (an VIII-1815) (volume 2)Chapitre 41 sur 263 · AU PRINCE EUGÈNE NAPOLÉON · texte numérisé non relu

AU PRINCE EUGÈNE NAPOLÉON

VICE-ROI d'italie (2).

Rambonillet. 8 juillet 1810.

Je reçois votre lettre du 4 juillet. Je vois qu'il y a dans les trois nouveaux départements d'Italie trois archevêchés, dix-sept évêchés et une abbaye. Il faut d'abord me présenter un projet de décret pour supprimer l'abbaye, et demander le serment des évêques et archevêques. Vous tâcherez qu'il y en ait trois ou quatre qui le prêtent. Les sièges de ceux qui refuseront de prêter le serment seront réunis, comme je l'ai fait dans les deux départements romains.

Le ministre des cultes vous enverra une copie de tous les actes que j'ai pris sur Rome, afin que tout soit fait sur le même pied. Mais ces mesures sont urgentes; car, sous un mois ou deux, je finirai par m'accommoder avec le Pape ; il faut que ces choses-là soient faites avant.

(1) AFiv 884.

{%) Und. — Mémoires du prince Eugène^ t. VI, p. ^i.

Rambovillet, 8 juillet 1810.

Je reçois votre lettre avec celle du duc de Reggio. Envoyez-lui un officier pour lui faire connaître que je m'occuperai des affaires de Hollande dans la journée. Il est important : 1* qu'il fasse garder parfaitement les côtes, pour empêcher la contrebande, surtout du côté d'Emden; 2* qu'il mette un embargo sur les ports, pour qu'aucun individu ne puisse sortir et que rien ne passe en Angleterre; 3*, et ceci est le principal, qu'il ait l'œil sur le prince royal, qu'il ne le remette à personne qui viendrait le demander de la part du roi, et le retienne pour ne le remettre qu'aux officiers que l'Empereur enverra le chercher. Qu'il rassure le pays et parle toujours dans le sens de la réunion, en faisant comprendre que ce n'est qu'en unissant nos moyens qu'on pourra faire du mal à l'Angleterre, et que les Hollandais ne pourront trouver des ressources pour exercer leur industrie que dans leur réunion à l'Empire.

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