AD COMTE LADRISTON
AIDE DE CAMP DE l'eMPERBUR (2).
Rambouillet, 10 juillet 1810
Vous partirez sur-le-champ pour Amsterdam. Vous prendrez dans mes écuries une bonne voiture ; vous aurez soin de vous munir de 1,000 napoléons, afin de n'avoir dans aucun cas besoin d'argent
Vous vous rendrez à Amsterdam. Vous remettrez les lettres cijointes au duc de Reggio et à Mme de Roubers (3), et vous ramènerez le grand-duc de Rerg à Paris.
En passant à Paris, vous prendrez une douzaine d'exemplaires du Moniteur, que vous porterez avec vous à Amsterdam. Si rien ne s'y oppose, vous resterez en Hollande le temps suffisant pour savoir ce qui se passe.
(i) AFiv 884.
(2) Ibid.
(3) Gouvernante du prince royal de Hollande, grand-duc de Berg, fils du roi Louis et de la reine Uortense, et alors seul héritier du trône impérial.
MINISTRE DBS CULTES (1).
Rainboutllet» 13 juillet 1810.
J'ai lu avec attention votre rapport dn 10 juillet et les pièces qui y étaient jointes. Établir des institutions pour 6,000 orphelines en France, c'est beaucoup trop. Que ferait-on de ce grand nombre de filles, lorsqu'elles seront arrivées à Tâge de vingt et un anç?
Il me paraît donc convenable d'établir simplement six maisons dans le territoire de l'ancienne France, dont une à Paris qui serait le chef-lieu, lesquelles contiendront 600 orphelines. Ces orphelines seraient, premièrement, celles dont les pères seraient morts sur le champ de bataille ou dans la Légion d'honneur. En supposant le nombre à 600 , je payerais, pour 300 , 400 francs , et pour les 300 autres 200 francs. Ce serait donc 180,000 francs qu'il m'en coûterait. J'affecterais cela sur les domaines de la Légion d'honneur, qui payerait les pensions. Les six maisons seraient orga- BÎaèes de manière à pouvoir recevoir une égale quantité de pensioniMttreSy et pourraient donner l'éducation à 1,200 orphelines. J'ai modtié en conséquence le projet que vous m'avez présenté. Je les ai mises aous la protection de la même princesse qui est à la iéte d'Écouen et é» Saint-Denis , puisqu'elles seront en connexité avec ces établissements*
Je désire établir d'autres institutions avec la règle des Ursulines, mais sous un antre titre, dont on pourrait porter le nombre, avec la réunion de la Hollande, à cinquante ou soixante, qui pourraient recevoir environ 5,000 élèves. 2,500 seraient payées à 300 francs ou demi-bourse, et les parents payeraient 300 francs : ce qui ferait 750,000 francs de dépense; pour les 2,500 autres, je payerais 500 francs : ce qui me ferait 2 millions en tout. J'y pourvoirais partie par les fonds de la Légion d'honneur, et partie par des dotations. On pourrait admettre de plus 5,000 pensionnaires payantes : ce qui ferait 10,000 filles, distribuées dans 40 à 60 maisons. Présentez-moi dans la semaine un projet de règlement pour la formation de ces institutions.
Les six maisons destinées à élever les orphelines sont un établissement particulier à la Légion d'honneur, où l'on placerait les orphelines.
(1) AFiv 884.