AU COMTE DE MONTALIVET
MINISTRB DB L*INTÉRIBUR (1).
FonUineblean, 9 notembre 1810.
Je pense que vous pouvez envoyer la circulaire suivante aux préfets :
tt II m'est revenu qu'on fait courir différents bruits, que le tarif du sel, du tabac et des droits réunis va être augmenté, et que cela donne lieu à de nouvelles spéculations. Ces bruits sont controuvés. Aucun accroissement d'impôt n*est nécessaire à l'État. Quelles que soient les dépenses, tout est à jour, et le Trésor public est abondamment pourvu.
tt II n'est pas plus vrai qu'on veuille rétablir les jurandes et les maîtrises; rien de ce qui était mauvais ne sera rétabli. Il n'est nullement question d'ailleurs d'aucun changement dans cette partie.
tt Vous devez démentir le bruit de dispositions qui tendraient à doubler l'imposition des patentes.
tt Beaucoup d'autres bruits sont créés par l'agiotage et accueillis par l'oisiveté.
tt Le bienfait des escomptes de la Banque, dont le commerce de Paris a tiré tant d'avantages depuis huit ans. Sa Majesté a voulu l'étendre aux autres bonnes villes. Cette intention bienveillante a été calomniée par des agents de change intéressés à s'enrichir dans des spéculations de commerce. On s'est livré à des discussions inutiles, puisque d'un seul mot on répond aux dissertateurs. L'escompte de la Banque à Lyon et autres villes de commerce n'est obligé pour personne ; les billets pouvant être échangés i chaque instant à la Banque, ayant la même valeur et la même
(1) AFiv 887.
garantie que les billets de Paris, qui circulent avec tant d'avantages dans la ville, ceux qui ne veulent pas les garder sont maîtres de les changer. Une chose qui est volontaire répond à tout.
« La police a fait arrêter à la Bourse quelques colporteurs de bruits, qui, abusant des choses les plus sacrées, répandaient partout le bruit d'un attentat contre les jours de TEmpereur, pour, avec ce moyen, agir sur les effets. Je ne pense pas que ces bruits aient pris assez de crédit pour arriver jusque dans votre département. Toutefois, rien n'est plus faux, et il y a bien des années, depuis nos troubles civils, qu'aucune tentative de ce genre n'a été faite. 9
Fontaineblean, 14 novembre 1810.
Je vois dans le Journal de VEmpîre qu'on y appelle le nouvel archevêque de Paris administrateur du diocèse. Faites connaître au rédacteur qu'on ne devait pas se permettre d'employer un pareil titre en parlant du cardinal Maury. Le cardinal est archevêque de Paris, et il doit toujours être désigné comme tel. Je n'entends pas qu'on l'appelle autrement, et je suppose que le cardinal lui-même ne reçoit ni ne prend pas d'autre titre. Les journaux doivent être les premiers à reconnaître ce que le gouvernement reconnaît. Tout continue de prouver que ce Journal de l'Empire est dans une mauvaise direction.
Paris, 21 novembre 1810.
Le Pape continue à avoir des correspondances très mauvaises. Il est nécessaire de donner les ordres les plus précis pour resserrer
(1) AFiv 887.
(2) lùid.
8a correspondance. Il faut qa*ancune lettre ne loi soit remise que par le canal du préfet.
Paris, 22 novenbre 1810.
Je vous envoie d'horribles détails sur le général L***. Il est nécessaire que vous fassiez sur-le-^^hamp arrêter et mettre au secret ce scélérat, afin qu*il ne 8*échappe pas. On a peine à concevoir qu'il poisse exister de pareils monstres.
Paris. S4 novembre 18ia
La Minerve, cahier du mois d'octobre, parait dirigée tout à fait en faveur de l'Angleterre contre la France. Il y a des choses d'une grande impertinence. Pourquoi mes ministres ne portent-ils pas plainte, et ne font-ils pas interdire ou changer le rédacteur de cette gazette?