PRÉFET DU PALAIS
Paris, 13 février 1810.
Puisque l'opéra de la Mort d'Abel est monté, je consens qu'on le joue. Désormais, j'entends qu'aucun opéra ne soit donné sans mon ordre. Si l'ancienne administration a laissé à la nouvelle mon approbation écrite, on est en règle, sinon non. Elle soumettait à mon approbation, non seulement la réception des ouvrages, mais encore le choix. En général, je n'approuve pas qu'on donne aucun ouvrage tiré de l'Écriture sainte; il faut laisser ces sujets pour l'Eglise. Le chambellan chargé des spectacles fera immédiatement connaître cela aux auteurs, pour qu'ils se livrent à d'autres sujets. Le ballet de Veriumne et Pomone est une froide allégorie sans goût. Le ballet de V Enlèvement des Sabines est historique ; il est plus convenable. Il ne faut donner que des ballets mythologiques et historiques, jamais d'allégorie. Je désire qu'on moule quatre ballets cette année. Si le sieur Gardel est hors d'état de le faire, cherchez d'au-
(1) AFiv B83.
ires personnes pour les présenter. Outre la Mort d'Abel, je désirerais un autre ballet historique plus analogue aux circonstances que V Enlèvement des Satines.