‹ Lettres inédites de Napoléon Ier (an VIII-1815) (volume 3)Chapitre 136 sur 280 · AU COMTE DE MOXTALIVET · texte numérisé non relu

AU COMTE DE MOXTALIVET

MINISTRE DE l'iNTÉRIEUR (1).

Amsterdam, 18 octobre 1811.

Rendez-moi un compte sur la Faculté de médecine de Paris. On se plaint de beaucoup d'abus dans les dernières promotions qui ont eu lieu dans les différentes chaires et dans les écoles spéciales.

MAJOR GÉNÉRAL DE l'aRMÉE d'eSPAGNE (2).

Amsterdam, 18 octobre 1811.

Ecrivez que le commissaire des guerres qui était à la tête de cette administration ait à se rendre en France, pour rendre compte de sa conduite. Écrivez au duc de Dalmatie et à Tordonnateur, pour qu'ils aient à réprimer ces abus et à faire rendre gorge à ceux qui ont ainsi dilapidé le Trésor public ; que le soldat n'est pas payé, parce qu'on laisse commettre les plus grands vols ; que l'armée la plus mal administrée est celle d'Andalousie, etc., et proposez-moi des moyens qui mettent un terme à ces abus.

88 i. — AU COMTE DE MOXTALIVET,

MINISTRE DE l'iXTÉRIEUR (3).

Amsterdam, 20 octobre 1811.

Je VOUS renvoie le procès-verbal de la séance du conseil des subsistances. L'augmentation du pain est une chose fâcheuse, si elle

(1) AFiv 894.

(î) Ibid.

(:i) Ibid.

n'est pas le résultat du haut prix du blé, la farine n'étant eflectivement qu'un objet accidentel. Avant d'augmenter le pain, augmentation qu'il serait utile de retarder, mon intention est qu'il soit accordé aux boulangers une prime par chaque sac de farine qu'ils achèteront, ou auront acheté depuis le 20 octobre. Cette prime sera réglée par le conseil à toutes ses séances ; elle ne pourra pas passer 5 francs par sac de farine acheté ou qui serait acheté depuis ce jour; de sorte que, à la Gn de novembre, on se trouve avoir la même quantité de farine qu'aujourd'hui. Vous remarquerez que je dis par sac de farine que les boulangers achèteront ou ont acheté depuis le 20 octobre, en partant de ce qui existait ce jour-là. Remarquez bien aussi que je n'entends pas par là donner une prime aux boulangers pour les fournées qu'ils feront : ce qui serait duperie, puisque ce serait les indemniser pour la farine qu'ils ont achetée à bon marché, sans avoir la garantie qu'ils la remplaceront. Ainsi, par exemple, la farine achetée à 69 francs permet aux boulangers de vendre le pain 4 sols; a-t-elle valu au 20 octobre 72 francs, ou vaudra-t-elle au 25, 74 francs : on donnera 5 francs de prime pour chaque sac que le boulanger aurait acheté. Le boulanger peut s'approvisionner, puisque le sac ne lui revient qu'à 69 francs, lorsqu'il le payerait 74 francs.

Vous ferez observer au conseil que je n'ai pas voulu mettre une base Gxe, et dire, par exemple, que la prime sera de ce que la farine vaudra au-dessus de 69 francs, parce que les boulangers auraient eu intérêt à faire monter les mercuriales. Mais, en laissant cette latitude au conseil, il indemnisera les boulangers pour qu'ils aient intérêt à s'approvisionner dans un moment si opportun. En supposant que les boulangers achètent 40,000 sacs de farine, ce sera un sacriGce de 150 à 200,000 francs qui aura épargné au peuple de Paris une augmentation et qui me mettra à même de prendre un parti déGnitif à la Gn de novembre, époque à laquelle la Saint-Martin sera passée et où le nouveau blé sera sur le marché.

Je prends pour point de départ le 20 octobre et non le 25, parce que je calcule que ma décision arrivera à Paris le 22, que le conseil en délibérera le 23, et que le préfet de police pourra faire toucher aux boulangers l'indemnité pour ce qu'ils auraient acheté dans les quatre jours; ce qui est préférable aux assurances, etc. II dira aux boulangers qu'il leur donnera tous les jours la même prime pour chaque sac de blé qu'ils achèteront. Comme j'ai mis à la disposition du comte Maret 2 millions sur la caisse d'amortissement, il avancera sur ce fonds 100,000 francs. D'ailleurs, quand

je saurai ce que cela aura coûté, je vous ouvrirai le crédit nécessaire.

P, S, — Le conseil doit tenir secrètes toutes ses délibérations, et le préfet de police seul doit distribuer en secret l'argent.

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