‹ Lettres inédites de Napoléon Ier (an VIII-1815) (volume 3)Chapitre 135 sur 280 · AU COMTE BIGOT DE PREAMENEU · texte numérisé non relu

AU COMTE BIGOT DE PREAMENEU

MIXISTRE DES CULTES (1).

Gorcum, 6 octobre 1811.

Je VOUS renvoie vos lettres. Vous avez bien fait d'exiger que tous les évéques, même ceux qui n'avaient pas de bulles, rentrent à leurs diocèses et que personne ne reste à Paris. Renvoyez également mes aumôniers, bormis le cardinal et Tévéque de Versailles, qui se trouve près de son diocèse. Envoyez-moi les lettres à signer pour les différents sièges vacants, afln de voir si le Pape veut ou non donner l'institution à mes évéques. Faites connaître aux évéques députés que je ne répondrai à aucune lettre, que je ne prendrai aucune décision que lorsque mes évéques auront leurs bulles. Je suis trop vieux et trop accoutumé aux ruses italiennes, pour me laisser duper par eux. Les évéques doivent insister làdessus aveela plus grande force. Je ne recevrai même pas la députation, si elle ne rapporte les bulles d'institution de tous mes évéques. Je ne renverrai le bref au conseil d'Etat pour être communiqué aux évéques que lorsque tous les diocèses vacants auront leurs bulles. Il faut que la députation des évéques vous envoie un procès-verbal constatant qu'ils ont notifié au Pape que le décret s'applique à tous les évéques de l'Empire, dont les États de Rome font partie.

(1) AFiv 894. — Comte d*Haussonville, L'Eglise romaine et le premier empire, t. V, p. 423.

1Ô8 LETTRES IXEDITES DE XAPOLEOX I*'. — 1811.

Utrecht. 7 octobre 1811.

Je vois dans la Gazette de France que TEmpereur a promu au grade d^ofBcier un consent dont la femme est venue se jeter à ses pieds. Cela est si béte, que je ne sais comment le rédacteur de ce journal a pu l'imprimer .

Urecht, 7 octobre 1811.

Vous devez donner au préfet de Montenotte et au commandant de la gendarmerie à Savone Tinstruction suivante :

Aussitôt que la députation des évéques sera partie, le préfet noti- Gera aux cardinaux que je les laisse à Savone, a condition qu'ils ne géreront aucune affaire, n'auront aucune correspondance, ne donneront aucune nouvelle, pour rien de ce qui est relatif aux affaires spirituelles de l'Europe ; qu'ils n'écriront qu'à leurs familles pour leur donner de leurs nouvelles, et qu'ils remettront au préfet toutes les lettres pour bulles, dispenses, etc.. jusqu'à ce que les affaires soient Gnies ; que la moindre transgression serait un crime et leur serait funeste. Il sera convenable, en eflet, que le préfet et l'ofGcier de gendarmerie se conduisent en conséquence ; car, jusqu'à ce que tout soit Gni, rien n'est changé, et l'on doit exercer autour du Pape la même surveillance, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur.

Amiterdam, 13 octobre 1811.

Faites arrêter les prisonniers espagnols de Catalogne qui se per-

(1) AFiv 894.

(2) Ibid.

(3) Ibid.

LETTRES IXEDITES DE XAPOLEON V. — 1811. 169

mettent des propos et qui se vantent d'avoir assassiné des Français, et faites-les mettre au cachot, entre autres le lieutenant-colonel Salvi-Bivane. Il faut exercer une grande surveillance sur les prisonniers espagnols, et les traiter très sévèrement.

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