AU COMTE BIGOT DE PREAMEXEL
Saint-Cload, 16 novembre 1811.
Je VOUS envoie un rapport de Bovara. Je désire que vous vous concertiez avec lui et que vous fassiez un travail général pour l'Italie, pour Rome et la Toscane. S'il faut frapper, il faut frapper convenablement et par la suite d'un système. Il ne faut pas souffrir que, dans aucune contrée, il y ait des évéchés qui aient moins de 100,000 âmes. Ce travail une fois fait et approuvé, on verra à attendre le moment favorable pour le mettre à exécution.
(1) AFiv 895
(2) Ibid.
LETTRES INEDITES DE XAPOLEOX I*'. — 1811. 17T
SainUCIond, 16 novembre 1811.
Je VOUS avais fait connaître que mon intention était qu*on envoyât aux dif^é^ents corps de Tarmée un tablier portant pour l*inscription sur un côté : L'empereur Napoléon à tel régiment; sur Tautre, les batailles où s'est trouvé le régiment, savoir : les batailles d'Ulm, d'Austerlitz, léna, Eylau, Friedland, Eckmûhl, Essling, Wagram et Madrid.
Ce tablier doit être à peu près de la grandeur des tabliers que Ton met aux aigles ; la plupart n'en ont plus ; on les renouvellera tous les deux ou trois ans, sans que cela fasse une grande dépense. Faites faire le projet de ce tablier et rédiger le détail de ce qui doit être mis pour chaque régiment.
Il faut établir l'ordonnance pour la pique que doivent porter les deux porte-drapeau chargés d'escorter et de défendre l'aigle. Il faut que cette pique soit forte et capable de défendre le drapeau, indépendamment de la paire de pistolets que ces officiers portent sur la poitrine.
Enfin, mon intention est que chaque bataillon ait un guidon, sans aucun signe ni inscription. Ce sera un bâton avec un morceau d'étoffe, qui sera d'une couleur pour le premier bataillon, d'une couleur pour le second , d'une couleur pour le troisième , d'une autre couleur pour le quatrième , de sorte que , à la simple couleur du fanion, on reconnaisse le numéro du bataillon.
11 n'y aura qu'un aigle pour chaque régiment de cavalerie.
Je vous prie de vous occuper de tout cela. Cette partie a été très négligée dans les différents corps : il faut la rétablir.
Saint'Cloud, 18 novembre 1811.
Portez des plaintes au chargé d'affaires de Mecklembourg de ce qui se passe dans ce pays et du mauvais esprit du journal. Ecrivez
(1) AFiv 895.
(2) Ibid.
178 LETTRES IXÉDITES DE \APOLEOX I". — 1811.
au sieur Desaugiers que je blâme sa faiblesse; que, à la première récidive, il doit écrire au prince d*Eckmùhl, qui fera arrêter et sévèrement punir le journaliste. 11 doit s'en expliquer dans ce sens avec le prince de Mecklembourg.
Écrivez en Bavière pour faire sentir combien il est ridicule qu'on n'arrête pas le docteur Schneider et qu'on le laisse rôder sur les frontières de Suisse, et combien il serait important de profiter de la sottise qu'a faite cet homme de revenir dans le pays, pour s'en saisir et le retenir dans une prison.
Concertez-vous avec le ministre de la marine pour la réponse à faire à Naples pour les vaisseaux. L'idée de vendre des vaisseaux n'est pas admissible ; mais on pourrait recevoir des équipages napolitains sur trois vaisseaux français, qui seraient remplacés par des vaisseaux napolitains. Ces vaisseaux, quoique appartenant à la France, porteraient pavillon napolitain.
Saint-Cloud. 20 novembre 1811.
Vous recevrez un décret que je viens de prendre pour traduire devant une commission militaire les trois sous-lieutenants du 128' qui ont voulu déserter à l'ennemi. Faites partir ce décret par l'estafette d'aujourd'hui, et que, sous huit jours, les trois coupables soient fusillés. Vous aurez soin que leur sentence soit mise à l'ordre du 128*. Faites-moi un rapport sur ces trois sous-lieutenants. De quel département sont-ils? Qui est-ce qui les a garantis? Je ne puis, à cette occasion, que vous faire connaître que mon intention est que, sous quelque prétexte que ce soit, vous ne me proposiez plus aucun individu ayant servi en Autriche depuis 1806. Ne me proposez non plus jamais aucun officier sortant des régiments d'Isembourg et La Tour d'Auvergne pour passer dans les états-majors ou dans d'autres régiments. Je ne veux donner ma confiance qu'à des officiers ayant fait toute la guerre en France. Je suis extrêmement fatigué de l'obligation où je me trouve de regarder en détail toutes les nominations que vous me proposez, parce que l'expérience m'a prouvé qu'il s'y rencontre toujours quelques espèces d'officiers, dont vous savez
(1) AFiv 893.
pourtant que je ne veux pas me servir. Mon intention est formelle à cet égard; prenez (1) des mesures pour vous y conformer. Je ne puis vous dissimuler que, la première fois que vous m*en présenterez encore, vous me ferez de la peine.