G8. — A M. FOUCHÉ, DUC D'OTRANTE
MINISTRE DE lA POLICE GENERALE (1).
Paris, U avril 1815.
Un nommé Rochegude, d'Avignon, est à la tète d'une bande dans le département de Vaucluse. C'est un mauvais sujet, qui a déjà été signalé à la police. Un nommé Mesnier, ancien colonel du 57* régiment, est à la tête d'une autre bande entre Largentière et Privas, dans l'Ardèche. Écrivez à la gendarmerie, aux commissaires de police et aux préfets qu'on se mette à leurs trousses et qu'on tâche de les arrêter.
(I) AFiv907
ll^if) ^ y fotCHÉ. DCC DOTB.«Ti:.
14 and I4i;
le foiu enf oie one lettre da ifênéral Frefsnet. Si. as rera da présent ordre. le sienr Dambraj D*a pas fait sa sconûsiiioa. timis lancerer ao mandat poar le faire arrêter et coodnire à VÎBreiiDes. Kerifez aa préfet de Rooen qo'il prenne des mesares po«r cou»primer les émigrés et «iter de place les h«)miiies coanas poar être attachés à l'ancien système. Si le sieur Dambraj fait sa soumission, foos Foterez de la Xormandie, et toos renrerm en svrreîllance en Bourgogne.
1170. — AL yARECHAL DAVOLT, PRLXCE D'ECkMlHL,
VI\ISTBK DE lA <;iEIIE d} .
Faris. 14 avril 181^
Il y a à Porto-Ferrajo deai cents milliers de poudre, une grande quantité de bronze hors de service que j'avais vendu, maisqu^on n*a pas encore enlevé ' il faut annuler cette vente; , et une grande quantité de bombes, boulets, mortiers, affûts, inutiles à la défense de la place. Le bureau d*artillerie peut demander ces états à Drouot. Je désire que vous vous concertiez avec le ministre de la marine pour envoyer deux ou trois gabares pour enlever ces effets, qui sont précieux. Il faut ne laisser que ce qui est nécessaire pour la défense de Porto-Ferrajo ; Porto-Longone peut être considéré comme non avenu. Je suppose que 150 bouches à feu de tous calibres seront suffisantes pour Porto-Ferrajo ; le reste doit être transporté à Toulon. Je suppose que 800 boulets par pièce et 500 bombes par mortier suffiront; tout le reste peut être rapporté en France. Je suppose que 150 milliers de kilogrammes de poudre, ou 300 milliers poids de marc, seront suffisants ; le reste doit être rapporté en France.
Toutes ces opérations sont très importantes à faire. Il en résultera un matériel considérable pour Toulon. Il faut que le ministre de la marine vous donne un nombre de gabares suffisant pour ne
(\) AFii 907.
(2) Ibid. — Mauduit, Derniers jours de la Grande Armée, t. I, p. 320.
LETTRES -IXEDITES DE NAPOLEOX I-'. — 1815. 333
faire qu'un voyage, et que vous envoyiez avec ces navires plusieurs ofBciers d'artillerie actifs et intelligents, afin que rembarquement puisse être terminé en cinq ou six jours. Profitez du moment où la mer est encore libre.
Paris. 15 avril 1815.
Je vous ai fait connaître mon intention de centraliser à Versailles toute l'opération des remontes ; je vous en ai dit la raison. Réunissez vos chefs de division pour que tout soit également préparé dans la même hypothèse; ils ont l'expérience de l'année passée. Je ne me prépare qu'à la défensive. Il est donc convenable que, si l'ennemi voulait nous attaquer, tout filt disposé pour réunir nos munitions et notre artillerie sur Paris ; pour faire venir tous les dépôts des places fortes entre Paris et la Loire; enfin, pour que, dans ce cas, aucun dépôt ne se trouve renfermé dans les places. Tous les dépôts, tant d'infanterie que de cavalerie, tous les magasins d'habillement et autres nécessaires au matériel de l'armée, doivent pouvoir être réunis du côté de Paris. J'espère que cela ne sera pas nécessaire ; mais il faut que les ordres soient dressés d'avance, pour que, le moment arrivé, chaque dépôt se mette en marche.
Quelle est la situation de l'habillement des corps? S'il y a de grandes fournitures à faire, je désire savoir quelle quantité sera fournie à chaque division, et quand cette fourniture y arrivera. Il est probable que, par le décret qui appelle les anciens militaires, l'armée va être augmentée de plus de 100,000 hommes; il est donc nécessaire d'avoir les moyens d'habillement.
MINISTRE DE l'iXTKRIEIR (2).
Paris, 17 avril 1815.
La 8* division militaire est soumise. Les campagnes partagent les
(1) Maudiit, Ias derniers jours de la Grande Armée, 1. 1, p. 334,
(2) Recueil de pièces sur le capVfde Sainie-Héléue, t. V, p. 408.
tm LETTRES IXEDITES DE KAPOLEOX !-;• — 1815.
sentiments de la France. Marseille et Avignon sont les deux seules villes où il y ait un mauvais esprit. Réitérez Tordre à Rcederer de se rendre à Marseille, et à Bourdon de se rendre dans le Var. Ils doivent relever le parti patriote, renvoyer les maires, les sous-préfets, les ofBciers de la santé, les agents des ports, des finances et de toute Tadministration qui ne se seraient pas bien conduits, et les remplacer par des hommes sur lesquels on puisse compter. Qu'ils reforment sur-le-champ la garde nationale de Marseille, celle de Toulon, celle de Grasse, d*Antibes et de tous ces départements. Enfin qu'on ne néglige aucune mesure pour relever Tesprit du peuple et en confier la direction à des hommes sûrs. Concertez- vous avec le ministre de la guerre pour avoir un maréchal de camp pour la garde nationale de Marseille, et un lieutenant général pour organiser celles des Bouches-du-Rhône ; que ce soient des hommes dévoués et fermes.
Les pouvoirs de Rcederer s'étendront dans le département de Vaucluse. Recommandez-lui de lancer des mandats d'arrêt contre les hommes dangereux et les boutefeux de la révolte. Sachez si les préfets de Vaucluse, du Var et des Bouches-du-Rhône sont partis ; s'ils ne le sont pas, qu'ils partent dans la journée.
MIMSTRK DK 1.^ GLKRRK (1).
Paris. 20 atril 1815.
Vous pouvez faire payer les 10,000 francs de frais de poste que le prince de la Moskowa réclame.
1174. — AU COMTE MOLLIEX,
MIMSTRK Dl] TRÉSOR PUBLIC (2).
Paris. 27 avril 1815.
J'ai lu votre rapport sur ce qui est dû aux différents princes de ma famille. Les rentes annuelles doivent être payées sur-le-champ
(1) AFiv 907
(2) Ibid.
sur Tacquit des fondés de pouvoir. Ce qui concerne les princes Borghèse et Aldobrandini doit rester en suspens et n'a rien de commun avec le reste; je désire seulement que leurs rentes ne soient pas payées sans que j'en aie été prévenu. Quant aux apanages échus avant le 1*' avril 1814 et pendant 1814 et 1815, conformément au traité de Fontainebleau, présentez-moi un projet de décret pour y affecter le surplus du crédit des rentes, que les ministres du dernier gouvernement avaient fort exagéré auprès des Chambres. Apportezmoi cela samedi.
MINISTRE DK \A GUERRE (1).
Parif, 27 avril 18^.
Donnez ordre qu'on ne laisse plus sortir personne de France sur toutes les frontières du Nord, depuis Dunkerque jusqu'à Landau. Concertez-vous à cet effet avec les ministres de la police, de l'intérieur et des Bnances ; ce dernier donnera aux douanes les instructions convenables. Donnez ordre que tout individu de la maison du roi qui irait à Bruxelles ou en reviendrait, soit arrêté. Qu'on arrête de même tout ce qui sera suspect. En général, qu'on ne laisse passer personne, à moins qu'on ne soit porteur d'un passeport du ministre des affaires étrangères.
Paris. â7 avril 1815.
Faites construire en avant d'Huningue, du côté de Baie, des ouvrages pour battre cette place. Envoyez des mortiers à longue portée, pour brûler cette ville, dans le cas où la Suisse ne saurait ou ne voudrait faire respecter sa neutralité. -Disposez ostensiblement cette batterie, aGn qu'elle soit pour Bàle un véhicule pour s'opposer a ce que sa neutralité soit violée.
(1) AFiv 907. — Une lettre semblable, adressée au ministre de Imtërieur, est dans le Recueil de pièces sur le captif de Sainte-Hélène, t. V, p. 416.
(2) AKiv 907.
336 LETTRES IXEDITES DE XAPOLEOX I". — 1815.