AU COMTE BIGOT DE PRÉAMENEU
Laeken. 16 mai 1810.
Je VOUS prie de me faire mettre sur une carte des États de Rome la division actuelle en diocèses et la nouvelle circonscription de deux ou trois diocèses qui doivent comprendre le territoire de tous les autres et que vous me proposerez de déterminer par un décret.
Je vois que plusieurs évéques se sont déjà mal comportés. Écrivez qu'on les envoie en France sous bonne et sûre escorte. On doit y diriger également tous ceux qui ne prêteront pas serment. Il serait à désirer que, sur trente, il y en eût au moins trois ou quatre qui prêtassent serment.
Voici mes dispositions pour les biens :
(1) AFiv 88*. — Mémoires d'un ministre du Trésor public, t. III, p. Î45.
(2) Ibid, — D'Hausson VILLE, t. III, p. 515.
30 LETTRES LVEDITËS DK XAPOLEOX I''. ~ 1810.
Tous les biens des évéques seront mis sous la main de la régie de r Enregistrement, excepté ceux des trois évéchés conservés. Si ceux-ci ne s'élèvent pas à un revenu de 30,000 francs, on donnera aux évéques conservés un supplément en pension, jusqu'à concurrence de cette somme, comme cela se fait en France.
Vous devez donc me présenter un décret de circonscription des trois diocèses. Ce décret prononcera le séquestre sur les biens des autres évéchés; il portera en blanc la nomination des trois évéques, et il réglera le supplément qui leur sera accordé jusqu'à concurrence des 30,000 francs.
Vous me proposerez les mêmes opérations sur les chapitres. Tous leurs biens seront séquestrés, à l'exception de ceux des trois chapitres conservés, lesquels seront augmentés de manière qu'ils gagnent une augmentation du double de ce qu'ils ont aujourd'hui.
Par la carte que vous m'adresserez, je verrai quel sera l'arrondissement de l'évéché de Rome proprement dit. On ne doit rien changer, et il faut laisser la ville de Rome sous la juridiction de Tévéquc. Le Pape serait donc le troisième ou le quatrième évéque.
11 est aussi nécessaire de me faire connaître ce qu'on doit conserver du chapitre du Pape comme évéque. Je suppose que ce chapitre est celui de Latran.
Ainsi mon but est d'arriver, dans le courant de l'été : P à n'avoir plus de religieux et de religieuses à Rome et avoir fait séquestrer tous leurs biens ; 2* à avoir fait séquestrer tous les biens des évéques et des chapitres, excepté ceux des trois évéchés et chapitres conservés.
Il y a plusieurs séminaires et plusieurs congrégations religieuses qui appartiennent à Rome comme capitale de la chrétienté. Je désire que vous me fassiez un rapport à leur égard, mon intention étant de les faire venir tous à Paris.
Faites-moi connaître si les officiers de l'état civil sont établis à Rome conformément au code Napoléon.
IIIMSTRK DE L4 GUKRRE (I).
Gand, 17 mai 1810.
Je suppose que vous ne nourrissez plus de prisonniers ni autri- (1) AFiv 884.
chiens, ni suédois, ni prussiens; cela est très important pour arriver à faire des économies. La saison des travaux arrive; vous pouvez envoyer des prisonniers espagnols dans les campagnes, pour servir chez les cultivateurs. Un bataillon du régiment espagnol a été destiné a travailler aux fortifications de Flessingue. Au lieu de Flessingue, dirigez-le sur Anvers, où il servira aux fortifications de cette ville. En place, envoyez à Flessingue un millier de prisonniers espagnols non armés, pour travailler aux fortifications. Envoyez également à Breskens un millier de ces prisonniers espagnols non armés pour travailler aux fortifications. Utilisez partout les prisonniers espagnols, pour qu^ils viennent à ne plus rien coûter.
Bruges, 19 mai 1810.
Je VOUS envoie un projet pour faire arriver 100 millions en France et procurer au Trésor public un bénéfice de 30 millions, par Julien Ouvrard. Gardez-le pour vous seul, et faites-moi connaître votre opinion. Dites -moi où est, ce que fait et veut cet Ouvrard, et,.8*il quittait Paris, prévenez-moi. Tout ceci doit rester sous le secret. Ne dites à qui que ce soit la surveillance que vous aurez sur cet intrigant.