G19. — A M. DE CHAMPAGNY, DUC DE CADORE
Lille, 23 mai 1810.
Vous voudrez bien, au reçu de cette lettre, faire venir l'ambassadeur de Hollande et lui faire connaître qu'il doit quitter Paris sans délai et retourner à Amsterdam. S'il exige une note, vous lui en remettrez une conçue à peu près en ces termes :
tt M. l'amiral Verhuell est prévenu que, l'intention de S. M. l'Ëmu pereur et Roi étant qu'il n'y ait plus d'ambassadeur de Hollande u en France, mais de n'y recevoir qu'un simple chargé d'aCTaires, u il ait à quitter Paris. Les outrages faits a son ambassadeur par le u peuple d'Amsterdam obligent l'Empereur à cette mesure. Le roi u apprendra que l'Empereur est résolu à tirer une vengeance éclau tante de ces outrages. Si l'on n'eut pas renvoyé l'ancien bourg- « mestre, qui était un homme sage, et si le gouvernement de Holtt lande n'avait pas pour principe de maltraiter tout ce qui tient à tt la France, cela n'arriverait pas. Cette conduite est le résultat de tt la mauvaise direction que l'on donne à l'esprit des habitants. Le tt soussigné est chargé d'ajouter que Sa Majesté regrette que cette
(I) AFiv 884. — Publiée par II. Rocqualn, Napoléon et te roi Louis,
« expression de son mécontentement tombe sur \I. Tamiral Verhuell, « dont elle n*a point à se plaindre et dont elle apprécie le bon esprit, « les qualités et rattachement à sa patrie et à lui. »
Vous écrirez au comte de la Rochefoucauld de revenir sur-lechamp à Paris ; je ne veux plus tenir d'ambassadeur en Hollande. Envoyez des lettres de créance au sieur Serurier, pour T accréditer comme chargé d'affaires. Vous lui ferez connaître que j'ai approuvé la note qu'il a remise ; que je prendrai des mesures pour mettre à la raison les malveillants d'Amsterdam ; que je demande que l'ancien bourgmestre soit remis en place, et que tous ceux qui ont composé le rassemblement qui a insulté les gens de l'ambassadeur soient remis en mon pouvoir.
Vous direz dans la conversation à l'amiral Verhuell, en quittant le ton officiel, que le roi de Hollande se comporte plus mal qu'auparavant, et qu'il paraît possédé par une espèce de folie; que sa conduite ne peut s'expliquer autrement.
MAJOR GÉNÉRAL DR l' ARMÉE d'eSPAGNR (I).
Lille. 23 mai 1810.
Ecrivez au maréchal Oudinot que je suis fort mécontent de la conduite des habitants d'Amsterdam, et que je me verrai forcé, d'ici à très peu de temps, à faire entrer de nouvelles troupes en Hollande. Recommandez à ce maréchal d'avoir les yeux sur tout ce qui se passe à Amsterdam et dans tout le pays. Mon intention est qu'il n^ait aucun rapport avec le roi et qu'il ne souffre pas qu'aucun officier de son armée en ait.
MAJOR GÉNÉRAL DE l'aRMÉE d'eSPAGNE (2).
Dieppe, 27 mai 1810.
Écrivez au duc de Dalmatie que Lérida et Hostalrich sont pris
(i) AFiv 884.
(2) Ibid.
que Mequinenza Test sans doute à Theure qu^il est; que j'ai donné ordre au général Suchet de marcher sur Tortose, et au maréchal Macdonald de prendre Tarragone; que, ces deux places prises, le général Suchet pourra, avec un corps de 30,000 hommes et l'attirail de siège nécessaire, marcher sur Valence et soumettre cette ville ; que l'opération du général Sébastiani était déjà prématurée et n'a pu que nous faire perdre du monde ; que le siège de Ciudad- Rodrigo pourra donner lieu à une bataille; qu'en conséquence le général Reynier avec le 2* corps doit se porter sur Alcantara, sous les ordres du prince d'Ëssling, pour manœuvrer sur la rive droite du Tage; que les 1*', 4* et 5* corps et la division Dessolles sont plus que sufGsants pour le Midi ; que le 5* corps doit manœuvrer contre les Portugais du côté de Badajoz ; que l'Empereur ne comprend pas ce que veut dire cet armement de toutes les villes d'Espagne, et comment l'expérience n'éclaire pas sur le danger de mettre dans les mains de ces peuples des armes dont ils ont toujours fait un si mauvais usage ; que c'est une pratique insensée ; qu'il est également inconcevable qu'on ne lève point de contributions dans les pays qu'occupe l'armée, pour la nourrir et la payer.