A LOUIS NAPOLÉON
Lille, 23 mai 1810.
An moment où vous me faites les plus belles protestations, j'apprends que les gens de mon ambassadeur ont été maltraités. Mon intention est que ceux qui se sont rendus aussi coupables envers moi me soient livrés, afin que la justice que j'en ferai serve d'exemple. M. Serurier a rendu compte de la manière dont vous vous êtes conduit à l'audience diplomatique. Le résultat est que je ne veux plus d'ambassadeur de Hollande : l'amiral Verhuell, qui est à Paris, a ordre d'en partir dans vingt-quatre heures. Ce ne sont plus des
(1) AFnr 884.
(2) Jbid, — Publiée par M. Rocqoain, Napoléon et le roi Louis,
36 LETTRES IXEDITES DE \APOLEOi\ I". — 1810.
phrases et des protestations qu*il me faut ; il est temps que je sache si vous voulez faire le malheur de la Hollande et, par vos folies, causer la ruine de ce pays. Je ne veux pas que vous envoyiez de ministre en Autriche. Je ne veux pas que vous renvoyiez les Français qui sont a votre service. Je n'aurai plus d'ambassadeur en Hollande. Le secrétaire de légation qui y reste comme chargé d'affaires vous communiquera mes intentions. Je ne veux plus exposer un ambassadeur à de pareilles insultes; je n'aurai plus qu'un chargé d'affaires. Comme c'est l'ambassadeur de Russie dont le maître vous a placé sur le trône, il est tout naturel que vous suiviez ses conseils. Ne m'écrivez plus de vos phrases ordinaires; voilà trois ans que vous me les répétez, et chaque instant en prouve la fausseté.
P. S. (autographe). — C'est la dernière lettre de ma vie que je vous écris.