‹ Lettres inédites de Napoléon Ier (an VIII-1815) (volume 3)Chapitre 68 sur 280 · AU PRINCE LEBRUN · texte numérisé non relu

AU PRINCE LEBRUN

ARCHITRÉSORIER DE l'eMPIRE, LIEUTENANT GÉNÉRAL DE L*BMPERBUR EN HOLLANDE (1).

Paris, 25 septembre 1810.

Vous me parlez des plaintes des habitants d'Amsterdam, de leurs inquiétudes^ de leur mécontentement. Est-ce que les Hollandais me prendraient pour leur grand pensionnaire Barnevelt? Je ne conçois rien à ce langage. Je ferai ce qui est convenable au bien de mon empire, et les clameurs des hommes insensés qui veulent savoir mieux que moi ce qui convient, ne m'inspirent que du mépris. En vérité, on dirait que vous ne me connaissez pas; vous m'auriez bientôt désappris. Je n'ai point pris le gouvernement de la lloUande pour consulter la populace d'Amsterdam et faire ce que veulent les autres. Le peuple français a bien voulu, dans des temps différents, s'en rapporter à moi ; qui le sait mieux que vous? J^espère que les Hollandais voudront bien avoir les mêmes égards. Quand on parle différemment devant vous, vous devez tenir le langage qui convient à mon lieutenant général : u L'Empereur fait ce qui est le plus conforme au bien de son empire, et ce qu'il a conçu, il le veut fortement. » Le bavardage auquel vous ajoutez foi, me fait d'autant plus pitié que je passe ici mon temps au milieu des gens les plus éclairés du pays, et que je ne consulte que leur intérêt. Que ce soit donc la dernière fois que l'on entende parler dans ce sens devant vous.

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