‹ Lettres inédites de Napoléon Ier (an VIII-1815) (volume 3)Chapitre 69 sur 280 · AU PRINCE LEBRUN · texte numérisé non relu

AU PRINCE LEBRUN

ARCHITRESORIER DE l'eMPIRE, LIEUTENANT GÉNÉRAL DE l'eMPEREUR EN HOLLANDE (2).

Fontainebleau, 26 septembre 1810.

J*ai reçu votre lettre du 20. Le ministre secrétaire d'Etat vous envoie le décret que j'ai pris. [Vous (3) verrez que je suis loin

(1) AFiv 885. — Cette lettre a été imprimée dans la Correspondance, sous le n* 16947 ; mais Napoléon en avait biffé toute la fin sur une première expédition ; le texte que nous donnons est celui de la rédaction primitive.

(2) AFiv 885.

(3) Les passages entre crochets ont été biffés sur la minute.

70 LETTRES INEDITES DE XAPOLEOX I". — 1810.

d'approuver votre conduite.] A quoi bon montrer un intérêt spécial pour la famille d'un homme tue dans une émeute dont il faisait partie? Avez-vous bien fait de faire arrêter un de mes douaniers, blessé en faisant son devoir? [Mon décret vous fera connaître ma volonté.] Les habitants d'Amsterdam doivent savoir [que je n'ai point peur d'eux, que j'ai assez de puissance pour dissiper les complots, et] que je suis plus fort que les contrebandiers. Votre devoir est de prêter main-forte à la loi et de ne pas vous laisser imposer par quelques contrebandiers. Une conduite différente gâterait tout. Ce n'est pas en caressant la populace qu'on la mène. Rassemblez les magistrats et le corps municipal, [et déclarez-leur mes intentions]. Qu'eux-mêmes fassent connaître les magasins cachés; il y en a encore beaucoup. Il faut partir de ce principe que je veux les connaître tous, que mes douaniers doivent être soutenus, et que les magistrats d'Amsterdam, pour s'éviter tous les inconvénients qui résulteraient d'une conduite opposée, fassent faire des visites domiciliaires et découvrent les marchandises prohibées. C'est de l'énergie qu'il faut. Jamais un peuple n'a raison, quand il commence par se révolter. On a maltraité mes douaniers; on leur a jeté des pierres ; il serait affreux pour ces hommes et déshonorant pour l'administration qu'elle les abandonnât. Les bourgeois ont tort, quand ils résistent à la force armée. La raison qu'un homme des douanes était décrié est une raison inadmissible. Vous verrez que c'est par honneur et par principe d'honnêteté qu'on a jeté des pierres à mes douaniers ! Si le chef des douanes employait un mauvais sujet, des plaintes pouvaient en être portées ; mais ce n'était pas une raison pour s'insurger. Le tort est donc absolument du côté de la ville. Faites connaître aux magistrats ma manière de voir, et déclarez-leur que, s'ils veulent mériter mes bonnes grâces et que leur ville ne soit pas occupée par 30,000 de mes soldats, il faut que je sois obéi. Je le veux, entendez-vous? et qu'ils le sachent bien .

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