A M. DE CHAMPAGXY, DUC DE CADORE
FonUioebleau, 21 octobre 1810.
Vous trouverez ci-joint une lettre du général Rapp. Voici ma décision ; vous la communiquerez au ministre de Prusse : je demande qu'on laisse entrer dans les ports de Prusse tous ces bâtiments (3), et qu'après on les conGsque ; qu'il en soit fait une évaluation contradictoire entre les agents des deux cours ; que les conGscations soient à mon profit, mais en déduction des contributions que doit la Prusse.
MINISTRE DE LA POLICE GÉNÉRALE (i).
Fontainebleau. 25 octobre 1810.
Je vois dans votre bulletin de police qu'on a fait saisir chez le sieur Farge, cloître Saint-Benoît, n" 2, les planches d'un testament de Louis XVI qu'il imprimait pour le compte d'un sieur Bonneville, marchand d'estampes. Faites arrêter ces deux individus; écrivez au directeur de la librairie de leur faire oter leur pancarte, et que, à
(i) AFiv 886.
(2) Ibid.
(3) Bâtiments chargés de marchandises anglaises.
(4) AFiv 886.
peq>étuité, ils ne puissent ni imprimer des livres ni vendre des gravures. Après cela, faites-les renfermer dans une prison d^Etat jusqu*à la paix générale.
Dans Torganisation de la librairie, on a pourvu à ce qu'une poignée de ces malheureux qui tenteraient de troubler la tranquillité publique fussent exclus de tout droit d'imprimer comme de vendre des livres. Faites-moi remettre Tétat des libraires et imprimeurs dont le mauvais esprit est connu et sur lesquels on ne peut pas compter, afin que je leur ôte leur brevet. Suivez cela avec activité , car il est temps qu'on finisse. Il n'y a pas de plus grand crime que celui que commettent ces individus.
Fontainebleau, 25 octobre 18 10.
Je reçois votre lettre du 25 sur les journaux. J'y trouve une note sur les frères Bertin qui me les fait connaître; mais je ne trouve pas les révélations de Leroux assez positives. Il faudrait me faire un mémoire détaillé sur tout cela.
Secondement, faites-moi une proposition pour le Journal de l'Empire, de manière que la direction de ce journal soit confiée à l'intérêt particulier, qui le ferait marcher mieux que tout autre mobile ; mais il faut que ce soit des particuliers de l'opinion desquels je ne puisse pas douter.
FonUinebleau, 28 octobre 1810.
11 me semble que le colonel C***, étant au service et ayant assassiné son général, doit être traduit devant une commission militaire. Autant que je puis m'en souvenir, c'est un horrible sujet que cet honiine-la.
(1) .^Fiv 886.
(î) Ibid,
LETTRES IXEDITES DE XAPOLÉOX I''. — 1810. 85